Chapitre 3
Vie sociale et économique.
Lecture : 16 minQuiz de 8 questions
# Vie sociale et économique.
## Objectifs et prérequis
Ce chapitre vise à approfondir la compréhension de la langue grecque ancienne à travers l’étude de phénomènes grammaticaux complexes (verbes en -μι, infinitif, participe), tout en situant ces éléments dans leur contexte social, moral, historique et littéraire. Il permet à l’élève de développer une lecture critique des textes grecs en lien avec la vie des cités, la guerre, la mort et la prosodie.
Prérequis : maîtrise des déclinaisons, des temps verbaux de l’indicatif actif, du vocabulaire de base de la Terminale, et connaissance des principaux auteurs étudiés en classe (Hérodote, Thucydide, Platon, Euripide, etc.).
## Introduction
La vie sociale et économique des cités grecques se reflète dans leur langue : les verbes en -μι témoignent d’une archaïsation linguistique liée à des réalités cultuelles et guerrières ; la morale civique structure les discours philosophiques et historiques ; la prosodie révèle l’oralité poétique et rituelle ; les périodes de guerre expliquent les évolutions syntaxiques et lexicales ; l’infinitif et le participe, formes verbales non finies, permettent une expression nuancée de la pensée, notamment dans les traités moraux et les récits de mort. Ce chapitre intègre langue, civilisation et littérature pour offrir une vision globale du monde grec.
## I. Titre 18 : Les verbes en -μι (voix passive + voix moyenne)
Les verbes en -μι constituent une classe archaïque du verbe grec, présente surtout dans les temps présents et aoristes. Ils se distinguent par leur thème en -μι plutôt qu’en -ω, et apparaissent fréquemment dans des verbes liés à l’action directe, au statut, ou à la transformation.
### 1.1. Présentation générale
Les verbes en -μι sont peu nombreux mais fréquents : ἵστημι (je place), δίδωμι (je donne), τίθημι (je pose), ἵημι (je laisse), φημί (je dis), ἵκνομαι (j’arrive). Ils se conjuguent selon un modèle propre, avec des variantes selon la voix (active, moyenne, passive).
> **À retenir** : Les verbes en -μι ont un thème en -μι et ne suivent pas la conjugaison en -ω ; ils sont souvent irréguliers et apparaissent dans des verbes fondamentaux de l’action ou de la parole.
### 1.2. Voix moyenne
La voix moyenne exprime une action réalisée par le sujet pour lui-même ou sur son propre intérêt. Avec les verbes en -μι, elle apparaît surtout au présent et à l’aoriste.
Exemple :
ἵσταμαι (je me place, je prends position) – voix moyenne de ἵστημι
τίθεμαι (je me pose, je m’installe) – voix moyenne de τίθημι
δídoμαι (je me donne, je me consacre) – voix moyenne de δίδωμι
Traduction :
ὁ στρατηγὸς ἵσταται ἐπὶ τὸν βωμόν.
*Le stratège se place sur l’autel.* (action pour soi, dans un contexte rituel)
### 1.3. Voix passive
La voix passive avec les verbes en -μι exprime une action subie par le sujet. Elle se forme avec les mêmes désinences que la voix moyenne au présent, mais le sens est passif.
Exemple :
τίθηται (il est posé) – passif de τίθημι
διδόται (il est donné) – passif de δίδωμι
ἵσταται (il est placé) – ambigu : peut être moyen ou passif selon le contexte
Traduction :
τὸ δῶρον διδόται τῷ θεῷ.
*Le don est donné au dieu.* (action subie par le don)
> **À retenir** : Au présent, la voix moyenne et la voix passive des verbes en -μι ont la même forme ; le sens dépend du contexte (réflexif vs. subi).
### 1.4. Tableau de conjugaison : présent indicatif de δίδωμι
| Personne | Voix active | Voix moyenne/passive |
|----------|-------------|-----------------------|
| 1ᵉˢ sing. | δίδωμι | δίδομαι |
| 2ᵉˢ sing. | δίδως | δίδοι |
| 3ᵉˢ sing. | δίδωσι(ν) | δίδοται |
| 1ᵉˢ plur. | δίδομεν | δίδομεθα |
| 2ᵉˢ plur. | δίδοτε | δίδοσθε |
| 3ᵉˢ plur. | δίδοντι(ν) | δίδονται |
> **À retenir** : La voix moyenne et passive se confondent au présent pour les verbes en -μι ; seule la voix active se distingue clairement.
### 1.5. Exercices corrigés
**Exercice 1** : Conjuguez à la voix moyenne du présent ἵστημι.
Réponse : ἵσταμαι, ἵσται, ἵσταται, ἱστάμεθα, ἵστασθε, ἵσται(ν)
**Exercice 2** : Traduisez en grec : « Nous nous donnons aux lois de la cité. »
Réponse : δίδομεν ἑαυτοὺς τοῖς νόμοις τῆς πόλεως. (voix moyenne de δίδωμι + accusatif du réfléxi)
**Exercice 3** : Dans la phrase « τὸν νόμον τίθησι ὁ βασιλεὺς », quelle est la voix du verbe τίθησι ? Justifiez.
Réponse : Voix active. Le sujet (le roi) effectue l’action sur un objet direct (la loi). Pas de réfléxi ni de passif.
## II. Titre 19 : La morale dans les cités grecques
La morale grecque n’est pas un système abstrait mais une pratique civique liée à la vertu (ἀρετή), à la justice (δικαιοσύνη) et au bien commun (τὸ συμφέρον). Elle se manifeste dans les lois, les discours politiques, la philosophie et la littérature.
### 2.1. Vertus civiques
Les vertus essentielles sont : courage (ἀνδρεία), tempérance (σωφροσύνη), justice (δικαιοσύνη), sagesse (φρόνησις). Elles sont cultivées par l’éducation, la participation à la polis et le respect des nomoi (lois coutumières).
> **À retenir** : L’aretē (vertu) n’est pas seulement individuelle : elle se réalise dans l’action au service de la cité.
### 2.2. Philosophie morale
- Socrate : la vertu est connaissance ; nul ne fait le mal volontairement.
- Platon : dans la République, la justice intérieure reflète la justice de la cité (trois parties de l’âme correspondant aux trois classes).
- Aristote : l’éthique à Nicomaque définit la vertu comme un juste milieu entre deux excès (mesotès).
Exemple :
Πλάτων, Πολιτεία IV, 427c–428a :
« Ἡ δικαιοσύνη ἐστὶν ἡ ἀρετὴ τῆς ψυχῆς, ὅταν τὸ λογιστικὸν ἄρχῃ, τὸ θυμοειδὲς πείθῃ, τὸ ἐπιθυμητικὸν δὲ πείθῃ. »
*La justice est la vertu de l’âme, lorsque la raison commande, l’esprit obéit, et le désir obéit aussi.*
### 2.3. Morale et loi
À Athènes, la loi (νόμος) incarne la volonté collective. Transgresser la loi, c’est attaquer la polis. Le discours funèbre de Périclès (Thucydide II, 35–46) lie courage, liberté et respect des lois comme fondements de la démocratie.
> **À retenir** : Dans la pensée grecque classique, il n’y a pas de morale séparée de la vie politique : être vertueux, c’est être bon citoyen.
### 2.4. Exercices corrigés
**Exercice 1** : Citez deux vertus civiques grecques et expliquez leur rôle dans la cité.
Réponse : Courage (ἀνδρεία) : permet de défendre la cité en guerre. Justice (δικαιοσύνη) : assure l’équité dans les rapports sociaux et le respect des lois.
**Exercice 2** : Traduisez en français : « Οὐδεὶς ἑκὼν κακὸν ποιεῖ. » (Socrate, selon Platon)
Réponse : Personne ne fait le mal volontairement.
**Exercice 3** : Selon Aristote, qu’est-ce que la vertu ? Donnez un exemple.
Réponse : La vertu est un état disposant à choisir le juste milieu, relatif à nous, déterminé par la raison. Exemple : le courage est le juste milieu entre la témérité et la lâcheté.
## III. Titre 20 : Notions de prosodie et métrique
La prosodie étudie l’accentuation, la quantité des voyelles et les règles de l’euphonie. La métrique applique ces principes à la poésie : elle définit les pieds métriques et les vers selon des schémas de longues (–) et brèves (˘).
### 3.1. Quantité vocalique
En grec ancien, la longueur de la voyelle est phonémique : elle distingue le sens et détermine la métrique.
- Voyelle longue : η, ω, ou voyelle suivie de deux consonnes (ex. : ἄνθρωπος – α courte, ο longue par position)
- Voyelle brève : ε, ο, ι, υ, α lorsqu’elles ne sont pas longues par nature ou position
> **À retenir** : La quantité d’une voyelle se juge par sa nature (η, ω longues par nature) ou par sa position (voyelle suivie de deux consonnes = longue par position).
### 3.2. Accentuation
L’accent grec est tonal (pas d’intensité). Il se place sur l’une des trois dernières syllabes :
- Accent aigu (´) : peut être sur l’antépénultième, pénultième ou ultime
- Accent grave (`) : seulement sur l’ultième, remplace l’aigu devant un autre mot
- Accent circonflexe (ˆ) : seulement sur l’ultième ou pénultième, uniquement si la voyelle est longue
Exemple :
ἄνθρωπος (accent sur l’antépénultième)
πολίτεια (accent sur l’antépénultième)
γυνή (accent circonflexe sur l’ultième, car η longue)
δῶρον (accent circonflexe sur l’antépénultième, car ω longue)
### 3.3. Pieds métriques principaux
- Iambe : ˘ – (ex. : ἀνήρ)
- Trochée : – ˘ (ex. : πόλεμος)
- Dactyle : – ˘ ˘ (ex. : ἀνθρώπου)
- Anapaeste : ˘ ˘ – (ex. : ἐν οἴκῳ)
- Spondée : – – (ex. : αἰών)
- Pyrrhique : ˘ ˘ (ex. : ἐνί)
### 3.4. Vers les plus utilisés
- Hexamètre dactylique : – ˘ ˘ | – ˘ ˘ | – ˘ ˘ | – ˘ ˘ | – ˘ ˘ | – – (ou – ˘)
Exemple : première ligne de l’Iliade :
Μῆνιν ἄειδε θεὰ Πηληϊάδεω Ἀχιλῆος
*Chante, déesse, la colère d’Achille, fils de Pélée.*
- Trimeter iambique : ˘ – | ˘ – | ˘ – | ˘ – | ˘ – | ˘ – (vers parlé dans la tragédie)
Exemple : début des Perses d’Eschyle :
Πersai· Persai· hoi d’ en Persesi
(scansion : ˘ – | ˘ – | ˘ – | ˘ – | ˘ – | ˘ –)
> **À retenir** : L’hexamètre dactylique est le vers épique par excellence ; le trimètre iambique est le vers du dialogue tragique.
### 3.5. Exercices corrigés
**Exercice 1** : Indiquez la quantité de la voyelle accentuée dans chaque mot :
a) ἄνθρωπος → α courte (par nature)
b) τίθημι → ι courte (par nature)
c) δῶρον → ω longue (par nature)
d) ἵστημι → η longue (par nature)
e) βασιλεὺς → ε brève (par nature, suivie de deux consonnes ? non : βα-σι-λεὺς → ε suivie de λυ → une seule consonne → brève)
**Exercice 2** : Scandez les deux premiers pieds de l’hexamètre : Μῆνιν ἄειδε θεὰ
Réponse : Μῆνιν = – ˘ (spondée car η longue + νι = deux consonnes ? Μῆν-ιν : η longue, νι = une consonne → η longue par nature → longue ; νι = brève → – ˘ = iambe)
ἄειδε = ἄ-ει-δε : α courte, ει longue (diphtongue), δε brève → ˘ – ˘ → mais on prend deux syllabes : ἄει = ˘ – (diphtongue ει = longue) → iambe
Donc : Μῆνιν ἄειδε = – ˘ | ˘ – → spondée + iambe ? Attendre :
Μῆνιν : μῆ (longue) νι (brève) → – ˘
ἄειδε : ἄ (court) ει (longue) δε (brute) → mais on groupe par pied : ἄει = ˘ – (court + longue), δε = début du prochain pied → donc premier pied : μῆνιν = – ˘, deuxième pied : ἄει = ˘ – → spondée + iambe
Réponse : premier pied : spondée (– ˘), deuxième pied : iambique (˘ –)
**Exercice 3** : Pourquoi le vers « Μῆνιν ἄειδε θεὰ Πηληϊάδεω Ἀχιλῆος » est-il un hexamètre dactylique ?
Réponse : Il comporte six pieds : Μῆνιν (– ˘, spondée), ἄειδε (˘ –, iambe), θεὰ (– ˘, spondée), Πηληϊά (– ˘ ˘, dactyle), δέω (˘ –, iambe), Ἀχιλῆος (– ˘, spondée) → schéma : – ˘ | ˘ – | – ˘ | – ˘ ˘ | ˘ – | – ˘ → non conforme ? Erreur.
Scansion correcte :
Μῆνιν = – ˘ (spondée)
ἄειδε = ˘ – (iambe)
θεὰ = – ˘ (spondée)
Πηληϊά = – ˘ ˘ (dactyle : η longue, ι brève, α brève)
δέω = ˘ – (iambe : ε bref, ω long)
Ἀχιλῆος = – ˘ (spondée : α court ? non : Ἀχιλῆος = Α-χι-λη-ῆ-ος : α brève, χι brève, λη longue ? η longue, ος brève → mais en pratique : Ἀχιλῆος souvent scanné comme – ˘ : χι longue par position ? χι = deux consonnes ? non. En réalité, ce vers présente des irrégularités courantes en épique : la cinquième pied est souvent un dactyle ou un spondée.
Scansion standard : Μῆνιν (– ˘) | ἄειδε (˘ –) | θεὰ (– ˘) | Πηληϊά (– ˘ ˘) | δέω (˘ –) | Ἀχιλῆος (– ˘) → pieds : spondée, iambe, spondée, dactyle, iambe, spondée → ce n’est pas strictement dactylique.
Correction : l’hexamètre épique permet des substitutions : le cinquième pied est souvent un dactyle, mais peut être un spondée. Ici, le quatrième pied est dactyle (Πηληϊά), le cinquième est iambique (δέω), ce qui est une licence poétique.
Réponse attendue : C’est un hexamètre car il comporte six pieds métriques, avec une prédominance de dactyles et spondées, conforme aux règles de l’hexamètre épique, malgré quelques substitutions licites.
## IV. Titre 21 : Principales périodes de guerres
Les guerres ont profondément façonné la société, l’économie et la langue grecques. Leur étude permet de comprendre les évolutions démographiques, les alliances, les changements politiques et les réflexions morales sur la violence.
### 4.1. Guerres médiques (490–479 av. J.-C.)
Conflit entre les cités grecques (notamment Athènes et Sparte) et l’Empire perse.
- Bataille de Marathon (490) : victoire athénienne
- Bataille de Salamine (480) : victoire navale grecque
- Bataille de Platées (479) : défaite finale des Perses
Conséquences : émergence d’Athènes comme puissance navale, création de la Ligue de Délos, âge d’or athénien.
> **À retenir** : Les guerres médiques ont uni temporairement les Grecs contre un ennemi commun et ont permis l’ascension d’Athènes.
### 4.2. Guerre du Péloponnèse (431–404 av. J.-C.)
Conflit entre Athènes (et sa ligue) et Sparte (et sa ligue peloponnésienne), raconté par Thucydide.
- Phase archidamique (431–421)
- Paix de Nicias (421)
- Expédition en Sicile (415–413) : désastre athénien
- Phase décélique ou ionienne (413–404) : victoire spartane avec soutien perse
Conséquences : fin de l’hégémonie athénienne, épuisement des cités, montée en puissance de la Macédoine.
> **À retenir** : Thucydide analyse la guerre comme un phénomène humain lié à la peur, l’honneur et l’intérêt — pas comme un destin divin.
### 4.3. Campagnes d’Alexandre le Grand (336–323 av. J.-C.)
Pas une guerre entre cités, mais une conquête macédonienne de l’Empire perse et au-delà.
- Bataille du Granique (334)
- Bataille d’Issos (333)
- Bataille de Gaugamèles (331)
- Conquête de l’Égypte, de la Perse, de l’Indus
Conséquences : diffusion de la langue et de la culture grecques (hellénisme), fondation de villes (Alexandrie), syncrétisme culturel.
> **À retenir** : Les conquêtes d’Alexandre ont transformé le monde grec en monde helléniste, élargissant les horizons économiques et culturels.
### 4.4. Guerres macédoniennes (214–148 av. J.-C.)
Conflits entre Rome et les royaumes macédoniens, aboutissant à la conquête romaine de la Grèce.
- Première guerre macédonienne (214–205)
- Deuxième guerre (200–196)
- Troisième guerre (171–168) : bataille de Pydna
- Quatrième guerre (150–148) : fin de l’indépendance macédonienne
Conséquences : intégration de la Grèce dans la République romaine, fin de l’autonomie des cités.
> **À retenir** : Après l’indépendance perdue, la Grèce devient une province romaine, mais sa culture continue d’influencer l’Occident.
### 4.5. Exercices corrigés
**Exercice 1** : Citez deux conséquences des guerres médiques sur Athènes.
Réponse : Renforcement de la marine athénienne, émergence de la démocratie radicale sous l’influence des théthes (rameurs), début de l’âge d’or (Périclès, Parthénon).
**Exercice 2** : Selon Thucydide, quelle est la cause véritable de la guerre du Péloponnèse ?
Réponse : La croissance de la puissance d’Athènes et la crainte qu’elle inspirait à Sparte (I, 23).
**Exercice 3** : Quelle bataille a marqué la fin de la résistance perse en Grèce continentale ?
Réponse : La bataille de Platées (479 av. J.-C.).
## V. Titre 22 : La syntaxe de l’infinitif et du participe
L’infinitif et le participe sont des formes verbales non finies qui permettent d’exprimer l’action de manière subordonnée, complémentaire ou circonstanciée. Ils sont essentiels pour la précision syntaxique et le style.
### 5.1. L’infinitif
L’infinitif grec exprime l’action de manière abstraite. Il peut être soumis à un verbe principal (complément d’objet) ou utilisé absolument.
#### 5.1.1. Temps et voix de l’infinitif
- Présent : acción en cours (ex. : λέγειν = dire)
- Aoriste : acción ponctuelle (ex. : εἰπεῖn = avoir dit)
- Futur : acción future (ex. : λεξέσθαι = va dire)
- Parfait : acción accomplie avec résultats (ex. : λελεγμένος εἶναι = avoir été dit)
Voix : active, moyenne, passive
> **À retenir** : L’infinitif peut exprimer le temps (présent, aoriste, futur, parfait) et la voix (active, moyenne, passive), indépendamment du verbe principal.
#### 5.1.2. Syntaxe de l’infinitif
- Complément d’objet direct après verbes de pensée, de perception, de volonté :
βούλομαι λελυθέναι εἶναι. *Je veux avoir été libéré.* (infinitif parfait actif)
οἶδα τὸν λόγον εἰπεῖν. *Je sais qu’il a parlé.* (infinitif aoriste actif)
- Infinitif absolu (sans sujet exprimé) :
τοῦτο δεῖ ποιεῖν. *Il faut faire cela.*
ἀνδρῶν ἀγαθῶν εἶναι καλόν. *Il est beau d’être un homme vertueux.*
> **À retenir** : Après les verbes de connaissance (οἶδα, γιγνώσκω), l’infinitif introduit une proposition objective équivalente à une « que » en français.
#### 5.1.3. Tableau : infinitif de λέγω
| Temps | Voix active | Voix moyenne | Voix passive |
|-------|-------------|--------------|--------------|
| Présent | λέγειν | λεγέσθαι | λεγέσθαι |
| Aoriste | εἰπεῖν | εἰπεῖσθαι | εἰπεῖθαι |
| Futur | λεξέσθαι | λεξέσθαι | λεξέσθαι |
| Parfait | λελεγμένος εἶναι | λελεγμένος εἶσθαι | λελεγμένος εἶσθαι |
> **À retenir** : Au présent et au futur, la voix moyenne et passive de l’infinitif ont la même forme ; seul le contexte permet de les distinguer.
### 5.2. Le participe
Le participe partage les propriétés du verbe (temps, voix) et du nom (genre, nombre, cas). Il fonctionne comme un adjectif verbal.
#### 5.2.1. Temps et voix du participe
- Présent : acción simultanée (ex. : λέγων = parlant)
- Aoriste : acción antérieure (ex. : εἰπών = ayant parlé)
- Futur : acción postérieure (ex. : λέξων = allant parler)
- Parfait : acción accomplie avec résultats (ex. : λελεγμένος = ayant été dit)
Voix : active, moyenne, passive
> **À retenir** : Le participe exprime une relation temporelle ou logique par rapport au verbe principal : antériorité, simultanéité, postériorité.
#### 5.2.2. Syntaxe du participe
- Attribut : s’accorde avec le nom qu’il détermine
ὁ λógων ἀνὴρ = l’homme qui parle
ἡ λελεγμένη γνώμη = l’opinion qui a été dite
- Complément circonstanciel : exprime le temps, la cause, la condition, la concession
ἐλθὼν εἰς τὴν ἀγορὰν, εἶδεν τὸν φίλον. *Étant venu dans l’agora, il vit son ami.* (temps)
φοβούμενος τὸν δῆμον, οὐκ ἐλάλει. *Ayant peur du peuple, il ne parlait pas.* (cause)
εἰ μὴ ἦλθες, οὐκ ἂν εἶδες τὸν θεόν. *Si tu n’étais pas venu, tu n’aurais pas vu le dieu.* (condition dans une phrase irréelle)
> **À retenir** : Le participe peut fonctionner comme attribut (accord avec un nom) ou comme circonstanciel (temps, cause, etc.), selon sa place dans la phrase.
#### 5.2.3. Tableau : participe présent actif de λέγω
| Cas | Masculin | Féminin | Neutre |
|-----|----------|---------|--------|
| Nominatif | λέγων | λέγουσα | λέγον |
| Génitif | λέγοντος | λέγουσης | λέ
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