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Chapitre 13

Média et télécommunication dans la langue cible (partie 1/2)

Lecture : 16 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Identifier et expliquer les phénomènes de topicalisation, de focalisation et de réaction dans un énoncé. - Distinguer les marques prosodiques, morphologiques et syntaxiques qui signalent ces phénomènes. - Analyser la cohésion d’un texte au niveau du syntagme nominal, de la proposition et de la phrase, ainsi que la cohésion lexicale. - Mettre en œuvre ces notions pour commenter un document médiatique (extraits de presse, émissions radiophoniques ou télévisées) rédigé dans une langue nationale camerounaise. - Produire une réponse structurée (dissertation, commentaire ou question de cours) aux sujets type du baccalauréat. **Prérequis :** - Maîtrise des notions de phrase simple et complexe (sujet, verbe, complément). - Connaissance des catégories grammaticales (nom, verbe, adjectif, particule). - Notions de base de l’analyse du discours (acte de parole, contexte d’énonciation). --- ## Introduction contextualisée Dans le cadre de l’enseignement des **langues nationales** au lycée, l’étude du **média et de la télécommunication** permet de mettre en relation les structures linguistiques avec les pratiques de communication contemporaines. Au Cameroun, les médias publics et privés (CRTV, Canal 2 International, radios communautaires) produisent quotidiennement des contenus en langues telles que l’ewondo, le boulou, le bassa, le fang ou le Bamileke. Ces émissions utilisent des procédés de **topicalisation** et de **focalisation** pour guider l’attention du public, tandis que la **cohésion** assure la continuité de l’information entre les énoncés. La téléphonie mobile (MTN, Orange, Nexttel) et l’Internet ont également favorisé l’émergence de nouveaux genres (SMS, messages WhatsApp, publications Facebook) où ces mêmes mécanismes sont présents, parfois sous forme réduite. Comprendre ces phénomènes est donc essentiel pour analyser avec rigueur les discours médiatiques et produire des écrits conformes aux attentes de l’examen du baccalauréat. --- ## I. Leçon 16 – La prééminence : topicalisation, focalisation, réaction ### A. Contexte et définitions > **Topicalisation** : procédé qui place un constituant en tête de phrase pour le marquer comme **thème** (déjà connu ou présupposé) du discours. > **Focalisation** : procédé qui met en évidence un constituant comme **information nouvelle** ou **point d’intérêt** du message. > **Réaction** : unité discursive de réponse ou de feedback (ex. : particules d’acquiescement, de surprise, de demande de clarification) qui témoigne de l’interlocuteur face à l’énoncé précédent. Ces trois opérations relèvent de la **prééminence** : elles hiérarchisent l’information dans l’énoncé en fonction du rôle communicatif qu’elle joue. ### B. Marques de la prééminence | Type de marque | Exemples (français) | Fonction dans l’énoncé | |----------------|---------------------|------------------------| | **Prosodiques** | accent de hauteur, pause, allongement vocalique | signalent la frontière du thème ou du focus ; la chute de hauteur marque souvent le topic, la montée le focus | | **Morphologiques** | particules (*topique* : *na* en ewondo, *focus* : *ni* en boulou), affixes de thème, clitiques | marquent morphologiquement le constituant comme thème ou focus | | **Syntactiques** | fronting (placement en tête), constructions cleft (*c’est … qui*), inversion, duplication | réorganisent l’ordre des constituants pour mettre en relief le thème ou le focus | > **Règle fondamentale** : dans la plupart des langues bantoues camerounaises, le thème apparaît en position initiale sans marque morphologique explicite, tandis que le focus est souvent signalé par une particule postnominale ou par une structure cleft. ### C. Exemples concrets (langues nationales) 1. **Topicalisation en ewondo** - Phrase de base : *Mè ngòndí á bɛ́l* (« L’enfant mange »). - Topicalisation : *Mè ngòndí, á bɛ́l* (« L’enfant, il mange »). - La pause après *Mè ngòndí* et l’intonation descendante marquent le thème. 2. **Focalisation en boulou** - Phrase de base : *Á wú m̀bɛ́l* (« Il mange du riz »). - Focalisation : *Á wú m̀bɛ́l **ni*** (« C’est du riz qu’il mange »). - La particule *ni* placée après le nom indique le focus. 3. **Réaction en fang** - Énoncé A : *Mvett ó ní* (« Il est venu »). - Réponse B : *Éh, ó ní* (« Eh, il est venu »). - La particule *éh* fonctionne comme marque de réaction (acquiescement ou surprise). ### D. Tableau récapitulatif – Leçon 16 | Phénomène | Définition | Marques prosodiques | Marques morphologiques | Marques syntaxiques | Fonction discursive | |-----------|------------|---------------------|------------------------|---------------------|---------------------| | Topicalisation | Marque le thème (déjà connu) | Intonation descendante, pause initiale | Particule thème (*na* en ewondo) | Fronting du NP en tête | Ancre l’énoncé dans le contexte connu | | Focalisation | Met en évidence l’information nouvelle | Montée de hauteur, accent fort | Particule focus (*ni* en boulou) | Cleft (*c’est … qui*), inversion | Oriente l’attention vers le nouvel élément | | Réaction | Réponse ou feedback de l’interlocuteur | Brune courte, intonation interrogative ou exclamative | Particules de réaction (*éh*, *hm*) | Répliques courtes, parfois elliptiques | Régule l’interaction, montre l’attitude du locuteur | --- ## II. Leçon 17 – La cohésion : cohésion dans le syntagme nominal, dans la proposition, dans la phrase ; cohésion au niveau lexical ### A. Notion de cohésion > **Cohésion** : ensemble de liens linguistiques qui assurent la continuité et la cohérence d’un texte en reliant les énoncés entre eux. Elle se manifeste par des dispositifs grammaticaux et lexicaux. La cohésion s’opère à plusieurs niveaux : 1. **Dans le syntagme nominal** (accord, déterminants, pronoms de référence). 2. **Dans la proposition** (pronoms, adverbes de liaison, conjonctions de coordination/subordination). 3. **Dans la phrase** (structures de reprise, ellipses, substitutions). 4. **Au niveau lexical** (répétition, synonymes, hyponymie, collocation). ### B. Cohésion dans le syntagme nominal - **Référence pronominale** : *le garçon* → *il* (ewondo : *mè ngòndí* → *á*). - **Déterminants démonstratifs** : *ce livre* → *cet* (ewondo : *lí buk* → *lí*). - **Accord nombre/genre** : *les enfants* (pluriel) → *bé* (ewondo : *mè ngòndí bé*). > **À retenir** : dans les langues nominales camerounaises, la marque de pluriel se situe souvent en suffixe (*‑bé*, *‑ɨ̀*) et assure la cohésion interne du groupe nominal. ### C. Cohésion dans la proposition | Dispositif | Exemple (français) | Exemple (ewondo) | Fonction | |------------|--------------------|------------------|----------| | Pronom personnel | *Marie a vu Jean. Elle l’a salué.* | *Máárí á wún Jéan. Á lá wún.* | Référence anaphorique | | Adverbe de liaison | *Cependant, il est parti.* | *Nzí, á lá.* | Opposition / continuation | | Conjonction de subordination | *Comme il pleuvait, nous sommes restés.* | *Nzí á nyám, tú wún.* | Causalité / temps | ### D. Cohésion dans la phrase - **Ellipse** : *Il a fini son travail et *(il)* est parti.* → omission du sujet répété. - **Substitution** : *Il a acheté une voiture. Celle‑ci est rouge.* → *Celle‑ci* substitue *une voiture*. - **Réplique** : *Tu viens ?* → *Oui.* (réponse brève qui préserve la cohérence). ### E. Cohésion lexicale | Type | Définition | Exemple (ewondo) | |------|------------|------------------| | **Répétition exacte** | Même mot réutilisé | *buk* (livre) … *buk* | | **Synonymie** | Mots de sens proche | *buk* ↔ *ŋgà* (document) | | **Hyponymie** | Relation spécifique/générique | *ŋgà* (document) → *buk* (livre) | | **Collocation** | Association fréquente de mots | *ŋgà m̀bɛ́l* (document important) | | **Métonymie** | Substitution par un élément lié | *ŋgà* pour désigner l’information contenue | > **À retenir** : la cohésion lexicale renforce la cohérence thématique d’un texte médiatique en permettant de varier le vocabulaire tout en maintenant le même champ sémantique. ### F. Tableau récapitulatif – Leçon 17 | Niveau | Dispositif principal | Exemple (ewondo) | Fonction cohésive | |--------|----------------------|------------------|-------------------| | Syntagme nominal | Accord déterminant‑nom | *lí buk* (ce livre) | Spécifie le référent | | Proposition | Pronom anaphorique | *á* (il/elle) | Rappel d’un antécédent | | Phrase | Ellipse du sujet | *Á wún, á lá* (Il a vu, il est parti) | Évite la redondance | | Lexicale | Synonymie | *buk* ↔ *ŋgà* | Maintient le champ sémantique | | Lexicale | Collocation | *ŋgà m̀bɛ́l* | Renforce la prévisibilité du sens | --- ## III. Étude de document / de cas **Document** : Extrait d’un journal télévisé de la CRTV en langue ewondo, diffusé le 12 mars 2023, annonçant le lancement de la 4G par MTN Cameroon dans la région du Centre. > *« Mè ngòndí á bá, MTN á bá 4G ékáng. Nzí, á wún ékáng ébé, á lá m̀bɛ́l. Éh, ó ní m̀bɛ́l ébé. »* **Traduction littérale** : « L’enfant a dit, MTN a lancé la 4G aujourd’hui. Cependant, il a vu cela, il est allé manger. Eh, il a eu du manger. » ### Analyse pas à pas | Étape | Observation | Explication liée au cours | |------|-------------|---------------------------| | 1. **Topicalisation** | *Mè ngòndí á bá* (« L’enfant a dit ») placé en tête, suivi d’une virgule. | Le thème *Mè ngòndí* (l’enfant) est connu du contexte (reportage sur les réactions des jeunes). La marque prosodique (pause) et la position initiale signalent la topicalisation. | | 2. **Focalisation** | *MTN á bá 4G ékáng* (« MTN a lancé la 4G aujourd’hui »). | L’information nouvelle est le lancement de la 4G par MTN. L’accent de hauteur sur *4G* et l’absence de marque thème indiquent une focalisation. | | 3. **Marque prosodique de réaction** | *Éh, ó ní m̀bɛ́l ébé* (« Eh, il a eu du manger »). | La particule *éh* suivie d’une brève pause fonctionne comme marque de réaction (surprise ou acquiescement) face à l’énoncé précédent sur l’alimentation. | | 4. **Cohésion référentielle** | Le pronom *á* dans *á wún* et *á lá* renvoie à *MTN* (sujet conservé). | Cohésion dans la proposition : le pronom évite la répétition du nom propre tout en maintenant la référence. | | 5. **Cohésion lexicale** | Répétition de *ékáng* (« aujourd’hui ») et collocation *m̀bɛ́l ébé* (« manger du manger »). | La répétition ancre l’énoncé dans le temps présent ; la collocation renforce la notion de repas. | | 6. **Structure de réaction** | La phrase finale *Éh, ó ní m̀bɛ́l ébé* constitue une réaction brève qui clôt l’échange. | Illustration de la fonction interactionnelle de la réaction dans le discours médiatique (feedback du journaliste ou du témoin). | **Conclusion de l’étude** : Le reportage montre comment les marques de prééminence (topicalisation, focalisation, réaction) organisent l’information pour guider l’attention du téléspectateur, tandis que les dispositifs de cohésion (référence pronominale, répétition lexicale, collocation) assurent la fluidité du récit. Cette double couche est caractéristique des productions médiatiques en langues nationales camerounaises. --- ## IV. Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Consigne** : *Discutez de l’importance de la topicalisation et de la focalisation dans la compréhension des discours médiatiques en langues nationales camerounaises.* **Plan détaillé** 1. **Introduction** - Définir la topicalisation et la focalisation. - Présenter le rôle des médias (CRTV, radios communautaires) dans la diffusion de l’information en langues nationales. - Annonce du plan : montrer comment ces phénomènes facilitent l’accès au thème et au nouveau, puis leurs limites. 2. **I. La topicalisation comme ancrage du connu** - Mécanismes (prosodie, morphologie, syntaxe). - Exemple : reportage sur une fête traditionnelle où le thème « les ancêtres » est topicalisé. - Effet : permet au public de situer l’énoncé dans son cadre culturel. 3. **II. La focalisation comme mise en évidence du neuf** - Mécanismes (particules focus, cleft, intonation montante). - Exemple : annonce d’une nouvelle ligne de téléphonie mobile où le produit est focalisé. - Effet : oriente l’attention vers l’information essentielle à retenir. 4. **III. Interaction entre topicalisation et focalisation** - Séquence thème‑focus dans un même énoncé (ex. : *Les jeunes, ils ont adopté la 4G*). - Analyse d’un extrait réel montrant cette alternance. - Discussion de la complémentarité pour la cohérence du discours. 5. **IV. Limites et précautions** - Risque d’ambiguïté si les marques sont mal perçues (ex. : confusion entre thème et focus). - Nécessité de prendre en compte le contexte sociolinguistique (niveau de maîtrise de la langue, exposition aux médias). 6. **Conclusion** - Synthèse : topicalisation et focalisation sont des outils essentiels de la prééminence qui structurent l’information médiatique. - Ouverture : persistance de ces mécanismes dans les nouveaux médias numériques (WhatsApp, TikTok) en langues nationales. --- ### Sujet 2 – Commentaire de texte **Consigne** : *Commentez l’extrait suivant tiré d’une émission de Radio Léké (Bamileke) du 5 novembre 2022, portant sur la campagne de vaccination contre le COVID‑19.* > *« Á m̀bɛ́l á wún, á lá vaksin. Nzí, á wún ékáng ébé, á lá m̀bɛ́l. Éh, ó ní vaksin ébé. »* **Plan de commentaire** 1. **Situation du texte** - Identifier le genre (témoignage radiophonique), la langue (Bamileke), le contexte (campagne de vaccination). - Préciser la fonction informative et persuasive. 2. **Analyse de la prééminence** - Topicalisation du groupe nominal *Á m̀bɛ́l* (« celui qui a mangé ») → thème du locuteur (état de santé préalable). - Focalisation sur *vaksin* (« vaccin ») par la particules de focus implicite (intonation montante). - Réaction marquée par *éh* → expression de surprise ou de soulignement. 3. **Analyse de la cohésion** - Référence pronominale *á* qui renvoie à *Á m̀bɛ́l* tout au long de l’énoncé. - Répétition lexicale de *ékáng* (« aujourd’hui ») et de *m̀bɛ́l* (« manger ») créant une chaîne cohésive. - Collocation *vaksin ébé* (« vaccin de ce type ») renforçant la spécificité de l’objet. 4. **Interprétation des effets** - Comment la structure thème‑focus oriente l’auditeur vers le bénéfice du vaccin après avoir établi un état de santé préalable. - Le rôle de la réaction dans l’engagement émotionnel de l’audience. 5. **Évaluation de l’efficacité médiatique** - Pertinence des choix linguistiques pour un public rural bambiléké. - Suggestion d’amélioration (ex. : utilisation d’une métaphore agricole pour renforcer la confiance). 6. **Conclusion** - Synthèse : le texte montre une maîtrise de la prééminence et de la cohésion pour rendre le message vaccinal clair et convaincant. --- ### Sujet 3 – Question de cours **Consigne** : *Définissez la notion de cohésion lexicale et donnez deux exemples illustratifs tirés d’une langue nationale camerounaise.* **Réponse attendue** - Définition : la cohésion lexicale désigne les liens de sens qui unissent les unités lexicales d’un texte (répétition, synonymie, hyponymie, collocation, métonymie). - Exemple 1 (ewondo) : répétition du mot *buk* (« livre ») dans un compte‑rendu scolaire : *Á wún buk. Á lá buk ébé.* (« Il a lu un livre. Il a apporté le livre. ») - Exemple 2 (boulou) : collocation *ŋgà m̀bɛ́l* (« document important ») utilisée dans un bulletin d’information : *Á bá ŋgà m̀bɛ́l ékáng.* (« Il a publié un document important aujourd’hui. ») --- ## V. Erreurs fréquentes | Erreur fréquente | Pourquoi elle se produit | Comment l’éviter | |------------------|--------------------------|------------------| | Confondre **topicalisation** et **focalisation** (ex. : prendre une phrase en thème pour du focus) | Les deux phénomènes modifient l’ordre des mots ; les apprenants se focalisent sur la position initiale sans distinguer la fonction sémantique. | Vérifier la fonction du constituant : thème = information déjà connue ou présupposée ; focus = information nouvelle ou contrastée. Utiliser les tests de substitution par « en ce qui concerne… » (thème) ou « c’est … qui » (focus). | | Attribuer une **marque prosodique** à une fonction morphologique (ex. : considérer une pause comme une particule de thème) | Les marqueurs prosodiques sont moins visibles à l’écrit ; les élèves les confondent avec des particules orthographiées. | Écouter l’enregistrement ou lire à voix haute pour percevoir l’intonation, la pause, l’allongement ; distinguer les particules écrites (ex. : *na*, *ni*) des seules variations de voix. | | Réduire la **cohésion** à la seule **cohésion lexicale** (omettre les liens grammaticaux) | La cohésion lexicale est plus concrète (répétition, synonyme) ; les liens grammaticaux semblent abstraits. | Rappeler que la cohésion comporte quatre types : référence, substitution, ellipsis, conjonction. Identifier chaque type dans un texte avant d’aborder le lexique. | | Prendre une **ellipse** pour une **omission erreur** (ex. : supprimer un verbe jugé inutile) | L’ellipse est une stratégie cohésive délibérée ; les apprenants la voient comme une faute. | Vérifier si l’élément omis est récupérable grâce à un antécédent proche ; si oui, c’est une ellipsis cohésive. | | Interpréter une **particule de réaction** comme un **marque de focus** (ex. : *éh* pris pour accentuer une information nouvelle) | Les particules de réaction sont brèves et peuvent sembler emphatiques. | Analyser le contexte interactionnel : la réaction répond à un énoncé précédent, elle ne introduit pas d’information nouvelle dans la proposition même. | | Utiliser un **synonyme** qui ne appartient pas au même champ sémantique (ex. : *buk* ↔ *ŋgà* dans un contexte où seul *ŋgà* signifie « document ») | Méconnaissance des nuances sémantiques entre les termes. | Consulter un glossaire ou un locuteur natif ; vérifier que le synonyme partage bien le même référent dans le contexte donné. | --- ## Glossaire > **Topicalisation** : procédé qui place un constituant en tête de phrase pour le marquer comme thème (information connue ou présupposée). > **Focalisation** : procédé qui met en évidence un constituant comme information nouvelle ou point d’intérêt du message. > **Réaction** : unité discursive de réponse ou de feedback (particule, interjection, réplique courte) témoignant de l’attitude de l’interlocuteur face à l’énoncé précédent. > **Marque prosodique** : caractéristique de l’intonation, de la hauteur, de la pause ou de la durée qui signale une fonction syntaxique ou discursive. > **Marque morphologique** : particule, affixe ou clitique qui apparaît sur un mot pour indiquer sa fonction thématique ou focale. > **Marque syntaxique** : réorganisation de l’ordre des mots (fronting, cleft, inversion, duplication) qui signale la prééminence. > **Cohésion** : ensemble de liens linguistiques (grammaticaux et lexicaux) qui assurent la continuité d’un texte. > **Référence** : lien pronominal ou nominal qui renvoie à un antécédent présent dans le texte ou le contexte. > **Substitution** : remplacement d’une unité linguistique par un autre élément (ex. : *one*, *do*) qui préserve le sens. > **Ellipse** : omission d’un élément récupérable grâce au contexte, permettant d’éviter la redondance. > **Conjonction** : mot de liaison (coordinant ou subordinant) qui unit deux propositions ou deux phrases. > **Cohésion lexicale** : liens de sens entre les mots d’un texte (répétition, synonymie, hyponymie, collocation, métonymie). > **Synonymie** : relation entre deux mots ayant un sens très proche ou identique dans un contexte donné. > **Hyponymie** : relation spécifique/générique où le premier terme désigne une sous‑classe du second (ex. : *livre* est un hyponyme de *document*). > **Collocation** : association habituelle de deux ou plusieurs mots qui apparaissent fréquemment ensemble (ex. : *document important*). > **Métonymie** : figure de style où un terme désigne un autre avec lequel il entretient une relation de contiguïté (ex. : *la couronne* pour désigner la monarchie). --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de la topicalisation (ou prééminence) dans le cadre des langues nationales camerounaises ?
  2. 2. Parmi les marques de la prééminence, laquelle n'est pas considérée comme une marque morphologique ?
  3. 3. Qu'entend-on par cohésion lexicale dans un texte ?
  4. 4. Dans la phrase en langue boulou : « M̀bɔ̂ŋ ɲúm ɲí » (l'homme a vu le chien), la syllabe portant un ton haut sur le verbe indique la focalisation sur :
  5. 5. Dans la phrase « Na mɛ́n, ŋgɔl ŋkáá » (Concernant moi, il a mangé), quelle constituante est topicalisée par la particule « na » ?
  6. 6. Dans le texte suivant : « Le fleuve Charlo coule paisiblement. Cette rivière apporte vie aux villages riverains. » quel type de cohésion lexicale relie les deux phrases ?
  7. 7. Quel dispositif de cohésion lie les deux phrases suivantes : « Les enfants jouent au football. Ils remportent souvent le match. » ?
  8. 8. Dans le paragraphe suivant : « Le radio diffuse les nouvelles chaque matin. Ces informations sont suivies par des débats. Les débats permettent aux citoyens de s'exprimer. Leurs opinions influencent les décisions locales. » combien de liens de cohésion peut-on identifier ?
  9. 9. Dans la phrase en langue boulou : « Na mɛ́n, ŋgɔl ŋkáá, ɲí ŋzí » (Concernant moi, il a mangé, le chien a aboyé), quelle constituante bénéficie de la topicalisation la plus forte grâce à la combinaison de la particule « na » et de l'intonation ?
  10. 10. Dans l'extrait de reportage suivant : « Le président a annoncé aujourd'hui de nouvelles mesures. Ces mesures visent à réduire le chômage. Le chômage, fléau national, nécessite une action urgente. » quelle affirmation décrit le mieux la combinaison de cohésion et de prééminence observée ?