Chapitre 12
SF 752 : Le multiculturalisme et le vivre ensemble
Lecture : 18 minQuiz de 12 questions
# SF 752 : Le multiculturalisme et le vivre ensemble
## Objectifs et prérequis
Comprendre les concepts de pluriethnicité, multiculturalisme et approche genre, ainsi que leurs implications dans la société camerounaise.
Saisir les distinctions et complémentarités entre bénévolat et volontariat, et leur rôle dans la cohésion sociale.
Analyser les enjeux de l’œcuménisme religieux et de l’intégration nationale dans un contexte de diversité.
Évaluer la relation entre conscience nationale et ouverture à la mondialité, en lien avec les défis contemporains.
Prérequis : notions de base en éducation civique, histoire du Cameroun, géographie culturelle et droits de l’homme.
## Introduction
Le Cameroun, souvent qualifié d’« Afrique en miniature », présente une diversité ethnique, linguistique, religieuse et culturelle exceptionnelle. Cette richesse constitue à la fois un atout pour le développement national et un défi pour la construction du vivre ensemble. Le chapitre « SF 752 : Le multiculturalisme et le vivre ensemble » vise à outiller les élèves de Terminale afin qu’ils comprennent les mécanismes d’acceptation de la différence, les pratiques citoyennes de solidarité, et les voies d’intégration harmonieuse dans un monde globalisé. Il s’agit de développer une pensée critique sur l’identité, la solidarité et la citoyenneté, en ancrant les réflexions dans des réalités camerounaises et africaines concrètes.
## I. La pluriethnicité, le multiculturalisme et l’approche genre
### Contexte
Le Cameroun compte plus de 250 groupes ethniques, répartis principalement en quatre grandes aires culturelles : Soudano-sahélienne (Nord), Bantu (Sud et Est), Bamiléké (Ouest) et côtière (Littoral et Sud-Ouest). Cette pluriethnicité est un héritage historique, lié aux migrations anciennes, aux royaumes précoloniaux (comme le royaume du Bamoun ou des Kotoko), et aux frontières coloniales établies lors des traités de Berlin (1884-1885) et des mandats postérieurs. Le multiculturalisme, quant à lui, désigne la reconnaissance officielle et la valorisation de cette diversité culturelle dans l’espace public. L’approche genre examine comment les rôles, responsabilités et opportunités sont différenciés selon le sexe, et comment ces différenciations interagissent avec l’appartenance ethnique ou religieuse.
### Définitions
> La pluriethnicité désigne la coexistence de plusieurs groupes ethniques distincts au sein d’un même État, chacun possédant sa langue, ses coutumes, ses institutions traditionnelles et sa vision du monde.
> Le multiculturalisme est une politique ou une idéologie qui reconnaît, respecte et promeut la diversité culturelle comme une richesse nationale, en garantissant l’égalité des droits et la participation de tous les groupes à la vie publique.
> L’approche genre analyse les différences sociales construites entre les sexes, en mettant en lumière les inégalités d’accès aux ressources, au pouvoir et à la représentation, indépendamment des différences biologiques.
### Faits, dates et noms exacts
- Le Cameroun compte 276 groupes ethniques selon l’Institut national de la statistique (INS, 2005).
- Les deux langues officielles sont le français et l’anglais, héritées du mandat franco-britannique après la Première Guerre mondiale (Traité de Versailles, 1919).
- Le GICAM (Groupement Interpatronal du Cameroun) a lancé en 2018 une initiative pour promouvoir la diversité en entreprise, incluant des formations sur le genre et l’ethnicité.
- La loi n° 2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de l’éducation nationale reconnaît officiellement les langues nationales comme supports d’enseignement dans les zones où elles sont majoritaires.
- En 2020, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille a rapporté que seulement 24 % des postes de décision dans l’administration publique étaient occupés par des femmes.
### Causes et conséquences
**Causes de la pluriethnicité** : migrations historiques (Bantous, Soudanais), frontières coloniales arbitraires, diversité écologique favorisant des modes de vie variés (élevage, agriculture, pêche).
**Conséquences positives** : enrichissement culturel (musique comme le makossa, le bikutsi, l’afro-jazz), complémentarité économique (échanges Nord-Sud), résilience sociale.
**Conséquences négatives** : risques de tensions ethniques (ex. conflits fonciers dans l’Ouest entre autochtones et allogènes), discrimination, marginalisation de certains groupes.
**Causes des inégalités de genre** : patriarcat institutionnalisé, coutumes limitant l’héritage féminin, accès restreint à l’éducation des filles dans certaines régions (Extrême-Nord, Est).
**Conséquences** : sous-représentation féminine en politique (seulement 14 % de députées à l’Assemblée nationale en 2020), vulnérabilité accrue des femmes face à la pauvreté et aux violences basées sur le genre.
### Exemples concrets
- Au Cameroun, le Festival National des Arts et de la Culture (FENAC) met en scène les danses, masques et rituels de différents groupes ethniques (Bakweri, Beti, Mafa), illustrant le multiculturalisme vivant.
- En Afrique du Sud, la Constitution de 1996 reconnaît officiellement 11 langues et prévoit des mesures correctives pour les groupes historiquement défavorisés, modèle parfois cité dans les débats camerounais.
- L’association « Femmes pour l’Afrique » à Yaoundé forme des jeunes filles rurales aux métiers du numérique, réduisant l’écart de genre dans l’accès à l’emploi.
- Dans la région de l’Ouest, les chefferies traditionnelles commencent à intégrer des femmes comme conseillères, malgré la résistance de certains coutumiers.
### Vocabulaire à retenir
- Pluriethnicité
- Multiculturalisme
- Approche genre
- Identité ethnique
- Égalité des chances
- Discrimination positive
- Stéréotype de genre
- Intersectionnalité
- Cohésion sociale
- Reconnaissance culturelle
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : « Le multiculturalisme au Cameroun est-il une force ou un obstacle à l’unité nationale ? »
**Plan** :
I. Le multiculturalisme comme richesse nationale
A. Apport culturel et artistique
B. Complémentarité économique régionale
C. Renforcement de la tolérance et de l’ouverture d’esprit
II. Les défis du multiculturalisme
A. Risques de communautarisme et de rivalités ethniques
B. Inégalités persistantes liées à l’origine ethnique ou au genre
C. Faiblesse de la mise en œuvre des politiques d’inclusion
III. Vers un multiculturalisme actif et équitable
A. Éducation interculturelle dès l’école primaire
B. Promotion de l’égalité de genre dans les institutions traditionnelles et modernes
C. Renforcement du sentiment d’appartenance à une nation camerounaise unie dans sa diversité
## II. Le bénévolat et le volontariat
### Contexte
Le bénévolat et le volontariat sont des formes d’engagement citoyen non rémunéré, visant à répondre à des besoins sociaux, environnementaux ou humanitaires. Bien que souvent confondus, ils présentent des nuances importantes. Le bénévolat désigne généralement une action ponctuelle ou régulière au sein d’une association locale, sans contrat formel. Le volontariat implique souvent un engagement plus structuré, parfois à l’étranger ou dans le cadre de programmes nationaux ou internationaux, avec une formation préalable et un suivi. Au Cameroun, ces pratiques s’inscrivent dans une longue tradition de solidarité communautaire (comme les « njang » ou tontines, ou les travaux collectifs champêtres), modernisée par l’action des ONG, des mouvements de jeunesse et des programmes d’État.
### Définitions
> Le bénévolat est un engagement désintéressé et volontaire au service d’autrui ou de la collectivité, effectué sans rémunération financière, dans le cadre d’une association ou d’une initiative informelle.
> Le volontariat est un engagement organisé, souvent formalisé par un contrat ou une convention, pouvant impliquer une mobilité géographique ou une durée déterminée, et réalisé dans le cadre de programmes nationaux, internationaux ou d’organisations reconnues.
### Faits, dates et noms exacts
- La loi n° 2006/015 du 29 décembre 2006 portant régime des associations au Cameroun facilite la création d’associations de bénévoles (déclaration préalable auprès du préfet).
- Le Programme National de Volontariat Civique (PNVC), lancé en 2012 par le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique, vise à mobiliser les jeunes pour des missions de développement local (salubrité, sensibilisation, soutien scolaire).
- En 2019, le PNVC avait enregistré plus de 15 000 volontaires actifs dans les dix régions du pays.
- L’Agence Nationale du Service Civique (ANSC), créée en 2018, coordonne les initiatives de volontariat et de service civique.
- La Croix-Rouge camerounaise, fondée en 1960, compte plus de 50 000 bénévoles actifs, intervenant notamment lors des épidémies (choléra, Covid-19) et des inondations.
### Causes et conséquences
**Causes de l’engagement bénévole et volontaire** : sens de la responsabilité sociale, désir d’acquérir de l’expérience, réponse à des crises (sanitaires, environnementales), influence des pairs ou des éducateurs.
**Conséquences positives** : renforcement du lien social, acquisition de compétences utiles pour l’insertion professionnelle, complémentarité de l’action publique, émergence de leaders communautaires.
**Conséquences négatives éventuelles** : risque d’exploitation (travail non rémunéré substituant des emplois publics), épuisement bénévole, manque de reconnaissance institutionnelle.
**Impact spécifique au Cameroun** : dans les zones rurales, le volontariat permet de pallier l’absence de services de base (ex. volontaires enseignants dans les écoles communautaires du Nord).
### Exemples concrets
- Lors de l’épidémie de choléra en 2018 dans l’Extrême-Nord, des bénévoles de la Croix-Rouge ont mené des campagnes de sensibilisation et distribué des kits d’hygiène.
- L’association « Jeunesse Verte du Cameroun » organise des volontaires pour des opérations de reboisement dans la région du Littoral, notamment autour de Douala.
- Le programme « Volontaires pour l’Éducation » de l’UNESCO, soutenu par le ministère camerounais de l’Éducation de base, envoie des jeunes diplômés enseigner dans les zones sous-desservies.
- À Bamenda, des bénévoles de l’association « Femmes Engagées pour la Paix » médient entre communautés en période de tension sociopolitique.
### Vocabulaire à retenir
- Bénévolat
- Volontariat
- Engagement citoyen
- Association
- Service civique
- Mobilité volontaire
- Responsabilité sociale
- Initiative locale
- Solidarité active
- Reconnaissance du bénévolat
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : « En quoi le bénévolat et le volontariat contribuent-ils à la construction du vivre ensemble au Cameroun ? »
**Plan** :
I. Le bénévolat et le volontariat comme expressions de la solidarité nationale
A. Réponse aux besoins non couverts par l’État
B. Renforcement des liens intergénérationnels et interculturels
C. Promotion des valeurs de citoyenneté et d’altruisme
II. Leurs limites et défis
A. Préoccupations concernant la précarisation du travail bénévole
B. Inégalités d’accès à l’engagement (géographiques, socioéconomiques)
C. Manque de suivi et de valorisation des acquis
III. Vers une meilleure intégration du bénévolat et du volontariat dans les politiques publiques
A. Création d’un statut juridique protecteur pour les bénévolats réguliers
B. Reconnaissance des compétences acquises dans les parcours de formation
C. Développement de plateformes nationales de mise en relation volontaires-organismes
## III. L’Œcuménisme religieux et l’intégration nationale
### Contexte
Le Cameroun est caractérisé par une grande diversité religieuse : environ 40 % de chrétiens (répartis entre catholiques, protestants et autres dénominations), 20 % de musulmans, et 40 % pratiquant des croyances africaines traditionnelles ou des syncrétismes (source : Pew Research Center, 2010 ; estimations INS). Cette pluralité religieuse, héritée des missions chrétiennes (à partir du XIXᵉ siècle) et de l’expansion de l’islam (via les réseaux transsahariens), coexiste avec une forte présence de pratiques spirituelles autochtones. L’œcuménisme religieux désigne les efforts visant à promouvoir l’unité, le dialogue et la coopération entre les différentes confessions chrétiennes, tandis que l’intégration nationale fait référence au processus par lequel les citoyens développent un sentiment d’appartenance à une même nation, au-delà de leurs différences ethniques, linguistiques ou religieuses. Au Cameroun, ces deux concepts sont étroitement liés : la paix religieuse est vue comme un pilier de la cohésion nationale.
### Définitions
> L’œcuménisme religieux est un mouvement visant à favoriser le dialogue, la compréhension mutuelle et la coopération entre les différentes dénominations chrétiennes, en mettant l’accent sur ce qui unit plutôt que sur ce qui divise.
> L’intégration nationale désigne le processus par lequel les individus et les groupes développent un sentiment d’appartenance à une même nation, en reconnaissant des valeurs, des symboles et des institutions communes, tout en respectant leur diversité culturelle ou religieuse.
### Faits, dates et noms exacts
- Le Conseil œcuménique et chrétien du Cameroun (CECC) a été fondé en 1963, regroupant les églises catholiques, protestantes et évangéliques pour promouvoir le dialogue interconfessionnel.
- La Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) et l’Alliance des églises évangéliques du Cameroun (AEEC) sont des acteurs clés du dialogue œcuménique.
- En 2015, le CECC a organisé une prière nationale pour la paix suite aux tensions dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
- Le Forum interreligieux du Cameroun, créé en 2008 sous l’égide du ministère de l’Administration territoriale, réunit musulmans, chrétiens et représentants des croyances traditionnelles pour discuter de questions sociales (paix, environnement, jeunesse).
- La fête de l’Unité nationale, célébrée chaque 20 mai, inclut souvent des prières interreligieuses officielles, symbolisant la volonté de transcender les divisions.
### Causes et conséquences
**Causes de l’œcuménisme religieux** : désir de prévenir les conflits confessionnels, influence des mouvements œcuméniques mondiaux (comme le Conseil œcuménique des Églises), reconnaissance de la souffrance commune lors des crises (épidémies, déplacements).
**Conséquences positives** : réduction des tensions interconfessionnelles, actions caritatives conjointes (ex. secours lors des inondations), renforcement du tissu social par le dialogue.
**Conséquences négatives éventuelles** : résistance de certains groupes fondamentalistes, perception de syncretisme comme dilution de la foi, difficultés à inclure les croyances traditionnelles dans le dialogue œcuménique formel.
**Impact sur l’intégration nationale** : lorsque les leaders religieux appellent à l’unité nationale au-delà des différences, ils contribuent à renforcer le sentiment d’appartenance à la patrie. À l’inverse, l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques ou ethniques peut fragiliser l’intégration.
### Exemples concrets
- Pendant la crise anglophone, des prêtres catholiques et des pasteurs protestants ont lancé des appels conjoints au cessez-le-feu et au dialogue, malgré les risques personnels.
- Lors de la pandémie de Covid-19, le CECC et la Ligue islamique du Cameroun ont diffusé des messages communs de prévention, en français et en anglais.
- Dans la région de l’Adamaoua, des festivals culturels réunissent des chrétiens, des musulmans et des pratiquants de croyances traditionnelles autour de danses et de repas partagés, favorisant le vivre ensemble.
- Le mariage interreligieux, bien que encore rare, est de plus en plus accepté dans les milieux urbains (Yaoundé, Douala), témoignant d’une évolution des mentalités.
### Vocabulaire à retenir
- Œcuménisme religieux
- Intégration nationale
- Dialogue interconfessionnel
- Liberté de conscience
- Laïcité positive
- Symboles nationaux
- Cohésion sociale
- Résilience communautaire
- Tolérance religieuse
- Patriotisme civique
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : « L’œcuménisme religieux peut-il renforcer l’intégration nationale au Cameroun ? »
**Plan** :
I. Les fondements de l’œcuménisme religieux au Cameroun
A. Histoire du dialogue chrétien : du CECC aux initiatives locales
B. Extension du dialogue aux autres traditions religieuses
C. Valeurs communes : paix, justice, compassion
II. Comment l’œcuménisme contribue à l’intégration nationale
A. Création d’espaces de rencontre au-delà des frontières ethniques et religieuses
B. Actions conjointes en faveur des populations vulnérables
C. Promotion d’une identité nationale inclusive lors des cérémonies officielles
III. Les limites et les défis
A. Résistance des courants religieux exclusivistes
B. Difficulté à inclure les croyances traditionnelles dans le cadre œcuménique formel
C. Risque d’instrumentalisation politique de la religion
D. Nécessité d’un engagement étatique soutenu pour la laïcité de coopération
## IV. La conscience nationale et l’ouverture à la mondialité
### Contexte
La conscience nationale désigne le sentiment d’appartenance à une même nation, partagé par les citoyens, fondé sur des valeurs, des souvenirs, des symboles et un projet commun de vie ensemble. Elle ne nie pas les identités régionales, ethniques ou religieuses, mais les situe dans un cadre supérieur d’appartenance à la patrie. L’ouverture à la mondialité, quant à elle, désigne la capacité d’un individu ou d’une société à s’engager avec le monde extérieur — par l’éducation, l’économie, la culture, la technologie — tout en préservant son identité fondamentale. Au Cameroun, ces deux notions sont parfois perçues comme en tension : certains craignent que la mondialité n’érode les valeurs locales, tandis que d’autres voient dans l’engagement global une opportunité de développement et de renforcement de la souveraineté nationale par l’innovation et la compétitivité.
### Définitions
> La conscience nationale est le sentiment collectif d’appartenance à une même nation, basé sur la reconnaissance d’un destin partagé, de symboles communs (drapeau, hymne, devise) et de valeurs fondamentales (unité, paix, travail).
> L’ouverture à la mondialité est la capacité d’une personne ou d’une société à participer activement aux échanges internationaux — économiques, culturels, technologiques — tout en maintenant un ancrage dans son identité nationale et en contribuant au bien-être commun.
### Faits, dates et noms exacts
- La devise nationale du Cameroun est « Paix, Travail, Patrie », inscrite dans la Constitution de 1972 et réaffirmée dans celle de 1996.
- Le drapeau camerounais, adopté en 1975, comporte trois bandes verticales (vert, rouge, jaune) et une étoile centrale, symbolisant respectivement la végétation, l’unité, le soleil et l’unité du peuple.
- L’hymne national, « Ô Cameroun, Berceau de nos ancêtres », a été adopté en 1957, avant l’indépendance (1960).
- En 2020, le Cameroun a signé l’Accord de libre-échange continental africain (ZLECAf), visant à créer un marché unique de 1,3 milliard de personnes.
- Le programme « Cameroun Numérique 2025 » vise à renforcer l’accès à Internet et à former des jeunes aux métiers du numérique, dans une logique d’insertion dans l’économie mondiale.
- Selon la Banque mondiale (2021), plus de 60 % des jeunes camerounais âgés de 15 à 24 ans sont au chômage ou sous-employés, un défi majeur pour l’ouverture productive à la mondialité.
### Causes et conséquences
**Causes de la conscience nationale** : éducation civique, symboles nationaux, commémorations historiques (fête de l’Unité, fête de la Jeunesse), réussite sportive internationale (ex. équipes nationales de football).
**Conséquences positives** : mobilisation pour des projets nationaux, résilience face aux crises, défense de l’intégrité territoriale.
**Causes de l’ouverture à la mondialité** : globalization de l’économie, révolution numérique, mobilité étudiante et professionnelle, influence des médias internationaux.
**Conséquences positives** : accès aux connaissances et aux marchés, transfert de technologie, enrichissement culturel, opportunités d’emploi.
**Conséquences négatives éventuelles** : dépendance économique, érosion des cultures locales, fuite des cerveaux, inégalités accrues entre ceux qui peuvent s’ouvrir au monde et ceux qui en sont exclus.
### Exemples concrets
- Les Lions Indomptables, équipe nationale de football, sont un puissant vecteur de conscience nationale : leurs victoires (comme en 2000 et 2002 à la Coupe d’Afrique des Nations) déclenchent des célébrations transethniques et transrégionales.
- Des jeunes camerounais participent régulièrement au Programme d’échanges Erasmus+ ou aux bourses Fulbright, acquérant des compétences qu’ils réinvestissent localement (ex. création de startups tech à Yaoundé).
- L’industrie du cinéma camerounais (« Camwood ») produit des films diffusés sur des plateformes internationales (Netflix, Showmax), tout en racontant des histoires locales (ex. « Le Berceau du serpent » de Jean-Pierre Bekolo).
- Lors de la crise du Covid-19, des ingénieurs camerounais ont conçu des respirateurs locaux, montrant comment l’ouverture à la connaissance mondiale peut servir des besoins nationaux.
- La diaspora camerounaise, estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes, envoie des remittances significatives et participe à des réseaux de connaissance (ex. associations de médecins, d’ingénieurs).
### Vocabulaire à retenir
- Conscience nationale
- Ouverture à la mondialité
- Identité nationale
- Symboles nationaux
- Mondialisation
- Interdépendance
- Citoyenneté mondiale
- Fierté nationale
- Résilience nationale
- Compétitivité globale
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : « Comment renforcer la conscience nationale tout en favorisant l’ouverture à la mondialité chez les jeunes camerounais ? »
**Plan** :
I. Fondements de la conscience nationale chez les jeunes
A. Éducation civique et histoire nationale à l’école
B. Participation aux symboles et rituels nationaux (hymne, drapeau, fêtes)
C. Reconnaissance des réussites collectives (sport, culture, innovation)
II. Le rôle de l’ouverture à la mondialité dans l’épanouissement individuel et national
A. Accès à l’éducation internationale et aux compétences globales
B. Participation à l’économie numérique et aux chaînes de valeur mondiales
C. Retour des compétences et des expériences au service du développement local
III. Stratégies pour articuler conscience nationale et ouverture à la mondialité
A. Programmes d’échanges avec retour obligatoire ou incitatif au service national
B. Valorisation des contenus locaux dans les curricula internationaux (ex. littérature africaine dans les cours de français)
C. Soutien à l’entrepreneuriat national innovant, connecté aux marchés mondiaux
D. Éducation à la citoyenneté mondiale responsable, ancrée dans les valeurs camerounaises
## Synthèse du chapitre
- Le Cameroun est un État pluriethnique et multiculturel, où la diversité ethnique, linguistique et religieuse constitue à la fois une richesse et un défi pour le vivre ensemble.
- L’approche genre révèle des inégalités persistantes entre les sexes, particulièrement en matière d’accès au pouvoir, à l’éducation et aux ressources, nécessitant des politiques volontaristes d’égalité.
- Le bénévolat et le volontariat sont des formes essentielles d’engagement citoyen, complémentaires de l’action publique, favorisant la solidarité, l’acquisition de compétences et la cohésion sociale, à condition d’être correctement encadrés et valorisés.
- L’œcuménisme religieux, notamment à travers des structures comme le CECC et le Forum interreligieux, contribue à prévenir les conflits confessionnels et à renforcer l’intégration nationale par le dialogue et l’action conjointe.
- La conscience nationale, fondée sur des symboles, des valeurs et des souvenirs partagés, peut être renforcée par l’ouverture à la mondialité, à condition que cette dernière soit pensée comme un moyen de servir le développement national, et non comme une menace pour l’identité culturelle.
- Les défis du vivre ensemble au Cameroun résident dans la gestion équitable de la diversité, la lutte contre toutes formes de discrimination, et la construction d’un patriotisme inclusif qui valorise à la fois les racines locales et l’engagement global.
## Glossaire
- **Pluriethnicité** : Coexistence de plusieurs groupes ethniques distincts au sein d’un même État.
- **Multiculturalisme** : Politique ou idéologie qui reconnaît et promeut la diversité culturelle comme une richesse nationale.
- **Approche genre** : Analyse des différences sociales construites entre les sexes et de leur impact sur l’égalité des chances.
- **Bénévolat** : Engagement désintéressé et volontaire au service d’autrui, sans rémunération financière.
- **Volontariat** : Engagement organisé, souvent formalisé, pouvant impliquer une mobilité ou une durée déterminée.
- **Œcuménisme religieux** : Mouvement visant à promouvoir le dialogue et la coopération entre les différentes dénominations chrétiennes.
- **Intégration nationale** : Processus par lequel les individus développent un sentiment d’appartenance à une même nation.
- **Conscience nationale** : Sentiment collectif d’appartenance à une même nation, basé sur des valeurs et des symboles partagés.
- **Ouverture à la mondialité** : Capacité à s’engager avec le monde extérieur tout en maintenant une identité nationale ancrée.
- **Symbole national** : Élément (drapeau, hymne, devise) représentant l’unité et l’identité d’une nation.
- **Dialogue interconfessionnel** : Échange et coopération entre représentants de différentes religions ou dénominations.
- **Citoyenneté mondiale** : Sentiment d’appartenance à une communauté humaine globale, accompagnée de responsabilités partagées.
Quiz du chapitre
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