Chapitre 8
Fabrication des meubles (partie 1/3)
Lecture : 18 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- Concevoir et choisir le montage d’usinage adapté à une opération d’usinage du bois ou du dérivé.
- Réaliser les étapes de fabrication d’un meuble de salle de séjour en respectant les normes de qualité et de sécurité.
- Élaborer un meuble de bureau répondant aux exigences ergonomiques, de résistance et de passage de câbles.
- Appliquer les règles de prévention des risques liés à l’outillage, aux machines et aux produits de finition.
**Prérequis** : connaissances de base en lecture de plans, en propriétés des matériaux bois (masse volumique, résistance à la flexion), en techniques d’assemblage (tenon-mortaise, chevilles, vis, collage) et en réglementation hygiène‑sécurité en atelier (port des EPI, consignes d’arrêt d’urgence).
## Introduction contextualisée
Dans les lycées techniques camerounais, la fabrication de meubles constitue une activité centrale du secteur de l’aménagement intérieur. Les élèves de Terminale AMB doivent maîtriser non seulement les gestes techniques, mais aussi la logique de conception qui relie le besoin fonctionnel (salon, bureau) au choix du montage d’usinage, aux procédés d’assemblage et aux finitions. Ce chapitre s’inscrit dans la logique du référentiel de compétences : analyser un cahier des charges, sélectionner les moyens de production, réaliser une pièce conforme et en assurer la traçabilité. Les exemples proposés s’appuient sur des situations réelles rencontrées dans les ateliers de menuiserie de Yaoundé, Douala et Bafoussam, où l’on travaille principalement le bois de iroko, le sapelli et les panneaux de particules à faible émission de formaldéhyde.
## I. Leçon 14 : Conception, fabrication et utilisation des montages d’usinage
### A. Définitions et notions de base
Un **montage d’usinage** désigne l’ensemble des dispositifs qui maintiennent la pièce à usiner en position fixe pendant l’opération de coupe, de perçage ou de fraisage. Il doit garantir :
- la stabilité géométrique (absence de vibration),
- la répétabilité du positionnement,
- la sécurité de l’opérateur (pas de glissement de la pièce).
> **>** Un montage bien conçu réduit les efforts de coupe et améliore la finition de surface.
### B. Types de montages d’usinage utilisés en menuiserie
| Type de montage | Fonction principale | Exemple d’application | Avantages | Inconvénients |
|-----------------|---------------------|-----------------------|-----------|---------------|
| Étaux à mâchoires parallèles | Serrage puissant sur deux faces opposées | Tenonnage de montants de table | Force élevée, réglage rapide | Encombrement, risque de marque sur la pièce |
| Serre‑joints à vis | Pression réglable sur une zone localisée | Assemblage de panneaux plaqués | Polyvalent, faible coût | Temps de mise en place plus long |
| Dispositifs à ventouse | Maintien par dépression d’air | Usinage de pièces fines ou fragiles | Aucun marquage, adaptation à formes courbes | Dépend de la qualité du vide, limité à surfaces lisses |
| Tables à rainures en T | Fixation via boulons dans les rainures | Fraisage de rainures en série | Modularité, répétabilité élevée | Nécessite des plaques d’adaptation |
| Gabarits de perçage | Guidage de l’outil pour des trous répétés | Perçage de trous pour ferrures | Précision du positionnement | Spécifique à une géométrie donnée |
### C. Principes de fonctionnement, réglage et sécurité
1. **Choix du montage** : fonction de la géométrie de la pièce, de l’effort de coupe attendu et de la précision requise.
2. **Installation** : nettoyer les surfaces de contact, vérifier l’état des mâchoires ou des ventouses, appliquer un léger lubrifiant si nécessaire (éviter les huiles qui tachent le bois).
3. **Réglage de la force de serrage** : on utilise la formule empirique
\[
F_{s} = K \cdot A_{c} \cdot \sigma_{c}
\]
où :
- \(F_{s}\) = force de serrage (N)
- \(K\) = coefficient de sécurité (entre 1,5 et 2,0 selon la matière)
- \(A_{c}\) = surface de contact (mm²) entre la pièce et le mâchoire
- \(\sigma_{c}\) = contrainte admissible de compression du bois (N/mm²) – valeur typique pour l’iroko : 40 N/mm².
4. **Sécurité** : porter lunettes de protection, vérifier que la pièce ne dépasse pas la zone de travail de la machine, utiliser les butées d’arrêt d’urgence, ne jamais laisser une clé ou un outil sur la machine en marche.
> **>** Une force de serrage insuffisante provoque des vibrations pouvant endommager l’outil et la pièce.
### D. Exemple chiffré : calcul de la force de serrage nécessaire
**Situation** : on doit usiner un tenon de 30 mm de largeur sur un montant d’iroko de section 70 mm × 45 mm à l’aide d’un étau à mâchoires parallèles. La surface de contact approximative entre la mâchoire et la pièce est \(A_{c}=30\text{ mm}\times 45\text{ mm}=1350\text{ mm}^2\). On choisit un coefficient de sécurité \(K=1,8\).
Calcul :
\[
F_{s}=1,8 \times 1350 \times 40 = 97\,200\text{ N}
\]
Cette valeur représente la force totale que les deux mâchoires doivent exercer. En pratique, chaque mâchoire délivre environ la moitié, soit **≈ 48,6 kN**. Un étau de capacité 50 kN est donc adapté.
### E. Tableau récapitulatif des points clés
| Étape | Action | Contrôle | Consigne de sécurité |
|-------|--------|----------|----------------------|
| 1 | Sélection du montage selon la pièce | Vérifier la compatibilité géométrique | Lire la fiche technique du montage |
| 2 | Nettoyage des surfaces de contact | Absence de copeaux, de poussière | Porter des gants anti‑coupure |
| 3 | Installation et pré‑serrage | Aucun jeu visible | Utiliser la clé dynamométrique si disponible |
| 4 | Réglage de la force (calcul ou tableau) | Force mesurée avec dynamomètre ≤ valeur calculée | Ne jamais dépasser la capacité nominale |
| 5 | Usinage | Surveillance de la vibration et de la température de l’outil | Arrêter immédiatement en cas de bruit anormal |
| 6 | Déblocage et retrait de la pièce | Desserrer progressivement | Garder les mains éloignées des zones de coupe |
## II. Leçon 15 : Les meubles de salle de séjour
### A. Typologie courante
- **Canapé** : structure en bois massif ou métal, rembourrage, revêtement tissu ou cuir.
- **Table basse** : plateau (verre, bois, marbre) soutenu par un piétement (4 pieds, croix, ou design sculpté).
- **Étagère murale** : panneaux fixés par des équerres ou des systèmes de crémaillère.
- **Buffet / vaisselier** : corps en panneaux, portes battantes ou coulissantes, parfois avec tiroirs.
- **Meuble TV** : niche pour appareil, espace de rangement pour câbles et accessoires.
### B. Matériaux utilisés
| Matériau | Caractéristiques principales | Usage typique en séjour | Avantages | Limites |
|----------|-----------------------------|--------------------------|-----------|---------|
| Bois massif (iroko, sapelli, obeche) | Haute résistance, aspect naturel, bonne stabilité dimensionnelle | Cadres, pieds, panneaux visibles | Durabilité, possibilité de finition naturelle | Coût, poids, sensibilité à l’humidité |
| Panneaux de particules agglomérées (PB) | Faible coût, bonne stabilité, surface lisse pour placage | Caissons, étagères, dossiers | Prix abordable, facilité d’usinage | Résistance mécanique moindre, émission de formaldéhyde (choisir classe E1) |
| Panneaux de fibres à densité moyenne (MDF) | Surface très lisse, bonne homogénéité | Portes laquées, panneaux décoratifs | Finition de haute qualité, bonne tenue de la peinture | Sensible à l’eau, moins résistant à la flexion |
| Placage bois véritable (tranches de 0,6 mm) | Aspect bois noble, faible consommation de matière première | Revêtement de panneaux PB/MDF | Esthétique haut de gamme à coût réduit | Nécessite colle adaptée, risque de décollement si mauvaise pose |
| Verre trempé | Transparence, résistance aux chocs mécaniques | Plateaux de tables basses, étagères | Aspect moderne, facile à nettoyer | Fragile aux impacts ponctuels, nécessite des supports adaptés |
| Métal (acier, aluminium) | Haute résistance, légèreté (Al) | Piétements, structures porteuses | Design industriel, bonne durabilité | Risque de corrosion (acier) si pas traité, conductivité thermique |
### C. Étapes de fabrication (exemple d’une table basse en iroko avec plateau verre)
1. **Lecture du plan** : déterminer les dimensions (Longueur × Largeur × Hauteur = 120 cm × 60 cm × 40 cm).
2. **Débillardage** : sciage des pièces d’iroko (4 pieds de 45 cm × 5 cm × 5 cm, deux traverses de 110 cm × 10 cm × 5 cm).
3. **Usinage des tenons-mortaises** : sur les pieds, réaliser des mortaises de 10 mm × 10 mm × 30 mm pour recevoir les tenons des traverses. Utiliser un montage d’usinage type étau à mâchoires parallèles (voir leçon 14).
4. **Assemblage à colle** : appliquer de la colle PVAc (type Titebond III) sur les tenons, insérer dans les mortaises, serrer avec des serre‑joints à vis pendant 30 min.
5. **Ponçage** : grain 120 puis 220 pour obtenir une surface lisse, dépoussiérer.
6. **Application de la finition** : deux couches de vernis polyuréthane mat (temps de séchage 4 h entre couches), ponçage léger au grain 320 entre couches.
7. **Installation du plateau verre** : placer des patins en feutre sous le verre, déposer le verre de 8 mm d’épaisseur sur le cadre, vérifier le niveau avec un niveau à bulle.
8. **Contrôle qualité** : vérifier l’aplomb, l’absence de jeu, la brillance du vernis, l’absence de défauts sur le verre.
> **>** Le temps de séchage du vernis doit être respecté afin d’éviter les traces de doigt et garantir une dureté suffisante.
### D. Normes et règles de sécurité/hygiène
- **Port des EPI** : lunettes de protection, masque anti‑poussière (classe P2 pour bois dur), gants anti‑coupure lors de la manipulation du verre.
- **Ventilation** : atelier équipé d’un système d’aspiration localisée (CAPT) lors du ponçage et de l’application de vernis (COV < 0,5 mg/m³).
- **Manutention du verre** : utiliser des ventouses avec poignée de levage, ne jamais soulever seul un verre > 10 kg.
- **Élimination des déchets** : copeaux de bois dirigés vers le compost ou la valorisation énergétique ; contenants de vernis déposés en point de collecte des déchets dangereux.
### E. Exemple de dimensionnement d’une table basse (charge répartie)
On souhaite que le plateau supporte une charge uniforme de 150 kg (livres, objets décoratifs). Le plateau en verre de 8 mm d’épaisseur, largeur 60 cm, portée entre les deux traverses situées à 10 cm des extrépiés (soit portée effective \(L = 100 cm\)).
La flèche maximale admissible pour un verre trempé est généralement \(f_{max}=L/200 = 0,5 cm\).
La formule de flèche d’une poutre simplement soutenue sous charge uniforme :
\[
f = \frac{5 q L^{4}}{384 E I}
\]
où :
- \(q\) = charge linéaire (N/m) = \(150 kg \times 9,81 / 1,0 m = 1471,5 N/m\)
- \(E\) = module d’élasticité du verre trempé ≈ 70 GPa = \(70\times10^{9}\,Pa\)
- \(I\) = moment d’inertie d’une section rectangulaire : \(I = \frac{b h^{3}}{12}\) avec \(b=0,60 m\), \(h=0,008 m\) → \(I = \frac{0,60 \times 0,008^{3}}{12}=2,56\times10^{-8}\,m^{4}\)
Calcul :
\[
f = \frac{5 \times 1471,5 \times (1,0)^{4}}{384 \times 70\times10^{9} \times 2,56\times10^{-8}} \approx 0,0042 m = 0,42 cm
\]
La flèche obtenue (0,42 cm) est inférieure à la limite admise (0,5 cm) → le dimensionnement est satisfaisant.
## III. Leçon 16 : Les meubles de bureau
### A. Typologie courante
- **Bureau plat** : plateau rectangulaire, parfois avec retour, pieds en métal ou bois.
- **Bureau avec rangement intégré** : tiroirs latéraux, caisson sous-plateau, étagères hautes.
- **Armoire de classement** : portes battantes ou coulissantes, étagères réglables, système de verrouillage.
- **Classeur mobile** : caisson sur roulettes, tiroirs à suspension, poignée ergonomique.
- **Siège de bureau** : assise réglable en hauteur, dossier inclinable, accoudoirs, base à cinq branches.
### B. Contraintes fonctionnelles
1. **Ergonomie** : hauteur du plateau entre 70 cm et 78 cm (selon la taille de l’utilisateur), profondeur minimale 60 cm pour permettre l’avant-bras à plat.
2. **Résistance à la charge** : le plateau doit supporter au moins 25 kg de matériel (ordinateur, documents) sans flèche excessive (> L/200).
3. **Passage de câbles** : présence d’un œillet ou d’une goulotte de diamètre ≥ 20 mm pour alimentation électrique et données.
4. **Stabilité** : centre de masse bas, pieds avec vérins de nivellement ou patins anti‑glisse.
5. **Sécurité incendie** : matériaux de finition classés M1 (non propagateurs de flamme) pour les espaces publics.
### C. Procédés de fabrication
| Opération | Technique courante | Outils / Montage | Remarques |
|-----------|-------------------|------------------|-----------|
| Découpe du plateau | Scie à panneaux ou scie circulaire avec guide | Table de sciage avec règle parallèle | Vérifier l’équerrage avant coupe |
| Usinage des rainures pour câbles | Fraiseuse à défoncer avec fraise droite | Montage sur table à rainures en T, serre‑joints à vis | Utiliser un guide de profondeur pour régler la profondeur (≈ 12 mm) |
| Fabrication des tiroirs | Assemblage tenon‑mortaise + collage | Étaux à mâchoires parallèles pour maintenir les pièces lors du collage | Pré-percer les trous pour éviter le fendillement |
| Montage du piétement | Boulonnage ou vissage avec inserts filetés | Clé dynamométrique, gabarit de perçage | Appliquer un frein filet moyen pour éviter le desserrage |
| Application de la finition | Pulvérisation de vernis polyuréthane ou laque UV | Cabine de peinture avec filtration | Respecter le temps de flash entre couches (10‑15 min) |
| Montage du siège | Assemblage du mécanisme d’inclinaison avec vis à six pans | Clé Allen, vérin de réglage hauteur | Contrôler le jeu axial (< 0,2 mm) avant livraison |
### D. Finitions spécifiques
- **Vernis polyuréthane mat ou satiné** : bonne résistance à l’abrasion, adapté aux plateaux soumis à frottements fréquents.
- **Laque UV** : séchage instantané sous lampe UV, aspect très lisse, utilisée pour les façades de tiroirs haut de gamme.
- **Mélamine décorative** : panneaux pré‑imprégnés, résistance aux rayures et aux taches, idéale pour les caissons de rangement.
- **Plaquage bois véritable** : donne l’aspect du bois noble tout en conservant la stabilité du panneau de base.
> **>** Une finition mal poncée entre deux couches entraîne des défauts d’adhérence et un aspect terne.
### E. Exemple de calcul de charge maximale d’un bureau
**Données** : plateau en panneaux de particules de 22 mm d’épaisseur, largeur 80 cm, profondeur 60 cm, portée entre deux pieds situés à 10 cm des extrépiés → portée effective \(L = 60 cm\).
On considère une charge ponctuelle au milieu du plateau (ex. unité centrale).
La flèche d’une poutre simplement soutenue sous charge ponctuelle au centre :
\[
f = \frac{F L^{3}}{48 E I}
\]
où :
- \(F\) = force appliquée (N)
- \(E\) = module d’élasticité du panneaux de particules ≈ 3,5 GPa = \(3,5\times10^{9}\,Pa\)
- \(I\) = moment d’inertie d’une section rectangulaire : \(I = \frac{b h^{3}}{12}\) avec \(b=0,60 m\), \(h=0,022 m\) → \(I = \frac{0,60 \times 0,022^{3}}{12}=5,3\times10^{-7}\,m^{4}\)
On fixe la flèche admissible à \(L/200 = 0,003 m = 3 mm\).
Résolution pour \(F\) :
\[
F = \frac{48 E I f}{L^{3}} = \frac{48 \times 3,5\times10^{9} \times 5,3\times10^{-7} \times 0,003}{(0,6)^{3}} \approx 1\,200 N
\]
Soit une charge maximale d’environ **120 kg** au centre du plateau, largement suffisante pour un usage bureautique ordinaire.
> **>** Toujours vérifier que la charge répartie (ex. plusieurs équipements) ne dépasse pas 80 % de la charge ponctuelle calculée afin de garder une marge de sécurité.
## Synthèse du chapitre
- **Montages d’usinage** : choisir selon la géométrie, calculer la force de serrage avec \(F_{s}=K A_{c}\sigma_{c}\), respecter les consignes de port d’EPI et de vérification du serrage.
- **Meubles de séjour** : sélectionner matériaux (bois massif, panneaux PB/MDF, verre, métal) en fonction de l’esthétique, du coût et de la résistance ; suivre les étapes de débit, usinage, assemblage à colle, ponçage, finition ; contrôler la flèche des plateaux verre avec la formule \(f = \frac{5 q L^{4}}{384 E I}\).
- **Meubles de bureau** : respecter les exigences ergonomiques (hauteur 70‑78 cm, profondeur ≥ 60 cm), prévoir le passage de câbles, réaliser des assemblages tenon‑mortaise ou vissés avec contrôle du couple, appliquer des finitions adaptées (vernis, laque, mélamine) ; vérifier la capacité de charge du plateau avec \(f = \frac{F L^{3}}{48 E I}\).
- **Sécurité** : porter lunettes, masque, gants ; utiliser l’aspiration locale lors du ponçage et de la vernisation ; respecter les consignes de manutention du verre et des charges lourdes ; appliquer les règles de prévention des risques liés aux COV et aux poussières de bois.
## Glossaire
- **Étaux à mâchoires parallèles** : dispositif de serrage exerçant une force uniforme sur deux faces opposées de la pièce.
- **Serre‑joint à vis** : outil permettant d’appliquer une pression réglable via une vis de serrage.
- **Tenon‑mortaise** : assemblage où une saillie (tenon) s’insère dans une cavité (mortase) pour unir deux pièces bois.
- **Panneaux de particules agglomérées (PB)** : panneaux fabriqués à partir de particules de bois liées par une résine synthétique.
- **MDF (Medium Density Fibreboard)** : panneau de fibres de bois à densité moyenne, surface très lisse.
- **Vernis polyuréthane** : finition formant un film dur et résistant à l’abrasion, aux chocs et aux produits chimiques.
- **Laque UV** : revêtement qui polymérise sous rayonnement ultraviolet, offrant un séchage rapide et une grande dureté.
- **Mélamine décorative** : papier imprégné de résine mélamine collé sur un panneau de base, résistant aux rayures et aux taches.
- **Flèche** : déformation verticale d’une poutre ou d’une plaque sous charge, exprimée en millimètres.
- **Module d’élasticité (E)** : mesure de la rigidité d’un matériau, rapport contrainte/deformation dans le domaine élastique.
- **Moment d’inertie (I)** : propriété géométrique d’une section qui mesure sa résistance à la flexion.
- **COV (Composés Organiques Volatils)** : substances émises par certains produits de finition pouvant affecter la qualité de l’air intérieur.
- **EPI (Équipements de Protection Individuelle)** : matériels destinés à protéger l’opérateur (lunettes, masque, gants).
- **CAPT (Capture à la Source)** : système d’aspiration localisée destiné à capturer les poussières et les vapeurs au point d’émission.
## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Calcul de la force de serrage
**Énoncé** : Un tenon de 25 mm de large doit être usiné sur une pièce d’iroko de section 60 mm × 40 mm. La surface de contact entre la mâchoire de l’étau et la pièce est estimée à \(A_{c}=25\text{ mm}\times 40\text{ mm}=1000\text{ mm}^2\). On utilise un coefficient de sécurité \(K=1,6\) et la contrainte admissible de compression de l’iroko \(\sigma_{c}=40\text{ N/mm}^2\). Déterminer la force de serrage nécessaire et vérifier si un étau de capacité 30 kN est suffisant.
**Corrigé** :
\[
F_{s}=K \times A_{c} \times \sigma_{c}=1,6 \times 1000 \times 40 = 64\,000\text{ N}=64\text{ kN}
\]
La force requise (64 kN) dépasse la capacité de l’étau de 30 kN. Il faut donc choisir un étau d’au moins 70 kN ou réduire la largeur de contact (par exemple en utilisant des mâchoires à profil réduit) afin de diminuer \(A_{c}\).
### Exercice 2 – Dimensionnement d’un plateau de bureau
**Énoncé** : Un bureau comporte un plateau en panneaux de particules de 18 mm d’épaisseur, largeur 70 cm, profondeur 50 cm. Les deux pieds sont situés à 5 cm des extrépiés, donnant une portée effective \(L=60 cm\). On veut que la flèche sous une charge uniformément répartie de 20 kg ne dépasse pas \(L/200\). Vérifier si le dimensionnement est conforme.
**Corrigé** :
Charge linéaire \(q = \frac{20\text{ kg}\times 9,81}{0,70\text{ m}} = 280,3\text{ N/m}\).
Moment d’inertie \(I = \frac{b h^{3}}{12}\) avec \(b=0,50\text{ m}\), \(h=0,018\text{ m}\) → \(I = \frac{0,50 \times 0,018^{3}}{12}=2,43\times10^{-7}\text{ m}^4\).
Module d’élasticité du panneaux de particules \(E=3,5\text{ GPa}=3,5\times10^{9}\text{ Pa}\).
Flèche :
\[
f = \frac{5 q L^{4}}{384 E I}= \frac{5 \times 280,3 \times (0,6)^{4}}{384 \times 3,5\times10^{9} \times 2,43\times10^{-7}} \approx 0,0018\text{ m}=1,8\text{ mm}
\]
Limite admissible : \(L/200 = 0,6/200 = 0,003\text{ m}=3\text{ mm}\).
Puisque \(1,8\text{ mm} < 3\text{ mm}\), le plateau est suffisamment rigide.
### Exercice 3 – Choix de la finition
**Énoncé** : Un atelier doit finir les façades de tiroirs d’un meuble de séjour destiné à un hôtel haut de gamme. Le client exige une surface très lisse, résistante aux rayures et un séchage rapide pour permettre une livraison sous 48 h. Quelle finition recommanderiez‑vous et pourquoi ?
**Corrigé** : La **laque UV** est la plus adaptée. Elle offre une surface extrêmement lisse après polissage, une dureté élevée résistante aux rayures, et un séchage quasi instantané sous lampe UV, permettant d’enchaîner les couches et d’obtenir un produit fini en moins de 24 h. De plus, elle présente une faible émission de COV après polymérisation, ce qui répond aux exigences d’hygiène intérieure des établissements hôteliers.
## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Sous‑estimer la force de serrage nécessaire → glissement de la pièce pendant l’usinage | Détérioration de l’outil, mauvaise précision, risque de projection de copeaux | Toujours calculer \(F_{s}\) avec la formule \(F_{s}=K A_{c}\sigma_{c}\) et choisir un équipement dont la capacité dépasse largement le résultat. |
| 2 | Poncer entre deux couches de vernis sans dépoussiérer | Défauts d’adhérence, aspect terne, bulles ou traces | Après chaque ponçage, passer un chiffon légèrement humidifié ou utiliser une aspiration légère avant d’appliquer la couche suivante. |
| 3 | Placer un verre trop épais sur un cadre sous‑dimensionné | Flèche excessive, risque de fissure ou de rupture du verre sous charge | Vérifier la flèche avec la formule adaptée au verre et respecter la portée maximale recommandée par le fabricant (souvent \(L/200\) pour verre trempé). |
| 4 | Utiliser un masque anti‑poussière de classe inférieure lors du ponçage de bois dur | Inhalation de particules fines pouvant provoquer des pathologies respiratoires | Porter un masque de classe P2 (ou supérieur) adapté aux poussières de bois, vérifier l’étanchéité et le remplacer régulièrement. |
| 5 | Négliger le débranchement de la machine avant de changer un outil | Risque de mise en marche accidentelle, coupures ou écrasements | Appliquer la procédure de consignation/étiquetage (Lockout‑Tagout) : couper l’alimentation, vérifier l’absence de tension, placer un cadenas avant toute intervention. |
| 6 | Stocker des produits de finition (vernis, laque) près d’une source de chaleur ou d’une flamme nue | Risque d’incendie ou d’explosion dû aux vapeurs inflammables | Conserver les produits dans un armoire ventilée, éloignée des sources d’allumage, respecter les fiches de données de sécurité (FDS) et les distances de sécurité prescrites. |
Quiz du chapitre
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