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Chapitre 10

Notions de base sur la gestion de l'entreprise

Lecture : 18 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Définir l’entreprise et en distinguer les différentes classifications selon la taille, le secteur d’activité, la forme juridique et la propriété. - Présenter les principales formes juridiques reconnues au Cameroun, leurs caractéristiques (capital, responsabilité, gouvernance) et les formalités de création associées. - Élaborer un projet de création d’entreprise (business plan) en suivant une démarche méthodique : étude de marché, prévisions financières, choix de la forme juridique, mise en œuvre opérationnelle. - Réaliser un calcul simple de seuil de rentabilité et interpréter les résultats pour prendre une décision d’investissement. **Prérequis** : - Notions de base en économie générale (offre, demande, marché). - Connaissances élémentaires en comptabilité (compte de résultat, bilan). - Maîtrise du vocabulaire professionnel lié à la gestion (ressources humaines, financement, réglementation). --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, la création d’entreprise constitue un levier essentiel pour lutter contre le chômage des jeunes et dynamiser l’économie locale. Le ministère de l’Enseignement secondaire (MINESEC) insiste, dans le programme officiel de l’enseignement technique, sur l’acquisition de compétences pratiques permettant aux apprenants de passer de l’idée à la réalisation d’une activité économique viable. Ce chapitre s’inscrit dans cette logique : il fournit les repères théoriques (notion, classification, formes juridiques) puis les met en application à travers un travail dirigé (TD) de création d’entreprise ISRH (Industrie, Services, Ressources Humaines). Les exemples utilisés proviennent de réalités camerounaises (Yaoundé, Douala, Garoua) afin de rendre l’enseignement concret et directement transférable en milieu professionnel. --- ## I. Leçon 1 : Notion et classification des entreprises ### 1.1 Définition de l’entreprise > Une entreprise est une unité économique autonome qui combine des facteurs de production (travail, capital, terre, savoir‑faire) pour produire des biens ou des services destinés à être vendus sur un marché, en vue de réaliser un profit. Cette définition souligne trois éléments essentiels : l’autonomie de décision, la combinaison de ressources et l’objectif lucratif (qui peut être toutefois atténué dans les entreprises d’économie sociale). ### 1.2 Critères de classification Les entreprises peuvent être classées selon plusieurs axes : | Critère | Sous‑catégories principales | Exemple camerounais | |---------|----------------------------|---------------------| | **Taille** (effectif, chiffre d’affaires) | Très petite entreprise (TPE) < 10 salariés ; Petite et moyenne entreprise (PME) 10‑200 salariés ; Grande entreprise > 200 salariés | Une boulangerie de quartier à Yaoundé (TPE) ; une usine de transformation du cacao à Douala (PME) ; la CAMRAIL (Grande entreprise) | | **Secteur d’activité** | Primaire (agriculture, élevage, mines) ; Secondaire (industrie, construction) ; Tertiaire (commerce, services) ; Quaternaire (R&D, conseil) | Une coopérative de caféiers à l’Ouest (Primaire) ; une usine de bouteilles en plastique à Bertoua (Secondaire) ; une agence de communication à Douala (Tertiaire) | | **Forme juridique** | Entreprise individuelle ; Société en nom collectif (SNC) ; Société à responsabilité limitée (SARL) ; Société anonyme (SA) ; Groupement d’intérêt économique (GIE) ; Coopérative | Un vendeur ambulant (Entreprise individuelle) ; un magasin de vêtements tenu par deux associés (SNC) ; une start‑up tech (SARL) ; une banque (SA) ; un groupement de producteurs de manioc (GIE) ; une coopérative agricole (Coopérative) | | **Propriété du capital** | Privée nationale ; Privée étrangère ; Publique (État) ; Mixte | Une plantation de bananes appartenant à un investisseur nigérian (Privé étranger) ; la SONARA (Publique) ; une société mixte d’énergie renouvelable (Mixte) | ### 1.3 Tableau récapitulatif des catégories (exemple synthétique) > Le tableau ci‑dessus permet de situer rapidement une entreprise donnée dans son environnement économique et juridique. ### 1.4 Exemple d’entreprise camerounaise Prenons la **Société Nationale d’Investissement (SNI)**, créée en 1975, qui intervient dans le secteur secondaire (industrie agro‑alimentaire, textile) et tertiaire (services financiers). Elle est un **établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC)** à capital entièrement public, avec un effectif de plus de 1500 salariés, classée parmi les grandes entreprises du pays. --- ## II. Leçon 2 : Forme juridique et formalités ### 2.1 Principales formes juridiques au Cameroun > Les formes juridiques les plus rencontrées sont : Entreprise individuelle (EI), Société en nom collectif (SNC), Société à responsabilité limitée (SARL), Société anonyme (SA), Groupement d’intérêt économique (GIE) et Coopérative. Chaque forme présente des caractéristiques spécifiques en termes de capital minimum, de responsabilité des associés, de gouvernance et de fiscalité. ### 2.2 Caractéristiques détaillées | Forme | Capital minimum | Responsabilité des associés | Gouvernance | Particularités fiscales | |-------|----------------|-----------------------------|-------------|--------------------------| | EI | Aucun (apport personnel) | Illimitée (patrimoine personnel engagé) | Propriétaire unique | Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) | | SNC | Aucun fixé par la loi | Solidaire et illimitée | Gérés par tous les associés (unanimité pour les décisions importantes) | IRPP sur la part de bénéfice | | SARL | 1 000 000 FCFA (depuis 2018) | Limitée aux apports | Gérants (un ou plusieurs) nommés par les associés ; assemblée générale annuelle | Impôt sur les sociétés (IS) au taux normal de 30 %; taux réduit de 20 % pour les PME remplissant les conditions | | SA | 10 000 000 FCFA | Limitée aux apports | Conseil d’administration (minimum 3 membres) ou directoire + conseil de surveillance ; assemblée générale | IS 30 % ; possibilité de cotation en bourse | | GIE | Aucun fixé | Limitée aux apports (selon statut) | Gérants désignés par les associés ; objet limité à l’activité économique commune | Transparent fiscalement (bénéfices imposés au niveau des associés) | | Coopérative | Variable (selon statut) | Limitée aux apports | Assemblée générale des coopérateurs ; conseil d’administration | Exonération partielle d’IS sous conditions (activité non lucrative) | > Le capital minimum de la SARL a été fixé à 1 000 000 FCFA par la loi n° 2018/012 du 19 juillet 2018 portant réforme du droit des sociétés au Cameroun. ### 2.3 Formalités de création (étapes générales) 1. **Rédaction des statuts** (objet social, siège, capital, répartition des parts). 2. **Dépôt du capital** auprès d’une banque (attestation de blocage). 3. **Publication d’un avis de constitution** dans un journal d’annonces légales (ex. *Cameroon Tribune*). 4. **Immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM)** auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE). 5. **Obtention du numéro d’identification fiscale (NIF)** et, le cas échéant, du numéro de TVA auprès des impôts. 6. **Affiliation à la CNPS** (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale) pour les salariés. 7. **Obtention éventuelle d’agréments sectoriels** (ex. autorisation d’exploitation pour une usine agro‑alimentaire). Le délai moyen varie entre 10 et 30 jours ouvrés selon la forme juridique et la complétude du dossier. Les coûts comprennent les frais de notarisation (environ 50 000 FCFA pour une SARL), les frais de publication (≈ 30 000 FCFA) et les frais d’immatriculation (≈ 100 000 FCFA). ### 2.4 Exemple de procédure pour créer une SARL à Yaoundé > **Étape 1** : Deux associés décident d’ouvrir une agence de développement web. Ils rédigent les statuts prévoyant un capital de 2 000 000 FCFA réparti à parts égales. > **Étape 2** : Ils déposent 1 000 000 FCFA chacun auprès de la Banque Internationale du Cameroun (BIC) et obtiennent l’attestation de blocage. > **Étape 3** : Publication de l’avis de constitution dans le *Cameroon Tribune* du 5 mai 2024. > **Étape 4** : Dépôt du dossier complet (statuts, attestation, avis, pièces d’identité) au CFE de Yaoundé ; obtention du registre RCCM sous le numéro **RCCM-YA-2024‑01567** le 12 mai 2024. > **Étape 5** : Demande du NIF auprès du Centre des Impôts de Yaoundé ; réception du numéro **NIF‑2024‑YA‑00987** le 18 mai. > **Étape 6** : Affiliation à la CNPS ; obtention du numéro d’employeur **CNPS‑YA‑2024‑0456**. > **Étape 7** : Début d’activité le 1 juin 2024 après location d’un bureau de 30 m² dans le quartier Bastos. --- ## III. Leçon 3 : TD création entreprise ISRH ### 3.1 Étapes d’élaboration d’un business plan Un business plan (plan d’affaires) comporte généralement cinq parties : 1. **Résumé exécutif** (synthèse du projet). 2. **Étude de marché** (analyse de la demande, de la concurrence, de l’environnement). 3. **Stratégie commerciale et marketing** (positionnement, politique de prix, distribution, communication). 4. **Plan opérationnel** (local, ressources humaines, équipements, processus de production). 5. **Plan financier** (budget de trésorerie, compte de résultat prévisionnel, bilan prévisionnel, seuil de rentabilité, plan de financement). > Chaque partie doit être appuyée par des données chiffrées provenant de sources fiables (INSTAT, enquêtes de terrain, bases de données sectorielles). ### 3.2 Analyse de marché (exemple ISRH) Supposons que nous voulons créer une **agence de services informatiques** (développement d’applications mobiles, maintenance informatique, formation) à Douala. - **Demande** : Selon l’INSTAT 2023, le secteur des TIC au Cameroun connaît une croissance annuelle de 12 % ; plus de 65 % des PME déclarent un besoin externe en développement logiciel. - **Offre** : À Douala, on recense environ 40 agences de services informatiques, dont 15 sont spécialisées en développement mobile. - **Concurrence** : Les principaux concurrents proposent des tarifs horaires entre 15 000 et 25 000 FCFA ; notre agence pourra se différencier par un forfait mensuel de maintenance à 200 000 FCFA et une garantie de résolution sous 4 heures. - **Environnement** : La ville bénéficie d’un écosystème numérique en pleine expansion avec des espaces de coworking et des incubateurs (ex. Jokkolabs Douala) facilitant l’accès à des financements et à du mentorat. ### 3.3 Prévisions financières (exemple chiffré) Nous établissons un prévisionnel sur la première année d’activité. | Poste | Montant (FCFA) | Commentaire | |-------|----------------|-------------| | **Chiffre d’affaires prévisionnel** | 12 000 000 | 10 clients moy. × 1 000 000 FCFA/an (forfaits développement + maintenance) | | **Charges variables** | 3 000 000 | Sous‑traitance (20 % du CA) | | **Charges fixes** | 5 000 000 | Loyer (2 000 000), salaires (2  développeurs junior × 1 200 000), électricité/internet (600 000), assurances (200 000) | | **Résultat d’exploitation** | 4 000 000 | CA – charges variables – charges fixes | | **Impôt sur les sociétés (30 %)** | 1 200 000 | 30 % du résultat d’exploitation | | **Résultat net** | 2 800 000 | Résultat d’exploitation – impôt | **Seuil de rentabilité** (en CA) : \[ \text{Seuil} = \frac{\text{Charges fixes}}{1 - \frac{\text{Charges variables}}{\text{CA}}} = \frac{5\,000\,000}{1 - \frac{3\,000\,000}{12\,000\,000}} = \frac{5\,000\,000}{1 - 0,25} = \frac{5\,000\,000}{0,75} \approx 6\,666\,667\text{ FCFA} \] > L’entreprise devient rentable dès que son chiffre d’affaires dépasse environ 6,7 millions de FCFA annuellement. **Plan de trésorerie simplifié** (flux mensuels) : - Entrées : 1 000 000 FCFA (facturation mensuelle moyenne). - Sorties : charges fixes 416 667 FCFA + charges variables 250 000 FCFA = 666 667 FCFA. - Solde mensuel positif de 333 333 FCFA, permettant de constituer un fonds de roulement. ### 3.4 Choix de la forme juridique et formalités Pour cette activité de services, la **SARL** apparaît adaptée : responsabilité limitée, capital raisonnable (2 000 000 FCFA), souplesse de gestion. Les formalités suivront la procédure décrite en II.2.4, adaptée à la ville de Douala (CFE de Douala, journal *Le Messager*). ### 3.5 Mise en place opérationnelle - **Local** : bureau de 40 m² dans le quartier Akwa, loyer 1 800 000 FCFA/an. - **Équipements** : matériel informatique (ordinateurs, licences, serveur) estimé à 1 500 000 FCFA. - **Ressources humaines** : 2 développeurs juniors (salaire 1 200 000 FCFA chacun), 1 chargé de clientèle (900 000 FCFA), 1 comptable part‑time (400 000 FCFA). - **Processus** : méthode Agile (scrum) pour les projets de développement, réunions hebdomadaires de suivi, tableau Kanban pour la gestion des tâches. ### 3.6 Exemple chiffré complet : création de l’agence « TechSolutions SARL » à Douala > **Capital social** : 2 000 000 FCFA, composé de 1 500 000 FCFA d’apports en nature (matériel informatique) et 500 000 FCFA d’apports en numéraire, réparti en 1 000 parts de 2 000 FCFA chacune, souscrites par les deux fondateurs. > **Apports en nature** : matériel informatique estimé à 1 500 000 FCFA (évalué par un expert comptable). > **Apports en numéraire** : 500 000 FCFA déposés à la banque. > **Statuts** : objet social « conception, développement, maintenance et formation en systèmes informatiques », siège à Douala, durée 99 ans. > **Formalités** : dépôt au CFE de Douala le 10 mars 2024, obtention du RCCM le 20 mars, NIF le 25 mars, démarrage effectif le 1 avril 2024. > **Prévisionnel première année** : CA 12 000 000 FCFA, résultat net 2 800 000 FCFA, seuil de rentabilité atteint après 7 mois d’activité. --- ## Synthèse du chapitre - L’entreprise est une unité économique autonome visant la production de biens/services contre rémunération. - Elle se classe selon la taille, le secteur, la forme juridique et la propriété du capital. - Au Cameroun, les formes juridiques les plus utilisées sont l’EI, la SNC, la SARL, la SA, le GIE et la coopérative, chacune ayant un capital minimum, un régime de responsabilité et des formalités spécifiques. - La création d’une société implique la rédaction des statuts, le dépôt du capital, la publication d’un avis, l’immatriculation au RCCM, l’obtention du NIF et de la CNPS. - Un business plan structuré (résumé, étude de marché, stratégie, opérationnel, financier) permet de transformer une idée en projet viable. - Les prévisions financières comprennent le compte de résultat prévisionnel, le bilan prévisionnel, le plan de trésorerie et le calcul du seuil de rentabilité. - Le choix de la forme juridique doit tenir compte du niveau de risque souhaité, du capital disponible et des objectifs de croissance. - La mise en œuvre opérationnelle repose sur le local, les équipements, les ressources humaines et les processus de production adaptés au secteur d’activité. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Entreprise individuelle (EI)** | Structure où une seule personne exerce une activité commerciale, artisanale ou industrielle en son nom propre, avec responsabilité illimitée sur son patrimoine. | | **Société à responsabilité limitée (SARL)** | Société commerciale où la responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports ; capital minimum au Cameroun : 1 000 000 FCFA. | | **Société anonyme (SA)** | Société de capitaux pouvant appeler públicement l’épargne ; responsabilité limitée aux apports ; capital minimum : 10 000 000 FCFA. | | **Groupement d’intérêt économique (GIE)** | Structure permettant à plusieurs entreprises de mettre en commun certaines activités tout en restant juridiquement indépendantes ; fiscalement transparent. | | **Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM)** | Registre public où sont immatriculées les personnes physiques et morales exerçant une activité commerciale au Cameroun. | | **Numéro d’identification fiscale (NIF)** | Code attribué par l’administration fiscale permettant l’identification d’un contribuable pour le paiement des impôts et taxes. | | **Seuil de rentabilité** | Niveau de chiffre d’affaires à partir duquel les recettes couvrent l’ensemble des charges (variables + fixes) ; au-delà, l’entreprise réalise un bénéfice. | | **Business plan** | Document détaillant le projet de création d’entreprise : analyse de marché, stratégie, plan opérationnel et prévisions financières sur généralement 3 à 5 ans. | | **CFE (Centre de Formalités des Entreprises)** | Guichet unique où sont déposées les formalités de création, de modification et de cessation d’activité d’une entreprise. | | **CNPS (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale)** | Institution chargée de la gestion des prestations sociales (allocations familiales, pensions, accidents du travail) pour les salariés du secteur formel au Cameroun. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Classification d’une entreprise **Énoncé** : Une unité de transformation de manioc située à Bertoua emploie 12 salariés, réalise un chiffre d’affaires annuel de 180 millions de FCFA et appartient à un groupe d’actionnaires privés camerounais. 1. Classez cette entreprise selon la taille (TPE/PME/Grande entreprise). 2. Indiquez le secteur d’activité primaire, secondaire ou tertiaire auquel elle appartient. 3. Quelle forme juridique serait la plus adaptée si les associés souhaitent limiter leur responsabilité tout en conservant une gouvernance simple ? **Corrigé** : 1. Avec 12 salariés et un CA de 180 millions FCFA, l’entreprise relève de la catégorie **Petite et moyenne entreprise (PME)** (effetif entre 10 et 200 salariés). 2. La transformation du manioc constitue une activité de **seconde transformation** (industrie agro‑alimentaire) → **secteur secondaire**. 3. Pour limiter la responsabilité tout en gardant une gestion simple, la **SARL** est la forme juridique la plus adaptée (capital minimum raisonnable, responsabilité limitée aux apports, gérance pouvant être assurée par un ou plusieurs associés). ### Exercice 2 – Choix de la forme juridique **Énoncé** : Trois amis souhaitent ouvrir un cabinet de conseil en gestion de projets à Yaoundé. Ils prévoient un apport initial de 3 000 000 FCFA chacun et envisagent de faire appel à des investisseurs extérieurs dans deux ans. Quelle forme juridique leur conseillez‑vous et pourquoi ? **Corrigé** : La forme la plus adaptée est la **Société anonyme (SA)**. - Le capital minimum requis (10 000 000 FCFA) peut être atteint facilement grâce aux apports des trois fondateurs (9 000 000 FCFA) complétés par un petit apport extérieur ou un emprunt. - La SA permet d’ouvrir le capital à de nouveaux actionnaires par émission d’actions, facilitant l’arrivée d’investisseurs extérieurs sans modifier les statuts de façon lourde. - La responsabilité des actionnaires est limitée à leurs apports, protégeant le patrimoine personnel. - La gouvernance (conseil d’administration ou directoire + conseil de surveillance) offre une structure adaptée à une croissance future et à une éventuelle cotation en bourse. ### Exercice 3 – Calcul du seuil de rentabilité **Énoncé** : Une start‑up de services de traduction prévoit les charges suivantes pour sa première année : loyer 2 400 000 FCFA, salaires deux traducteurs 2 × 1 500 000 FCFA, abonnements logiciels 300 000 FCFA, dépenses diverses 200 000 FCFA. Le coût variable moyen par projet de traduction est estimé à 20 000 FCFA et le prix de vente moyen à 50 000 FCFA. 1. Calculez le chiffre d’affaires nécessaire pour atteindre le seuil de rentabilité. 2. Déterminez le nombre de projets à réaliser pour atteindre ce seuil. **Corrigé** : **Charges fixes** = loyer + salaires + abonnements + dépenses diverses = 2 400 000 + (2 × 1 500 000) + 300 000 + 200 000 = 5 900 000 FCFA. **Marge variable sur coût** = (Prix de vente – coût variable) / Prix de vente = (50 000 – 20 000) / 50 000 = 30 000 / 50 000 = 0,60 (60 %). **Seuil de rentabilité en CA** = Charges fixes / Marge variable sur coût = 5 900 000 / 0,60 = 9 833 333,33 FCFA ≈ 9 833 333 FCFA. **Nombre de projets** = Seuil de CA / Prix de vente unitaire = 9 833 333 / 50 000 = 196,666… ≈ 197 projets (arrondir à l’entier supérieur). > Ainsi, l’entreprise doit réaliser un chiffre d’affaires d’au moins 9,83 millions de FCFA, soit environ 197 projets de traduction, pour couvrir l’ensemble de ses charges et commencer à dégager un bénéfice. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |----|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | **Oublier de publier l’avis de constitution** dans un journal d’annonces légales. | L’immatriculation au RCCM peut être rejetée ; l’entreprise n’existe pas juridiquement. | Vérifier la liste des journaux habilités par le ministère de la Justice et conserver l’attestation de publication. | | 2 | **Sous‑estimer le capital minimum** lors de la rédaction des statuts (ex. indiquer 500 000 FCFA pour une SARL). | Le CFE refuse le dossier ; perte de temps et frais supplémentaires. | Se référer aux textes en vigueur (loi n° 2018/012) et prévoir une marge de sécurité (au moins 10 % au‑delà du minimum légal). | | 3 | **Ne pas séparer les comptes personnels et professionnels** (usage du même compte bancaire pour l’entreprise et le propriétaire). | Risque de confusion comptable, difficulté lors du contrôle fiscal, possible requalification en entreprise individuelle. | Ouvrir un compte bancaire professionnel dédié dès le dépôt du capital ; utiliser des outils de comptabilité simples (ex. Sage, Ciel) pour suivre les écritures. | | 4 | **Négliger l’affiliation à la CNPS** pour les salariés dès le premier mois d’activité. | Sanctions pénales et financières ; perte du droit aux prestations sociales pour les employés. | Déclarer chaque embauche auprès de la CNPS dans les 48 h suivant la signature du contrat ; conserver les bordereaux de cotisation. | | 5 | **Utiliser un logiciel de comptabilité non agréé** pour la télédéclaration des impôts. | Rejet de la déclaration, pénalités pour retard ou erreur. | Utiliser uniquement les solutions homologuées par la Direction Générale des Impôts (ex. e‑tax, TaxOnline) ou faire appel à un expert comptable agréé. | | 6 | **Ignorer les normes d’hygiène et de sécurité** dans un atelier de production (ex. absence d’extincteur, mauvais stockage des produits chimiques). | Risque d’accident du travail, fermeture administrative, responsabilité civile et pénale. | Réaliser une évaluation des risques (DUERP), installer les équipements de sécurité obligatoires (extincteurs, trousse de premiers secours, panneaux de signalisation) et former le personnel aux consignes de sécurité. | > **À retenir** : La conformité juridique et la prévention des risques sont des leviers essentiels pour assurer la pérennité de l’entreprise ; toute négligence expose l’entrepreneur à des sanctions qui peuvent compromettre l’activité dès les premières semaines. --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition la plus courante d'une entreprise selon le programme MINESEC ?
  2. 2. Selon la classification par taille d'effectif, quelle catégorie correspond à une entreprise de 50 à 249 salariés ?
  3. 3. Quelle forme juridique implique une responsabilité limitée des associés au montant de leurs apports ?
  4. 4. Un groupe d'associés veut créer une SARL avec un capital social de 5 000 000 FCFA réparti en 500 parts égales. Quelle est la valeur nominale de chaque part ?
  5. 5. Lors de la création d'une entreprise au Cameroun, quel document doit être déposé au registre du commerce pour obtenir l'immatriculation ?
  6. 6. Un jeune entrepreneur souhaite lancer une activité de prestation de services informatiques avec un associé, désirant limiter leur responsabilité personnelle tout en conservant une gestion souple. Quelle forme juridique est la plus adaptée ?
  7. 7. Pour immatriculer une SARL au Cameroun, les frais de greffe s'élèvent à 150 000 FCFA, les frais de publication d'annonce légale à 30 000 FCFA et les honoraires du notaire à 120 000 FCFA. Quel est le coût total de création ?
  8. 8. Une entreprise qui transforme le cacao en chocolat appartient principalement à quel secteur d'activité selon la classification ISIC ?
  9. 9. Dans le cadre d'une SARL, les associés décident d'augmenter le capital social de 20 % en incorporant des réserves. Si le capital initial était de 4 000 000 FCFA, quel sera le nouveau capital après l'augmentation ?
  10. 10. Une entreprise individuelle réalise un chiffre d'affaires annuel de 12 000 000 FCFA et des charges opérationnelles de 7 500 000 FCFA. Si l'impôt sur le bénéfice est fixé à 30 % du bénéfice net, quel est le montant de l'impôt dû ?