Se connecterS'abonner

Chapitre 2

Biotechnologie (partie 2/8)

Lecture : 16 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : 1. Identifier les principaux groupes de microorganismes d’intérêt biotechnologique utilisés au Cameroun et expliquer leurs critères de sélection. 2. Décrire les caractéristiques physiologiques et métaboliques qui rendent ces microorganismes adaptés à la production de métabolites d’intérêt (alcools, acides organiques, enzymes, bio‑pesticides, etc.). 3. Réaliser une activité d’intégration permettant d’isoler, de caractériser et de tester un microorganisme d’intérêt en conditions de laboratoire scolaire. 4. Préparer un inoculum de qualité conforme aux normes de biosécurité, en maîtrisant les étapes de pré‑inoculum, d’inoculum de masse et de contrôle de la densité cellulaire. 5. Appliquer les formules de dénombrement et de rendement pour dimensionner une culture industrielle à l’échelle pilote. **Prérequis** - Notions de microbiologie générale (structure cellulaire, métabolisme aérobie/anaérobie, sporulation). - Connaissances de base en stérilisation (autoclave, filtration 0,22 µm) et en bonnes pratiques de laboratoire (BPL). - Utilisation du spectrophotomètre pour la mesure de l’absorbance à 600 nm (OD600). - Notions de sécurité biologique (niveaux de confinement BSL‑1/2) et de port d’équipements de protection individuelle (EPI). --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, la biotechnologie participe activement à la valorisation des ressources agricoles (cannes à sucre, manioc, maïs) et à la réduction des pertes post‑récolte. Des unités locales produisent du yaourt, de la bière traditionnelle (bilbil), du vinaigre de palmiste et des bio‑pesticides à base de *Bacillus thuringiensis*. La maîtrise des microorganismes d’intérêt et la capacité à préparer un inoculum fiable sont donc des compétences essentielles pour les techniciens supérieurs en biotechnologie, appelés à intervenir dans les agro‑industries, les laboratoires de contrôle qualité ou les structures de recherche appliquée (IRAD, universités). Ce chapitre propose une approche par compétences qui relie la théorie aux situations professionnelles rencontrées dans les ateliers de transformation alimentaire ou les chantiers de production de bio‑engrais. --- ## I. Leçon 4 – Microorganismes d’intérêt biotechnologique ### A. Classification et critères de sélection Les microorganismes d’intérêt biotechnologique sont choisis selon : - **Critère métabolique** : capacité à produire un métabolite cible (éthanol, acide lactique, antibiotique, enzyme). - **Critère de sécurité** : statut non pathogène ou pathogène de faible risque (BSL‑1). - **Critère de robustesse** : tolérance au pH, à la température, à la concentration du produit ou à la présence d’inhibiteurs (ex. éthanol > 10 % v/v pour *Saccharomyces cerevisiae*). - **Critère de disponibilité** : souche facilement cultivable, stabilisable (lyophilisation, cryoconservation) et provenant de collections reconnues (ATCC, CBS, CIRM‑CF). ### B. Exemples de microorganismes utilisés au Cameroun | Microorganisme | Groupe | Application principale | Produit typique | Conditions optimales (pH, T°, aération) | |----------------|--------|------------------------|-----------------|------------------------------------------| | *Saccharomyces cerevisiae* | Levure | Fermentation alcoolique (boissons, bioéthanol) | Éthanol, CO₂ | pH 4,5‑5,5 ; 30 °C ; aération limitée | | *Lactobacillus plantarum* | Bactérie lactique | Fermentation lactique (yaourt, silage) | Acide lactique | pH 5,5‑6,5 ; 37 °C ; anaérobie | | *Bacillus thuringiensis* (Bt) | Bactérie sporulée | Bio‑pesticide larvicide | δ‑endotoxines Cry | pH 6,0‑7,5 ; 28‑30 °C ; aération modérée | | *Pseudomonas putida* | Bactérie à Gram négatif | Dégradation d’hydrocarbures, production de bioplastiques (PHA) | Polyhydroxyalcanoates | pH 7,0‑8,0 ; 25‑30 °C ; aération forte | | *Aspergillus niger* | Champignon filamenteux | Production d’acide citrique, d’enzymes (pectinase, amylase) | Acide citrique, enzymes | pH 2,0‑2,5 ; 28 °C ; aération forte | > **>** Un microorganisme est considéré d’intérêt biotechnologique lorsqu’il présente une productivité volumique (> 1 g L⁻¹ h⁻¹) du métabolite cible et une stabilité génétique sur au moins 20 générations en culture continue. ### C. Caractéristiques physiologiques clés - **Vitesse de croissance spécifique (µ)** : exprimée en h⁻¹, déterminée à partir de la pente de ln(X) vs t pendant la phase exponentielle. - **Rendement (Y)** : masse de produit formée par masse de substrat consommé (Yₚ/ₛ, g g⁻¹). Exemple : Yₑₜₕₐₙₒₗ/₍ₛᵤc₎ ≈ 0,48 g g⁻¹ pour *S. cerevisiae*. - **Tolérance au produit** : concentration maximale inhibitrice (IC₅₀) ; pour l’éthanol, *S. cerevisiae* supporte jusqu’à 12 % (v/v) avant arrêt de la croissance. - **Formation de métabolites secondaires** : souvent liée à la limitation d’un nutriment (azote, phosphate) ; ex. production d’antibiotiques par *Streptomyces* sous limitation de phosphate. ### D. Normes de sécurité et de biosécurité - **Niveau de confinement** : la plupart des souches citées sont de classe BSL‑1 (microorganismes non pathogènes pour l’homme, les animaux et les plantes). - **Bonnes pratiques de laboratoire (BPL)** : désinfection des paillasses à 70 % d’éthanol, port de blouse, gants nitrile et lunettes de protection, utilisation d’une hotte à flux laminaire pour les manipulations de suspensions. - **Gestion des déchets** : autoclavage à 121 °C, 15 psi pendant 20 min avant élimination dans les filières de déchets infectieux. ### E. Tableau récapitulatif (exemple de synthèse) > **>** Tableau à retenir : il résume les paramètres essentiels pour choisir un microorganisme en fonction du produit visé. | Microorganisme | Produit cible | Substrat préféré | Yₚ/ₛ (g g⁻¹) | T° optimale (°C) | pH optimal | |----------------|---------------|------------------|--------------|------------------|------------| | *S. cerevisiae* | Éthanol | Glucose, saccharose | 0,48 | 30 | 4,5‑5,5 | | *L. plantarum* | Acide lactique | Lactose, glucose | 0,90 | 37 | 5,5‑6,5 | | *B. thuringiensis* | δ‑endotoxine Cry | Milieu riche en azote (soja) | 0,30 | 28 | 6,0‑7,5 | | *P. putida* | PHA | Acétate, glucose | 0,25 | 30 | 7,0‑8,0 | | *A. niger* | Acide citrique | Saccharose, mélasse | 0,70 | 28 | 2,0‑2,5 | ### F. Exemple chiffré : rendement de production d’éthanol **Données** : - Volume de fermenteur : V = 500 L - Concentration initiale de glucose : S₀ = 200 g L⁻¹ - Rendement théorique Yₑₜₕₐₙₒₗ/₍ₛᵤc₎ = 0,48 g g⁻¹ - Rendement réel observé : Yᵣₑₐₗ = 0,42 g g⁻¹ (pertes par métabolisme secondaire, évaporation). **Calcul** : 1. Masse de glucose disponible : \[ M_{S} = S_0 \times V = 200\,\frac{g}{L}\times 500\,L = 100\,000\,g = 100\,kg \] 2. Masse d’éthanol théorique : \[ M_{E,th} = Y_{th}\times M_{S}=0,48\times100\,kg=48\,kg \] 3. Masse d’éthanol réelle : \[ M_{E,real}=Y_{real}\times M_{S}=0,42\times100\,kg=42\,kg \] 4. Volume d’éthanol (densité 0,789 g mL⁻¹) : \[ V_{E}= \frac{M_{E,real}}{\rho}= \frac{42\,000\,g}{0,789\,g\,mL^{-1}} \approx 53\,200\,mL = 53,2\,L \] > **>** Rendement volumique d’éthanol = 42 kg / 500 L = 84 g L⁻¹. --- ## II. ACTIVITES D’INTEGRATION ### A. Objectif de l’activité Isoler un microorganisme lactique à partir d’un échantillon de lait fermenté traditionnel (nunu), le caractériser sur le plan morphologique et métabolique, puis tester sa capacité à produire de l’acide lactique dans un milieu de synthèse (MRS). ### B. Matériel et réactifs - Autoclave (121 °C, 15 psi) - Enceinte de sécurité biologique (classe II) - Agitateur magnétique avec contrôle de température - Spectrophotomètre (λ = 600 nm) - Tubes à essai, flacons Erlenmeyer 250 mL, pipettes stériles - Milieu MRS (de Man, Rogosa et Sharpe) - Réactifs de coloration de Gram (violette de cristal, iode, alcool, safranine) - Bandelette de pH, solution de NaOH 0,1 N pour titrage de l’acide lactique ### C. Protocole pas à pas 1. **Pré‑traitement de l’échantillon** : 1 mL de lait fermenté dilué 10⁻¹ dans du sérum physiologique stérile, vortex 30 s. 2. **Ensemencement** : 0,1 mL de la dilution 10⁻¹ étalé sur une plaque MRS solide (duplicate). Incubation 37 °C, 24 h, anaérobie (sachet Gaspak). 3. **Observation macroscopique** : colonies blanches, rondes, diamètre 1‑2 mm. 4. **Coloration de Gram** : prélèvement d’une colonie, étalage sur lame, fixation à la chaleur, coloration. Observation microscopique : bacilles à Gram positif, souvent en chaînes. 5. **Test de production d’acide lactique** : inoculation de 5 mL de milieu MRS liquide avec une colonie, incubation 24 h à 37 °C, agitation 150 rpm. 6. **Mesure du pH** : lecture directe à l’aide d’une électrode de pH (valeur attendue < 4,5). 7. **Titrage de l’acide lactique** : prélever 1 mL de culture, ajouter 9 mL d’eau distillée, titrer avec NaOH 0,1 N jusqu’à pH 8,3 (phénolphtaleine). Calcul : \[ C_{acide\,lactique}\,(g\,L^{-1}) = \frac{V_{NaOH}\,(L)\times N_{NaOH}\times 90,08}{V_{échantillon}\,(L)} \] où 90,08 g mol⁻¹ est la masse molaire de l’acide lactique. ### D. Analyse des résultats - Si le pH descend en dessous de 4,5 et le titrage révèle > 8 g L⁻¹ d’acide lactique, l’isolat est considéré comme un bon candidat lactique. - Comparer avec une souche référence (*L. plantarum* ATCC 14917) pour valider l’identité présumée. > **>** Règle de bonne pratique : toujours réaliser un témoin négatif (milieu non ensemencé) pour détecter toute contamination croisée. ### E. Encadrés supplémentaires > **>** La phase stationnaire d’une culture lactique correspond à l’épuisement du glucose et à l’accumulation d’acide lactique, qui inhibe davantage la croissance (rétro‑inhibition). > **>** La concentration d’acide lactique inhibitrice pour *Lactobacillus* spp. est généralement autour de 12‑15 g L⁻¹ (pH ≈ 3,8). --- ## III. Leçon 5 – Préparation d’un inoculum ### A. Définition et types d’inoculum - **Inoculum de départ** : petite quantité de cellules issues d’une souche de référence (souche de collection) utilisée pour lancer une pré‑culture. - **Inoculum de masse (ou inoculum de production)** : suspension cellulaire obtenue après une ou plusieurs étapes de culture, destinée à ensemencer le fermenteur industriel. - **Inoculum cryopréservé** : aliquotes de cellules suspendues dans un milieu protecteur (glycérol 15 % v/v) stockées à –80 °C ou en azote liquide. ### B. Étapes de préparation (schéma typique) 1. **Réactivation de la souche** : prélèvement d’une cryotube, ensemencement sur milieu solide approprié, incubation 24‑48 h. 2. **Pré‑inoculum** : inoculation de 5 mL de milieu liquide (ex. YPD pour levures, MRS pour lactobacilles) avec une colonie, incubation 12‑18 h à température optimale, agitation 200 rpm. 3. **Contrôle de pureté** : coloration de Gram, test catalase/oxydase selon le groupe. 4. **Inoculum de production** : transfert d’un volume V₁ du pré‑inoculum dans un volume V₂ de milieu frais (fraction de milieu frais f = V₂/(V₁+V₂)). Incubation jusqu’à atteindre la densité cellulaire cible (ex. OD600 = 0,6‑0,8 pour bactéries, 1,0‑1,2 pour levures). 5. **Ajustement de la densité** : si nécessaire, centrifugation (4 000 × g, 10 min) et resuspended dans le volume final de milieu de fermentation. ### C. Méthodes de dénombrement | Méthode | Principe | Plage d’application | Avantages | Limites | |---------|----------|---------------------|-----------|---------| | Comptage au nébuleux (chambre de Bürker) | Comptage direct des cellules sous microscope | 10⁶‑10⁹ cells mL⁻¹ | Rapide, aucun réactif | Précision faible (< ± 20 %) | | Comptage par plaque (UFC) | Ensemencement dilué, comptage des colonies après incubation | 10²‑10⁸ UFC mL⁻¹ | Viabilité réelle | Temps d’incubation (24‑48 h) | | Méthode de McFarland | Comparaison de turbidité avec étalons standards | 10⁸ cells mL⁻¹ (approx.) | Simple, utilisé pour antibiogramme | Nécessite étalons, moins précis à faible densité | | Spectrophotométrie (OD600) | Mesure de l’absorbance à 600 nm, conversion via facteur | 10⁷‑10¹⁰ cells mL⁻¹ (selon facteur) | Rapide, adapté au suivi en ligne | Nécessite étalonnage, interférence par particules | > **>** Facteur de conversion typique pour *E. coli* en milieu LB : 1 OD600 ≈ 8 × 10⁸ cells mL⁻¹. Pour *S. cerevisiae* en YPD : 1 OD600 ≈ 2,5 × 10⁶ cells mL⁻¹. ### D. Formules de base - **Dénombrement par spectrophotométrie** : \[ N = OD_{600} \times F \] où \(F\) est le facteur de conversion (cells mL⁻¹ · OD⁻¹). - **Facteur de dilution** : \[ D = \frac{V_{final}}{V_{inoculum}} \] - **Volume d’inoculum nécessaire** pour atteindre une densité cible \(N_{cible}\) dans un volume de fermentation \(V_{fer}\) : \[ V_{inoculum}= \frac{N_{cible}\times V_{fer}}{N_{stock}} \] où \(N_{stock}\) est la concentration du pré‑inoculum (cells mL⁻¹). ### E. Exemple chiffré : préparation de 10 L d’inoculum à 10⁸ UFC mL⁻¹ à partir d’une souche de *L. plantarum* stockée à –80 °C **Données** : - Souche stockée : cryotube avec 15 % glycérol, titre estimé après décongélation : 10⁹ UFC mL⁻¹ (mesuré par comptage au nébuleux). - Volume final d’inoculum voulu : V_f = 10 L = 10 000 mL. - Densité cible : N_c = 10⁸ UFC mL⁻¹. **Calcul du volume de pré‑inoculum à prélever** : \[ V_{pré}= \frac{N_c \times V_f}{N_{stock}} = \frac{10^{8}\times 10\,000}{10^{9}} = \frac{10^{12}}{10^{9}} = 1\,000\,mL \] Ainsi, il faut prélever **1 L** de la suspension stockée (après décongélation et mélange homogène) et le compléter avec **9 L** de milieu frais MRS préchauffé à 37 °C. **Vérification** : après mélange, la concentration théorique est : \[ N_{mix}= \frac{N_{stock}\times V_{pré}}{V_{pre}+V_{MRS}} = \frac{10^{9}\times 1\,000}{10\,000}=10^{8}\,UFC\,mL^{-1} \] > **>** Lors de la préparation d’un inoculum, toujours vérifier l’absence de contamination par un contrôle négatif (milieu non ensemencé) et réaliser un test de pureté (Gram, catalase) avant l’étape d’ensemencement du fermenteur. ### F. Normes d’hygiène et de sécurité - Travail sous hotte à flux laminaire (classe II) pour toutes les manipulations de suspensions cellulaires. - Port de blouse à manches longues, gants nitrile, lunettes de protection et masque anti‑poussière si manipulation de poudre sèche. - Désinfection des surfaces avec 70 % d’éthanol avant et après chaque séance. - Élimination des déchets biologiques : autoclavage 121 °C, 20 min, puis mise dans les sacs jaunes dédiés aux déchets infectieux. > **>** Ne jamais réutiliser une pipette ayant servi à transférer un inoculum sans stérilisation intermédiaire (risque de croisement de souches). --- ## Synthèse du chapitre - Les microorganismes d’intérêt biotechnologique sont sélectionnés selon leur capacité métabolique, leur innocuité et leur robustesse. - Au Cameroun, les levures (*S. cerevisiae*), les bactéries lactiques (*Lactobacillus* spp.), *Bacillus thuringiensis*, *Pseudomonas putida* et *Aspergillus niger* sont les plus utilisés dans les secteurs agro‑alimentaire, environnemental et de la protection des cultures. - Leurs caractéristiques physiologiques (µ, Yₚ/ₛ, tolérance au produit) permettent de prédire les rendements et d’optimiser les conditions de culture (pH, température, aération). - L’activité d’intégration permet d’isoler, de caractériser et de tester un microorganisme lactique à partir d’un produit local (nunu), en appliquant les méthodes de coloration de Gram, de mesure du pH et de titrage de l’acide lactique. - La préparation d’un inoculum suit une séquence rigoureuse : réactivation de la souche, pré‑inoculum, contrôle de pureté, mise à l’échelle du volume et ajustement de la densité cellulaire à l’aide de la spectrophotométrie ou du comptage par plaque. - Les formules de dénombrement (N = OD₆₀₀ × F) et de dilution sont essentielles pour dimensionner un inoculum adapté au volume de fermenteur visé. - Le respect des normes de biosécurité (BSL‑1, BPL, port d’EPI, autoclave des déchets) garantit la sécurité du technicien et la qualité du produit final. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | Inoculum | Suspension de cellules vivantes utilisée pour ensemencer un milieu de culture ou un fermenteur. | | Pré‑inoculum | Première étape de culture destinée à augmenter le nombre de cellules à partir d’une souche de référence. | | UFC (Unité Formant Colonie) | Mesure de la concentration de cellules viables capables de former une colonie sur un milieu solide. | | OD600 | Absorbance mesurée à une longueur d’onde de 600 nm, utilisée comme indicateur de densité cellulaire. | | Facteur de conversion (F) | Coefficient permettant de transformer une mesure d’OD600 en concentration cellulaire (cells mL⁻¹). | | BSL‑1 (Biosafety Level 1) | Niveau de confinement adapté aux microorganismes non pathogènes pour l’homme, les animaux et les plantes. | | McFarland | Étalon de turbidité utilisé pour ajuster la densité d’une suspension bactérienne (environ 10⁸ cells mL⁻¹). | | Rétro‑inhibition | Inhibition de la croissance microbienne par l’accumulation du produit métabolique (ex. acide lactique). | | Cryopréservation | Conservation de microorganismes à basse température (–80 °C ou azote liquide) avec un agent protecteur (glycérol, DMSO). | | Stérilisation par autoclave | Procédé utilisant de la vapeur saturée à 121 °C, 15 psi pendant 15‑20 min pour détruire toutes les formes de vie microbienne. | | Hotte à flux laminaire | Enceinte de travail fournissant un flux d’air HEPA unidirectionnel, assurant un environnement aseptique pour les manipulations sensibles. | | Titre | Concentration de cellules ou de particules exprimée en unités par volume (ex. UFC mL⁻¹). | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Calcul du volume d’inoculum **Énoncé** Un technicien doit préparer 15 L d’inoculum de *Saccharomyces cerevisiae* à une densité de 5 × 10⁷ cells mL⁻¹. La souche de stockage, après décongélation, présente une concentration de 2 × 10⁹ cells mL⁻¹. Quel volume de pré‑inoculum doit-il prélever, et quel volume de milieu frais YPD doit-il ajouter pour atteindre le volume final ? **Corrigé** - Volume final V_f = 15 L = 15 000 mL. - Densité cible N_c = 5 × 10⁷ cells mL⁻¹. - Concentration du stock N_s = 2 × 10⁹ cells mL⁻¹. Volume de pré‑inoculum nécessaire : \[ V_{pré}= \frac{N_c \times V_f}{N_s}= \frac{5\times10^{7}\times 15\,000}{2\times10^{9}} = \frac{7,5\times10^{11}}{2\times10^{9}}= 375\,mL \] Volume de milieu frais à ajouter : \[ V_{YPD}= V_f - V_{pré}= 15\,000 - 375 = 14\,625\,mL = 14,625\,L \] **Réponse** : prélever 375 mL de la suspension stockée et ajouter 14,625 L de YPD stérile. ### Exercice 2 – Détermination du rendement d’acide lactique **Énoncé** Lors d’une fermentation de lactosérum avec *Lactobacillus plantarum*, on obtient après 24 h une concentration d’acide lactique de 10,2 g L⁻¹ à partir d’une concentration initiale de lactose de 50 g L⁻¹. Calculer le rendement Yₚ/ₛ (g g⁻¹) et exprimer le pourcentage de rendement par rapport au rendement théorique (Yₜₕ = 0,90 g g⁻¹ pour la voie homofermentative). **Corrigé** - Produit formé P = 10,2 g L⁻¹. - Substrat consommé S = 50 g L⁻¹ (on suppose conversion totale du lactose en acide lactique, pas de pertes). Rendement expérimental : \[ Y_{p/s}= \frac{P}{S}= \frac{10,2}{50}=0,204\;g\,g^{-1} \] Pourcentage de rendement théorique : \[ \%\,Y = \frac{Y_{p/s}}{Y_{th}}\times 100 = \frac{0,204}{0,90}\times 100 \approx 22,7\% \] **Réponse** : Yₚ/ₛ = 0,204 g g⁻¹, soit environ 23 % du rendement théorique. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de bonne pratique / mesure corrective | |----|------------------|-------------|--------------------------------------------| | 1 | Utiliser une pipette non stérilisée pour transférer un inoculum d’une souche à une autre. | Croisement de souches, perte de pureté du produit, risque de contamination croisée. | Toujours flamer ou remplacer la pointe après chaque transfert ; travailler sous hotte à flux laminaire. | | 2 | Oublier de vérifier la pureté (Gram, catalase) avant l’étape d’ensemencement du fermenteur. | Introduction d’un contaminant pouvant produire des métabolites indésirables ou inhiber la croissance souhaitée. | Réaliser un test de pureté sur chaque lot de pré‑inoculum ; consigner les résultats dans le cahier de batch. | | 3 | Laisser le milieu de culture à température ambiante pendant plus de 30 min avant inoculation. | Risque de germination de spores ou de multiplication de contaminants psychrophiles. | Préchauffer le milieu à la température de culture prévue et l’utiliser immédiatement après préparation. | | 4 | Ne pas porter de lunettes de protection lors de la manipulation d’éthanol à 70 % pour la désinfection. | Projection pouvant entraîner une irritation oculaire ou une brûlure chimique. | Porter systématiquement des lunettes de protection anti‑projections lors de toute manipulation de produits chimiques. | | 5 | Utiliser un autoclave réglé à 100 °C au lieu de 121 °C pour stériliser les milieux. | Stérilisation incomplète, survie de spores pouvant conduire à des contaminations ultérieures. | Vérifier le manomètre et le indicateur de température avant chaque cycle ; ne jamais descendre sous 115 °C pour les milieux riches. | | 6 | Ne pas noter le numéro de lot du cryotube utilisé pour l’inoculum. | Impossibilité de retracer la souche en cas de dérive ou de problème qualité. | Étiqueter clairement chaque cryotube (souche, date, numéro de passage) et reporter ce numéro dans le dossier de fabrication. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel microorganisme est le plus fréquemment utilisé pour la production d'insuline recombinante ?
  2. 2. Quel est le rôle principal d'un inoculum dans un procédé biotechnologique ?
  3. 3. Quelle caractéristique distingue les microorganismes thermophiles utilisés en biotechnologie ?
  4. 4. Pour préparer 500 mL d'inoculum avec un OD600 de 0,5 à partir d'une culture de stock à OD600 de 2,0, quel volume de culture de stock doit-on ajouter ?
  5. 5. Après 24 h d'incubation, un inoculum de Bacillus subtilis reste limpide malgré une stérilisation correcte. Quelle est la cause la plus probable ?
  6. 6. Pourquoi recommande-t-on d'utiliser un pré‑inoculum (seed culture) avant d'ensemencer un fermenteur avec Saccharomyces cerevisiae ?
  7. 7. Dans un bioréacteur de 2 L, vous souhaitez inoculer à 5 % (v/v). Quel volume d'inoculum devez-vous ajouter ?
  8. 8. Lors de la préparation d'un inoculum, un étudiant ajoute un antibiotique au milieu pour sélectionner une souche d'E. coli porteuse d'un plasmide. Quel est le but principal de cet antibiotique ?
  9. 9. Lors d'une activité d'intégration, les étudiants comparent les courbes de croissance de Lactococcus lactis (bactérie lactique) et de Pseudomonas putida (dégradeur d'aromatiques) dans le même milieu contenant du glucose. Quelle affirmation explique le mieux la différence attendue de leurs profils de croissance ?
  10. 10. Vous devez produire une enzyme recombinante toxique pour E. coli lorsqu'elle est exprimée de façon constitutive. Quelle stratégie est la plus adaptée pour la préparation de l'inoculum et la culture ultérieure ?