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Chapitre 6

Infections et affections cutanées (partie 1/2)

Lecture : 15 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de cette leçon, l’élève sera capable de : - Définir une affection cutanée infectieuse et citer les principaux agents pathogènes (bactéries, virus, champignons, parasites). - Reconnaître cliniquement les lésions caractéristiques des dermatoses infectieuses les plus fréquentes au Cameroun (impétigo, teigne, herpès simplex, gale, candidose cutanée). - Appliquer les mesures de prise en charge (hygiène locale, traitements topiques ou systémiques, suivi) et de prévention (isolement, désinfection, éducation sanitaire) conformément aux recommandations du MINESEC/IGE. - Réaliser, en situation professionnelle, un protocole de soins de base pour une lésion cutanée infectieuse observée en milieu scolaire ou de santé. **Prérequis** : - Notions de base en histologie de la peau (épiderme, derme, annexes). - Connaissances générales sur les microorganismes pathogènes (classification, modes de transmission). - Règles d’hygiène personnelle et de prévention des infections apprises en première année (lavage des mains, utilisation du gel hydroalcoolique). --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, les affections cutanées infectieuses représentent une part importante des consultations en dermatologie scolaire et en centres de santé de premier niveau, notamment en raison du climat tropical favorisant la prolifération des champignons et des bactéries. Selon le Rapport annuel du MINESEC (2023), les affections cutanées infectieuses constituent une part notable des motifs de visite en infirmerie scolaire. Une prise en charge précoce et une prévention adaptée permettent de réduire l’absentéisme scolaire, d’éviter les complications (infections secondaires, cicatrices) et de limiter la transmission au sein des collectivités. Cette leçon s’inscrit donc dans une approche par compétences : l’élève doit non seulement connaître les pathologies, mais aussi savoir agir de façon sécurisée et professionnelle dans son futur milieu de travail (infirmerie, salon de coiffure, atelier de couture, etc.). --- ## I. Affections cutanées infectieuses : notions définitoires et épidémiologie ### 1. Définition et classification > **Une affection cutanée infectieuse** est une lésion de la peau ou de ses annexes provoquée par l’invasion et la multiplication d’un microorganisme pathogène (bactérie, virus, champignon ou parasite) pouvant entraîner une réponse inflammatoire locale ou systémique. Les affections sont classées selon l’agent etiologique : | Agent pathogène | Exemple de maladie | Mode de transmission principal | Lésions typiques | |-----------------|--------------------|--------------------------------|------------------| | Bactéries à Gram positif (Staphylococcus aureus, Streptococcus pyogenes) | Impétigo, folliculite, cellulite | Contact direct avec lésions ou objets contaminés | Pustules, croûtes mielées, érythème douloureux | | Bactéries à Gram négatif (Pseudomonas aeruginosa) | Dermatite des nageurs | Exposition à l’eau contaminée | Lésions vésiculeuses, douloureuses, souvent aux pieds | | Virus (Herpes simplex virus 1/2, Virus varicelle‑zona) | Herpès labial/génital, zona | Contact avec sécrétions ou lésions vésiculeuses | Vésicules groupées sur base érythémateuse, douleur ou brûlure | | Champignons dermatophytes (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton) | Teigne corporelle, teigne du cuir chevelu, onychomycose | Contact avec squames infectées, animaux, sols humides | Plaques annulaires avec bordure squameuse, alopécie ponctuée | | Levures (Candida albicans) | Candidose cutanée, intertrigo | Prolifération en milieu chaud et humide | Érythème brillant, satellite pustules, démangeaison | | Parasites (Sarcoptes scabiei, Demodex folliculorum) | Gale, démodicose | Contact peau‑à‑peau prolongé, objets personnels | Sillons linéaires, papules prurigineuses, lésions nocturnes intensifiées | ### 2. Facteurs de risque au contexte camerounais - Climat chaud et humide favorisant la macération et la croissance fongique. - Promiscuité dans les écoles et les milieux de travail (salons de coiffure, ateliers de couture). - Accès limité à l’eau potable et aux installations sanitaires dans certaines zones rurales. - Pratiques culturelles (tatouages traditionnels, scarifications) pouvant créer des portes d’entrée. ### 3. Physiopathologie résumée L’agent pathogène pénètre soit par une brèche cutanée (micro‑traumatisme, piqûre d’insecte), soit par colonisation d’une zone déjà humide (plis intertrigineux). La réponse immunitaire innée déclenche une inflammation locale (vasodilatation, œdème, recrutement de neutrophiles) qui se manifeste cliniquement par rougeur, chaleur, douleur et parfois prurit. Chez les individus immunodéprimés (VIH, malnutrition), l’infection peut se diffuser et entraîner des complications systémiques. --- ## II. Mesures de prise en charge et de prévention ### 1. Principes généraux de prise en charge > **Règle de base** : toute lésion cutanée suspecte d’origine infectieuse doit être nettoyée, évaluée et traitée selon son étiologie avant toute application de produit cosmétique ou de pansement occlusif. #### Étapes du protocole de soins (exemple d’impétigo) 1. **Hygiène des mains** du soignant (lavage 40‑60 s avec savon antiseptique ou friction avec gel à 70 % d’alcool). 2. **Nettoyage de la lésion** : lavage doux avec sérum physiologique ou solution chlorhexidine 0,5 % ; éliminer les croûtes sans traumatisme. 3. **Application topique** : mupirocine 2 % pommade, 2‑3 fois/jour pendant 5‑7 jours (ou fusidique acide 2 % si allergie). 4. **Traitement systémique** (si lésions étendues ou immunodépression) : flucloxacilline 25 mg/kg/jour en 2 prises (ou 12,5 mg/kg toutes les 6 h) pendant 7‑10 jours (ajusté selon poids). 5. **Suivi** : réévaluation à J3 et J7 ; arrêt du traitement si disparition des pustules et retour à l’état cutané normal. 6. **Éducation du patient** : éviter le grattage, ne pas partager serviettes, vêtements ou objets personnels ; lavage quotidien du linge à 60 °C. ### 2. Mesures de prévention collectives | Niveau d’action | Mesure concrète | Responsable | Fréquence | |-----------------|----------------|-------------|-----------| | Personnel | Lavage des mains avant et après chaque soin | Infirmier/ aide‑soignant | À chaque contact | | Environnement | Désinfection des surfaces (plan de travail, chaises) avec solution d’hypochlorite de sodium 0,1 % | Agent d’entretien | Quotidien | | Collective | Isolement provisoire des élèves présentant des lésions exsudatives jusqu’à guérison clinique | Infirmier scolaire | Selon évolution | | Éducative | Séances de sensibilisation sur les bonnes pratiques d’hygiène cutanée (affiches, démonstrations) | Enseignant de SVT / infirmier | Trimestriel | | Surveillance | Registre des cas d’infections cutanées (type, date, traitement) | Infirmier | Mensuel | > **Point clé** : l’utilisation de gants non stériles est obligatoire lors du contact avec toute lésion exsudative ou suppurative afin d’éviter la croisée‑contamination. ### 3. Exemple de calcul de dosage antiseptique Dans un atelier de coiffure, il faut préparer 500 ml de solution chlorhexidine à 0,5 % pour le nettoyage des postes de travail. La solution mère disponible est à 2 %. \[ V_1 \times C_1 = V_2 \times C_2 \] où : - \(V_1\) = volume de solution mère à prélever (inconnu) - \(C_1 = 2 \%\) - \(V_2 = 500 ml\) - \(C_2 = 0,5 \%\) \[ V_1 = \frac{V_2 \times C_2}{C_1} = \frac{500 \times 0,5}{2} = 125 ml \] Il faut donc prélever **125 ml** de chlorhexidine 2 % et compléter avec **375 ml** d’eau stérile pour obtenir 500 ml à 0,5 %. --- ## III. Intégration activités : mise en situation professionnelle ### 1. Atelier de dépistage en infirmerie scolaire **Objectif** : réaliser un dépistage rapide des lésions cutanées infectieuses chez un groupe de 30 élèves de première et proposer une conduite à tenir. **Déroulement** 1. **Accueil et consentement** : expliquer le procédé, obtenir l’accord verbal des élèves et des parents (via formulaire). 2. **Inspection visuelle** : sous bonne lumière, examiner le visage, les mains, les avant‑bras et le cuir chevelu à la recherche de pustules, croûtes, plaques annulaires ou vésicules. 3. **Classification** : utiliser une grille simplifiée (voir tableau ci‑dessous) pour catégoriser chaque lésion comme « suspecte bactérienne », « suspecte fongique », « suspecte virale » ou « non infectieuse ». 4. **Orientation** : selon la catégorie, orienter vers le traitement approprié (topique antibiotique, antifongique, antiviral) ou vers une consultation médicale en cas de doute ou d’extension. 5. **Traçabilité** : consigner les résultats dans le registre infirmier (nom, âge, lésion, conduite tenue, date de révision). **Tableau de décision rapide** | Aspect clinique | Probable étiologie | Action immédiate | |-----------------|--------------------|------------------| | Pustules mielées, croûtes jaunâtres, localisation visage/mains | Bactérienne (Staph. aureus/Strep. pyogenes) | Nettoyage + mupirocine 2 % 2‑3×/j | | Plaques annulaires avec bordure squameuse, localisation corporelle | Fongique (dermatophyte) | Lavage + clotrimazole 1 % 2×/j pendant 2‑4 semaines | | Plaques annulaires avec bordure squameuse, localisation cuir chevelu | Fongique (dermatophyte) | Antifongique oral (griséofulvine 10‑15 mg/kg/jour en une prise pendant 4‑6 semaines) ; lavage adjuvant possible | | Vésicules groupées sur base érythémateuse, douleur ou brûlure, lèvres/génitals | Virale (HSV‑1/2) | Nettoyage + aciclovir crème 5 % 5×/j pendant 5 jours | | Démangeaison nocturne, sillons linéaires entre doigts, poignets | Parasitaire (Sarcoptes scabiei) | Perméthrine 5 % crème appliquée corps entier, répéter à J7 | | Érythème brillant, satellite pustules, plis intertrigineux | Levure (Candida) | Lavage + nystatine crème 100 000 UI/g 2‑3×/j | ### 2. Travail dirigé : rédaction d’une affiche de prévention Les élèves, par groupes de quatre, conçoivent une affiche A3 destinée à être affichée dans les couloirs de l’établissement. L’affiche doit contenir : - Un titre accrocheur (« Protége ta peau, protège tes camarades »). - Trois illustrations simples (main lavée, éviter le partage de serviettes, reconnaître une lésion suspecte). - Un rappel des gestes barrières (lavage des mains 20 s, désinfection des objets personnels, signalement à l’infirmerie). - Les coordonnées de l’infirmerie scolaire. Cette activité permet de mettre en pratique les compétences de communication en santé publique et de renforcer la responsabilité individuelle et collective. --- ## Synthèse du chapitre - **Définition** : affection cutanée infectieuse = invasion de la peau par un microorganisme pathogène. - **Principaux agents** : bactéries (S. aureus, S. pyogenes), virus (HSV, VZV), champignons (dermatophytes, Candida), parasites (Sarcoptes, Demodex). - **Lésions caractéristiques** : pustules/croûtes (bactérie), plaques annulaires (champignon), vésicules groupées (virus), sillons linéaires (gale), érythème brillant avec pustules (candidose). - **Prise en charge** : hygiène des mains, nettoyage de la lésion, traitement topique adapté (antibiotique, antifongique, antiviral, antiparasitaire), éventuel traitement systémique, suivi et éducation du patient. - **Prévention** : lavage des mains, désinfection des surfaces, isolement provisoire des lésions exsudatives, éducation sanitaire, registre de surveillance. - **Mesure de dosage** : utilisation de la formule \(V_1C_1 = V_2C_2\) pour préparer des solutions antiseptiques à concentration voulue. - **Activités intégrées** : dépistage en infirmerie, rédaction d’affiches de prévention, application concrète du protocole de soins. > **À retenir** : toute lésion cutanée suspecte doit être nettoyée avant tout traitement ; l’isolement précoce limite la transmission en milieu collectif. > **À retenir** : le traitement de première ligne de l’impétigo non compliqué est la mupirocine topique 2 % pendant 5‑7 jours. > **À retenir** : la gale se manifeste par des démangeaisons nocturnes intensifiées et des sillons linéaires ; le traitement de référence est la perméthrine 5 % appliquée sur tout le corps. > **À retenir** : en milieu tropical camerounais, la teigne du cuir chevelu est fréquente chez les enfants scolarisés ; le traitement oral (griséofulvine) est réservé aux formes étendues ou résistantes au topical. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Impétigo** | Infection superficielle de la peau due à Staphylococcus aureus ou Streptococcus pyogenes, caractérisée par des pustules qui évoluent en croûtes mielées. | | **Teigne** | Infection dermatophytique de la peau, des cheveux ou des ongles, se présentant sous forme de plaques annulaires avec bordure squameuse et centre clair. | | **Herpès simplex** | Infection virale due au HSV‑1 ou HSV‑2, provoquant des vésicules groupées sur base érythémateuse, souvent récidivante. | | **Gale** | Parasitose cutanée causée par le acarien Sarcoptes scabiei, responsable de démangeaisons nocturnes intensifiées et de sillons linéaires. | | **Candidose cutanée** | Prolifération de Candida albicans sur les plis cutanés humides, entraînant un érythème brillant entouré de pustules satellites. | | **Dermatophyte** | Champignon filamentoso qui kératinise la peau, les poils ou les ongles (ex. Trichophyton, Microsporum). | | **Mupirocine** | Antibiotique topique inhibant la synthèse des protéines bactériennes, utilisé en première ligne contre l’impétigo. | | **Perméthrine** | Insecticide de la famille des pyréthrinoïdes, actif contre les acariens et les poux, traitement de référence de la gale. | | **Clotrimazole** | Antifongique imidazolé inhibant la synthèse de l’ergostérol, employé pour les teignes superficielles. | | **Aciclovir** | Analogique nucléotidique antiviral qui inhibe l’ADN polymérase virale, utilisé contre les infections herpétiques. | | **Chlorhexidine** | Antiseptique à large spectre (bactéricide et fongicide) utilisé pour le nettoyage de la peau et des surfaces. | | **Griséofulvine** | Antifongique oral qui interfère avec la mitose des champignons, indiqué pour les teignes du cuir chevelu résistantes au traitement topique. | | **Hypochlorite de sodium** | Désinfectant courant (eau de Javel) utilisé à dilution 0,1 % pour la désinfection des surfaces environnementales. | | **Serum physiologique** | Solution de chlorure de sodium à 0,9 % isotonique, utilisée pour le lavage des plaies sans irritation. | | **Zona** | Réactivation du virus varicelle‑zona (VZV) provoquant une éruption vésiculeuse douloureuse suivant la répartition d’un nerf sensitif. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Situation d’atelier de coiffure **Consigne** : Dans un salon de coiffure à Yaoundé, une cliente présente une plaque rougeâtre avec bordure squameuse sur le cuir chevelu, accompagnée de démangeaisons légères. La coiffeuse soupçonne une teigne. 1. Quelle est la première mesure d’hygiène à prendre avant d’examiner la lésion ? 2. Quel traitement topique serait approprié en première intention si la lésion est limitée à moins de 3 cm² ? 3. Si la lésion s’étend à plus de 5 cm² après 48 h de traitement topique, quelle conduite tenir ? **Corrigé** 1. **Première mesure** : la coiffeuse doit se laver les mains avec du savon antiseptique ou utiliser un gel hydroalcoolique à 70 % avant tout contact avec la cliente (prévention de la croisée‑contamination). 2. **Traitement topique** : pour une teigne corporelle limitée, application de clotrimazole crème 1 % deux fois par jour pendant 2 à 4 semaines, en couvrant légèrement la lésion avec une compresse stérile si nécessaire. *(Remarque : si la lésion se situe sur le cuir chevelu, même limitée, un antifongique oral tel que la griséofulvine est indiqué ; le clotrimazole topique seul est insuffisant.)* 3. **Conduite si extension** : poursuivre le traitement topique, ajouter un antifongique oral (griséofulvine 10‑15 mg/kg/jour en une prise pendant 4‑6 semaines) et orienter la cliente vers un médecin pour confirmation diagnostique et suivi. ### Exercice 2 – Calcul de solution désinfectante **Consigne** : L’infirmerie d’un lycée doit préparer 2 L de solution d’hypochlorite de sodium à 0,05 % pour la désinfection des bancs. La solution mère disponible est à 5 %. 1. Quel volume de solution mère faut‑il prélever ? 2. Quel volume d’eau doit‑on ajouter ? **Corrigé** Utiliser la formule \(V_1C_1 = V_2C_2\). - \(C_1 = 5 \%\) - \(C_2 = 0,05 \%\) - \(V_2 = 2000 ml\) \[ V_1 = \frac{V_2 \times C_2}{C_1} = \frac{2000 \times 0,05}{5} = \frac{100}{5} = 20 ml \] Il faut prélever **20 ml** de solution mère à 5 % et compléter avec **1980 ml** d’eau distillée ou stérile pour obtenir 2 L à 0,05 %. ### Exercice 3 – Identification d’une lésion **Consigne** : Lors d’une visite d’infirmerie, un élève de 16 ans présente des lésions vésiculeuses groupées sur la lèvre supérieure, douloureuses, apparues il y a 2 jours. Il rapporte avoir eu un rhume il y a une semaine. 1. Quelle est l’étiologie la plus probable ? 2. Quel traitement local prescrire ? 3. Quelle mesure de prévention conseiller à l’élève pour éviter une récidive ? **Corrigé** 1. **Étiologie** : herpès simplex virus de type 1 (HSV‑1) – bouton de fièvre. 2. **Traitement local** : aciclovir crème 5 % appliqué 5 fois par jour pendant 5 jours, débuté dès l’apparition des premières vésicules. 3. **Mesure de prévention** : éviter le contact direct avec les lésions (pas de bisous, pas de partage de couverts ou de brosse à dents), appliquer un écran solaire labial (SPF ≥ 15) lors d’exposition solaire prolongée, et gérer le stress et la fatigue qui sont des facteurs déclenchants connus. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique | |------------------|-------------|------------------------------------| | **Ne pas se laver les mains avant d’examiner une lésion** | Risque de transmission d’agents pathogènes au soignant ou à l’élève suivant. | Toujours effectuer une friction hydroalcoolique ou un lavage des mains de 40‑60 s avant tout contact cutané. | | **Appliquer une pommade antibiotique sur une lésion suintante sans nettoyage préalable** | La pommade piège les sécrétions, favorise la prolifération bactérienne et retarde la guérison. | Nettoyer la lésion avec sérum physiologique ou antiseptique doux, éliminer les croûtes, puis appliquer le traitement. | | **Utiliser un produit antiseptique à concentration trop élevée (ex. alcool à 90 % sur peau irritée)** | Irritation chimique, brûlure, aggravation de l’inflammation. | Respecter les concentrations recommandées (chlorhexidine 0,5 %, povidone‑iodine 10 %, alcool 70 %) et rincer si nécessaire après application. | | **Ne pas isoler un élève présentant une lésion exsudative (impétigo, gale) en milieu scolaire** | Propagation rapide de l’infection parmi les camarades, augmentation de l’absentéisme. | Isoler provisoirement l’élève jusqu’à guérison clinique ou jusqu’à ce que le traitement ait réduit la contagiosité (souvent 24‑48 h après début du traitement adapté). | | **Partager des objets personnels (serviettes, peignes, casques) sans désinfection** | Transmission indirecte de champignons, poux ou bactéries. | Désinfecter les objets après chaque usage (lavage à 60 °C pour les textiles, immersion dans solution d’hypochlorite 0,1 % pendant 10 min pour les peignes et casques). | | **Ignorer les signes d’alerte (fièvre, douleur intense, extension rapide)** | Risque de complication (cellulite, septicémie) nécessitant une prise en charge médicale urgente. | Toute lésion accompagnée de fièvre > 38 °C, de douleur sévère ou d’extension rapide doit conduire à une référence immédiate vers un centre de santé. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition clinique de l'impétigo ?
  2. 2. Quel est l'agent étiologique principal de la teigne corporelle (tinea corporis) ?
  3. 3. Quelle mesure de prévention est la plus efficace pour limiter la transmission de la gale dans une collectivité ?
  4. 4. Un élève de 12 ans présente des lésions croûteuses mielées sur le visage. Quel est le diagnostic le plus probable et le traitement topique de première intention ?
  5. 5. Un élève présente 5 lésions de teigne corporelle, chacune d'un diamètre initial de 2 cm. Si le rayon de chaque lésion augmente de 0,3 cm par jour, quel sera le diamètre moyen des lésions après 4 jours ?
  6. 6. Dans une classe de 30 élèves, 6 sont atteints de gale. Si un traitement topique a une efficacité de 90 % par individu, quel est le nombre attendu d'élèves encore infectés après un seul cycle de traitement ?
  7. 7. Un patient applique une crème antifongique deux fois par jour pendant une semaine, chaque application utilisant 0,5 g de produit. Quelle quantité totale de crème a-t-il utilisée ?
  8. 8. Pourquoi prescrit-on souvent un antihistaminique oral chez un enfant présentant une varicelle ?
  9. 9. Un adolescent présente des lésions vésiculeuses douloureuses sur les lèvres qui apparaissent 2 jours après un épisode de fièvre et disparaissent en 7-10 jours sans traitement. Quelle affirmation distingue le mieux cette présentation de l'impétigo ?
  10. 10. Dans le cadre d'un plan de prévention d'une épidémie de teigne dans un lycée, quelle mesure est considérée comme la moins efficace lorsqu'elle est appliquée isolément ?