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Chapitre 14

Isostatisme et mise en position (partie 2/5)

Lecture : 19 minQuiz de 10 questions

## Elément de mise en position isostatique Partie 1 ### Introduction Bienvenue à cette première partie de notre leçon sur l'isostatisme et la mise en position en analyse de fabrication. Avez-vous déjà imaginé comment les pièces sont maintenues avec une précision incroyable lors de leur fabrication, par exemple pour créer le moteur d'une voiture ou un smartphone ? C'est là qu'intervient l'isostatisme ! Il s'agit d'un principe fondamental pour s'assurer qu'une pièce est correctement positionnée et maintenue sans déformation, garantissant ainsi la qualité et la répétabilité de la fabrication. Dans cette leçon, nous allons découvrir ce qu'est l'isostatisme et pourquoi il est essentiel dans le monde de l'industrie. ### Concepts Clés #### Qu'est-ce que l'isostatisme ? L'isostatisme est le principe qui permet de **supprimer tous les mouvements possibles d'une pièce** sans la contraindre inutilement. Imaginez que vous voulez qu'un objet reste immobile sur une table : il ne doit pas glisser, ne pas basculer, ne pas s'envoler. L'isostatisme nous donne les règles pour y parvenir avec le minimum de points d'appui nécessaires. Si l'on met trop d'appuis, la pièce peut se déformer ; pas assez, et elle bouge ! #### Pourquoi la mise en position est-elle si importante ? La **mise en position** est l'action de placer une pièce à un endroit précis et de la maintenir stable pour qu'elle puisse être usinée (coupée, percée, etc.) ou assemblée. Une bonne mise en position est cruciale pour : * **La Précision :** Pour que chaque pièce soit fabriquée exactement selon les dimensions prévues. * **La Répétabilité :** Pour que toutes les pièces d'une même série soient identiques. * **La Sécurité :** Pour que la pièce ne bouge pas pendant les opérations d'usinage, ce qui pourrait causer des accidents ou endommager la machine. * **L'Interchangeabilité :** Pour qu'une pièce fabriquée puisse remplacer une autre pièce similaire sans problème. #### Les degrés de liberté (DDL) Avant de comprendre comment bloquer une pièce, il faut savoir de combien de manières elle peut bouger. Une pièce libre dans l'espace possède **six degrés de liberté (DDL)** : * **3 translations :** Mouvements de glissement selon trois axes principaux : * **Translation selon X** (avant/arrière) * **Translation selon Y** (gauche/droite) * **Translation selon Z** (haut/bas) * **3 rotations :** Mouvements de pivotement autour de ces mêmes axes : * **Rotation autour de X** (tangage, comme un avion qui monte ou descend) * **Rotation autour de Y** (roulis, comme un avion qui penche sur le côté) * **Rotation autour de Z** (lacet, comme un avion qui tourne à gauche ou à droite) Notre objectif avec l'isostatisme est de bloquer ces 6 degrés de liberté, un par un, en utilisant le minimum de points d'appui. #### Le principe 3-2-1 de la mise en position isostatique Le principe 3-2-1 est la méthode la plus courante pour obtenir une mise en position isostatique. Il utilise un minimum de 6 points d'appui au total pour bloquer les 6 degrés de liberté. Voici comment ça fonctionne : ##### 1. L'appui plan (3 points) * **Action :** Le premier appui est réalisé sur une surface plane de la pièce, avec **trois points** distincts (non alignés). Ces trois points forment un plan de référence. * **DDL supprimés :** Ces trois points empêchent la pièce de se déplacer de haut en bas (translation Z) et de tourner autour des axes X et Y (rotations Rx et Ry). Ils bloquent donc **3 degrés de liberté**. * **Exemple :** Poser la base d'un objet sur une table. ##### 2. L'appui linéaire (2 points) * **Action :** Une fois le premier plan établi, le deuxième appui est réalisé sur une autre surface de la pièce, perpendiculaire au premier plan. On utilise **deux points** d'appui pour cela. * **DDL supprimés :** Ces deux points bloquent le mouvement de translation dans une direction (par exemple, Translation Y) et la rotation autour de l'axe Z (Rotation Rz). Ils bloquent donc **2 degrés de liberté** supplémentaires. * **Exemple :** Pousser l'objet contre une règle ou un guide sur la table. ##### 3. L'appui ponctuel (1 point) * **Action :** Enfin, le troisième appui est réalisé sur une troisième surface de la pièce, perpendiculaire aux deux précédentes. On utilise **un seul point** d'appui. * **DDL supprimés :** Ce dernier point bloque le dernier degré de liberté restant, qui est la translation dans la dernière direction (par exemple, Translation X). Il bloque donc **1 degré de liberté** supplémentaire. * **Exemple :** Pousser l'objet contre un petit coin ou une butée, pour qu'il soit bien calé. En combinant ces 3 types d'appuis (3 + 2 + 1 = 6 points d'appui au total), nous avons bloqué les 6 degrés de liberté de la pièce. La pièce est maintenant parfaitement positionnée et stable, sans être contrainte de manière excessive. ### Vocabulaire * **Isostatisme :** Principe permettant de bloquer tous les mouvements d'une pièce avec le minimum de contraintes. * **Mise en position :** Action de placer et maintenir une pièce pour une opération de fabrication. * **Degrés de liberté (DDL) :** Les 6 mouvements possibles d'une pièce dans l'espace (3 translations, 3 rotations). * **Appui plan (3 points) :** Support sur une surface plane, bloquant 3 DDL. * **Appui linéaire (2 points) :** Support sur une arête ou une deuxième surface, bloquant 2 DDL. * **Appui ponctuel (1 point) :** Support sur un point de la troisième surface, bloquant 1 DDL. * **Pièce :** L'objet en cours de fabrication. * **Usinage :** Opération de fabrication qui consiste à enlever de la matière pour donner une forme à une pièce. * **Contrainte :** Force appliquée à une pièce qui peut la déformer si elle est excessive ou mal placée. * **Répétabilité :** Capacité à reproduire le même résultat (par exemple, des dimensions) à chaque fois. * **Précision :** Degré d'exactitude d'une mesure ou d'une fabrication par rapport à la valeur ou dimension désirée. ### Exemples #### Exemple 1 : Un bloc rectangulaire Imaginez que vous devez usiner un petit bloc rectangulaire en métal. Pour le maintenir en place : 1. **Appui plan (3 points) :** Vous posez le bloc sur sa face la plus grande, sur un plateau de machine. Trois petits ergots (ou des vis à bout plat) définissent ce plan. Les translations Z, la rotation Rx et la rotation Ry sont bloquées. 2. **Appui linéaire (2 points) :** Vous poussez le côté long du bloc contre deux butées fixes. La translation Y et la rotation Rz sont bloquées. 3. **Appui ponctuel (1 point) :** Vous poussez le côté court du bloc contre une seule butée fixe. La translation X est bloquée. Le bloc est maintenant parfaitement immobile et stable, prêt pour l'usinage. #### Exemple 2 : Une pièce cylindrique Pour une pièce cylindrique qui doit être percée à son extrémité, on peut utiliser : 1. **Appui plan (3 points) :** La face plane de l'extrémité du cylindre est posée sur trois points d'appui. (Bloque T_z, R_x, R_y). 2. **Appui linéaire (2 points) :** La surface latérale du cylindre est placée dans un vé, qui fournit deux points de contact par arête. Si un vé suffit à bloquer deux DDL (par exemple T_x et R_z si le cylindre est allongé dans l'axe Y). 3. **Appui ponctuel (1 point) :** La deuxième face plane de l'extrémité opposée est bloquée par une butée, empêchant le mouvement latéral restant (T_y). Ceci est une simplification, car les pièces cylindriques ont souvent des manières spécifiques de les brider, mais le principe des 6 DDL à bloquer reste le même. ### Exercices 1. Combien de degrés de liberté possède une pièce libre dans l'espace ? Listez-les. 2. Expliquez pourquoi trois points d'appui non alignés sont nécessaires pour définir un plan et bloquer trois degrés de liberté. 3. Décrivez avec vos propres mots l'objectif principal de la mise en position isostatique. 4. Si vous avez un cube que vous voulez usiner, comment appliqueriez-vous le principe 3-2-1 pour le maintenir stable ? Dessinez un schéma simple pour illustrer vos appuis. ### Devoir à la maison 1. Recherchez et décrivez au moins deux types de dispositifs de maintien (brides, mors, etc.) utilisés en atelier pour assurer la mise en position d'une pièce. Expliquez comment ils agissent sur les degrés de liberté. 2. Dessinez une pièce simple de votre choix (par exemple, une équerre, un support en L) et indiquez sur votre dessin où vous placeriez les 3 appuis plans, les 2 appuis linéaires et le 1 appui ponctuel pour une mise en position isostatique. 3. Dans votre vie quotidienne, essayez de trouver un objet qui est ## Elément de mise en position isostatique Partie 2 ### Introduction Bienvenue dans cette deuxième partie consacrée aux éléments de mise en position isostatique. Dans la première partie, nous avons découvert le concept d'isostatisme et l'importance de maîtriser les 6 degrés de liberté d'une pièce. Aujourd'hui, nous allons approfondir nos connaissances en explorant les différents types d'appuis et de contacts utilisés pour fixer une pièce de manière précise et reproductible, sans la déformer. Comprendre ces mécanismes est fondamental pour assurer la qualité et la fiabilité des fabrications industrielles. ### Concepts Clés #### Rappel des Degrés de Liberté (DL) Une pièce libre dans l'espace possède 6 degrés de liberté : * **3 translations** (mouvements linéaires) le long des axes X, Y et Z. Nous les noterons \( T_x, T_y, T_z \). * **3 rotations** (mouvements angulaires) autour des axes X, Y et Z. Nous les noterons \( R_x, R_y, R_z \). L'objectif de l'isostatisme est de supprimer exactement ces 6 DL à l'aide de 6 points de contact, sans en retirer plus, ce qui créerait des contraintes inutiles dans la pièce. #### Le Principe des 6 points de Contact (ou "1-2-3") Pour immobiliser une pièce de manière isostatique, on utilise généralement six points de contact, répartis de manière spécifique : ##### 1. L'Appui Plan (3 contacts) * **Fonction :** Supprime 3 degrés de liberté. * **Mise en œuvre :** La pièce repose sur trois points formant un plan. Ces trois points sont souvent représentés par des billes ou des plots. * **DL supprimés :** * Une translation (par exemple, \( T_z \), le mouvement perpendiculaire au plan d'appui). * Deux rotations (par exemple, \( R_x \) et \( R_y \), les rotations autour des axes X et Y du plan). * **DL restants :** \( T_x, T_y, R_z \). ##### 2. L'Appui Linéaire (2 contacts) * **Fonction :** Supprime 2 degrés de liberté supplémentaires. * **Mise en œuvre :** Après avoir posé la pièce sur l'appui plan, une de ses faces est mise en contact avec deux points formant une ligne. Cette ligne est généralement perpendiculaire au plan principal d'appui. * **DL supprimés (par rapport aux DL restants de l'appui plan) :** * Une translation (par exemple, \( T_x \), le mouvement perpendiculaire à la ligne). * Une rotation (par exemple, \( R_z \), la rotation autour de l'axe perpendiculaire aux deux premiers appuis). * **DL restants :** \( T_y \). ##### 3. L'Appui Ponctuel (1 contact) * **Fonction :** Supprime le dernier degré de liberté. * **Mise en œuvre :** Enfin, la pièce est mise en contact avec un dernier point. Ce point est généralement situé sur une troisième face, perpendiculaire aux deux premières zones d'appui. * **DL supprimé (par rapport au DL restant de l'appui linéaire) :** * Une translation (par exemple, \( T_y \), le dernier mouvement de translation possible). * **DL restants :** Aucun ! La pièce est maintenant entièrement immobilisée de manière isostatique. #### Importance de l'isostatisme * **Précision :** La pièce est toujours positionnée au même endroit, ce qui garantit la précision de l'usinage ou de l'assemblage. * **Répétabilité :** Même si la pièce est retirée puis repositionnée, elle retrouvera toujours la même position exacte. * **Absence de Contraintes :** En évitant la surcontrainte (plus de 6 points de contact), on prévient les déformations de la pièce et les usures prématurées des systèmes de fixation. Une pièce surcontrainte est une pièce qui subit des forces inutiles. ### Vocabulaire * **Isostatisme :** Principe de conception visant à immobiliser une pièce en supprimant exactement ses 6 degrés de liberté, sans la contraindre. * **Degré de Liberté (DL) :** Possibilité de mouvement (translation ou rotation) d'une pièce dans l'espace. * **Appui Plan :** Support formé de trois points, utilisé pour supprimer 3 DL. * **Appui Linéaire :** Support formé de deux points en ligne, utilisé pour supprimer 2 DL. * **Appui Ponctuel :** Support formé d'un seul point, utilisé pour supprimer 1 DL. * **Mise en Position :** Action de placer et de maintenir une pièce dans une position définie et reproductible. * **Surcontrainte :** Situation où une pièce est immobilisée par plus de 6 points de contact, entraînant des contraintes et des déformations. * **Sous-contrainte :** Situation où une pièce n'est pas suffisamment immobilisée (moins de 6 points de contact), lui permettant encore des mouvements indésirables. * **Répétabilité :** Capacité d'un système à reproduire la même position pour une pièce donnée à chaque opération. ### Exemples #### Exemple 1 : Positionnement d'un bloc rectangulaire Imaginez un bloc de métal que vous voulez usiner. Pour le fixer sur une machine-outil, on peut utiliser : 1. **Trois plots** sous le bloc (appui plan) : suppriment \( T_z, R_x, R_y \). 2. **Deux taquets** sur un côté du bloc (appui linéaire) : suppriment \( T_x, R_z \). 3. **Un taquet** sur un autre côté du bloc (appui ponctuel) : supprime \( T_y \). Le bloc est maintenant parfaitement immobilisé par 6 points de contact. Si on le retire et le remet, il sera toujours exactement dans la même position. #### Exemple 2 : Porte de four Une porte de four doit être bien positionnée pour fermer hermétiquement. Ses charnières peuvent être considérées comme des systèmes qui suppriment des degrés de liberté. L'isostatisme assure que la porte se ferme toujours de la même manière, sans jeu excessif ni blocage. ### Exercices 1. Une pièce est posée sur une table plane. Quels degrés de liberté restent-ils à la pièce ? Combien de degrés de liberté ont été supprimés ? 2. Vous devez usiner le dessus d'une pièce cylindrique. Proposez une solution isostatique simple pour la maintenir. Dessinez la disposition des 6 points de contact. 3. Expliquez pourquoi une pièce "flotte" sur une machine-outil si elle n'est pas mise en position de manière isostatique. ### Devoirs 1. Recherchez des exemples de systèmes de mise en position isostatique dans des objets du quotidien (ex: supports de téléphone, fixations murales). Décrivez comment les 6 DL sont gérés. 2. Imaginez que vous devez concevoir un support pour tenir un smartphone parfaitement immobile pour filmer une vidéo. Dessinez un schéma du support, en indiquant clairement où se trouvent les 6 points de contact pour assurer une mise en position isostatique. 3. Expliquez avec vos propres mots la différence entre une pièce surcontrainte et une pièce sous-contrainte, et les conséquences de chaque situation en fabrication. ### Résumé Dans cette leçon, nous avons exploré les méthodes pratiques pour réaliser une mise en position isostatique. Nous avons appris que les 6 degrés de liberté d'une pièce sont supprimés séquentiellement par différents types d'appuis : * L'**appui plan** (3 points) supprime 3 DL. * L'**appui linéaire** (2 points) supprime 2 DL supplémentaires. * L'**appui ponctuel** (1 point) supprime le dernier DL. Cette approche "1-2-3" garantit que la pièce est immobilisée avec précision, répétabilité et sans contraintes. La maîtrise de l'isostatisme est essentielle en fabrication pour obtenir des produits de haute qualité et fiables. ## Elément de mise en position isostatique Partie 3 ### Introduction Dans les leçons précédentes (Parties 1 et 2), nous avons découvert les bases de la mise en position d'une pièce et l'importance de maîtriser ses mouvements. Aujourd'hui, nous allons approfondir la notion d'isostatisme et étudier la méthode la plus courante et efficace pour positionner une pièce de manière stable et sans contrainte : le principe de la mise en position 3-2-1. Comprendre ce principe est fondamental en analyse de fabrication pour garantir la précision de l'usinage. ### Concepts Clés #### Rappel sur les Degrés de Liberté (DDL) Avant de positionner une pièce, il faut se rappeler qu'un objet libre dans l'espace possède **6 Degrés de Liberté (DDL)**. Ces 6 DDL sont : * **3 translations** : mouvements le long des axes X, Y et Z (avant/arrière, gauche/droite, haut/bas). * **3 rotations** : mouvements de rotation autour des axes X, Y et Z (tangage, roulis, lacet). Pour pouvoir usiner une pièce avec précision, il est impératif de supprimer ces 6 DDL afin qu'elle ne puisse pas bouger du tout pendant l'opération. #### Le Principe de la Mise en Position Isostatique L'**isostatisme** est l'état d'un système où la pièce est positionnée de manière unique et rigide, sans être sur-contrainte. Cela signifie que l'on a supprimé *exactement* les 6 DDL. Ni plus, ni moins. * **Hypostatisme** : Si moins de 6 DDL sont supprimés (ex: 5 appuis), la pièce n'est pas stable et peut bouger. On dit qu'elle est *libre* ou *mal positionnée*. * **Hyperstatisme** : Si plus de 6 DDL sont supprimés (ex: 7 appuis), la pièce est *sur-contrainte*. Cela peut entraîner des déformations, des contraintes internes ou une usure prématurée des outils. C'est comme essayer de poser une table à quatre pieds sur un sol parfaitement plat : un des pieds ne touche pas toujours ou la table est bancale. Le but est donc d'atteindre un état d'isostatisme parfait. #### La Méthode de Positionnement 3-2-1 C'est la méthode la plus courante pour réaliser une mise en position isostatique. Elle consiste à utiliser trois types d'appuis qui suppriment progressivement les 6 DDL de la pièce : 1. **3 appuis plan (ou primaires)** : Ils sont placés sur la surface la plus large et la plus plane de la pièce. Ils suppriment **3 DDL** : * 1 translation (généralement Tz, empêchant la pièce de "s'enfoncer" dans le plan). * 2 rotations (généralement Rx et Ry, empêchant la pièce de "basculer"). \[ DDL_{restants} = 6 - 3 = 3 \] 2. **2 appuis linéaire (ou secondaires)** : Après les 3 appuis plan, la pièce peut encore glisser et pivoter dans le plan. On place 2 appuis sur une autre surface (généralement perpendiculaire à la première). Ils suppriment **2 DDL** supplémentaires : * 1 translation (généralement Ty, empêchant la pièce de glisser dans une direction). * 1 rotation (généralement Rz, empêchant la pièce de pivoter autour de l'axe vertical). \[ DDL_{restants} = 3 - 2 = 1 \] 3. **1 appui ponctuel (ou tertiaire)** : À ce stade, la pièce ne peut plus que glisser dans une seule direction (généralement Tx). Un dernier appui est placé sur une troisième surface (souvent perpendiculaire aux deux premières). Il supprime le dernier **1 DDL** : * 1 translation (généralement Tx, empêchant le dernier mouvement de glissement). \[ DDL_{restants} = 1 - 1 = 0 \] Au total, les 3 + 2 + 1 = 6 DDL sont supprimés. La pièce est alors **isostatique**. #### Types d'Appuis Les appuis sont les éléments qui vont entrer en contact avec la pièce pour la maintenir. Ils peuvent prendre différentes formes : * **Appuis plans** : Souvent des pastilles ou des surfaces. Ils sont essentiels pour la stabilité de base. * **Appuis linéaires** : Des broches, des règles ou des arêtes qui touchent la pièce le long d'une ligne. * **Appuis ponctuels** : Des pointes, des billes ou des petites surfaces qui touchent la pièce en un seul point. Leur emplacement est crucial pour que la mise en position soit efficace et n'induise pas de déformation. ### Vocabulaire * **Isostatisme** : État d'une pièce dont tous les degrés de liberté sont supprimés par des appuis, sans créer de contraintes internes (ni hypostatisme, ni hyperstatisme). * **Mise en position** : Action de placer et maintenir une pièce dans une position précise et stable pour une opération d'usinage ou de contrôle. * **Degré de Liberté (DDL)** : Possibilité de mouvement (translation ou rotation) d'un corps rigide dans l'espace. * **Appui** : Élément du montage qui entre en contact avec la pièce pour la maintenir et supprimer un ou plusieurs DDL. * **Appui plan (3 points)** : Appui qui supprime 3 DDL (1 translation, 2 rotations). * **Appui linéaire (2 points)** : Appui qui supprime 2 DDL (1 translation, 1 rotation) après les appuis plans. * **Appui ponctuel (1 point)** : Appui qui supprime le dernier DDL (1 translation) après les appuis linéaires. * **Hypostatisme** : Situation où la pièce a trop de DDL non supprimés, elle n'est pas stable. * **Hyperstatisme** : Situation où la pièce a trop d'appuis, créant des contraintes internes ou des déformations. * **Pièce** : Objet à usiner ou à contrôler. ### Exemples Imaginez que vous devez usiner une pièce en forme de L. Voici comment vous pourriez appliquer la méthode 3-2-1 : 1. **3 appuis plan** : Vous posez la pièce sur sa face la plus large et la plus plane. Les appuis seront des patins sur cette surface. La pièce ne peut plus "descendre" ni "basculer". 2. **2 appuis linéaire** : Vous poussez ensuite la pièce contre une butée (une sorte de "règle") qui vient en contact avec un de ses côtés. La pièce ne peut plus "glisser" dans cette direction ni "pivoter" autour de l'axe vertical. 3. **1 appui ponctuel** : Enfin, vous la poussez contre une autre butée (une "pointe" ou une "bille") sur le troisième côté, la bloquant ainsi dans la dernière direction de glissement possible. La pièce est maintenant parfaitement positionnée, prête à être usinée sans bouger. ### Exercices 1. Qu'est-ce que l'isostatisme et pourquoi est-il essentiel en fabrication ? 2. Décrivez les 6 Degrés de Liberté d'une pièce libre dans l'espace. 3. Expliquez la fonction de chacun des 3 types d'appuis (plan, linéaire, ponctuel) dans la méthode 3-2-1, en précisant combien de DDL chacun supprime. 4. Quelle est la différence entre l'hypostatisme et l'hyperstatisme ? Donnez un exemple concret pour chacun. 5. Si l'on utilise seulement 5 appuis pour positionner une pièce, quelle est la conséquence ? ### Devoir 1. Dessinez un cube et représentez-y graphiquement une mise en position isostatique 3-2-1. Indiquez clairement l'emplacement des 3 appuis plans, des 2 appuis linéaires et du 1 appui ponctuel. 2. Recherchez et décrivez un autre exemple concret de l'application du principe de l'isostatisme dans l'industrie ou la vie quotidienne (ex: un trépied photographique, le montage d'un axe, etc.). Expliquez comment les 6 DDL y sont supprimés. 3. Imaginez que vous devez usiner un cylindre. Comment mettriez-vous en position ce cylindre de manière isostatique en utilisant la méthode 3-2-1 ? Esquissez votre solution. ### Résumé La mise en position isostatique est la clé de la précision en fabrication. Elle consiste à supprimer *exactement* les 6 Degrés de Liberté d'une pièce pour la rendre parfaitement stable. La méthode 3-2-1 est la plus couramment utilisée : elle supprime 3 DDL avec des appuis plans, 2 DDL avec des appuis linéaires et 1 DDL avec un appui ponctuel. Maîtriser ce principe permet d'éviter les erreurs d'usinage dues au mouvement de la pièce ou aux contraintes excessives.

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Combien de degrés de liberté possède un solide libre dans l'espace ?
  2. 2. Quel est l'objectif principal de la mise en position isostatique d'une pièce en fabrication ?
  3. 3. Combien de degrés de liberté supprime un appui plan ?
  4. 4. Selon le principe 3-2-1, les trois premiers appuis (plan) sont principalement utilisés pour bloquer la translation sur quel axe ?
  5. 5. Quelle est la conséquence d'une mise en position sur-isostatique d'une pièce ?
  6. 6. Qu'arrive-t-il à une pièce mise en position de manière sous-isostatique ?
  7. 7. Quel type de degrés de liberté un appui linéaire (ou appui-ligne) supprime-t-il généralement ?
  8. 8. Les trois appuis primaires du principe 3-2-1 servent principalement à :
  9. 9. Les deux appuis secondaires du principe 3-2-1 (après les trois appuis primaires) ont pour fonction de bloquer :
  10. 10. L'unique appui tertiaire du principe 3-2-1 sert à bloquer :