Chapitre 1
Techniques d'analyse et de traitement d'eau (partie 1/3)
Lecture : 14 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Réaliser une analyse bactériologique de l’eau potable selon les méthodes normalisées (filtration sur membrane, incubation, comptage des colonies).
- Interpréter les résultats en termes de densité de coliformes fécaux et de streptocoques fécaux, et les comparer aux seuils de potabilité définis par l’OMS.
- Classer les pollutions de l’eau (physico‑chimiques, biologiques, organiques, minérales) et expliquer leurs origines typiques au Cameroun (eaux de surface, puits, forages).
- Décrire les étapes principales d’un traitement d’eau potable (coagulation‑floculation, sédimentation, filtration, désinfection) et justifier le choix des paramètres en fonction de la qualité brute.
- Appliquer les normes OMS (Guide for Drinking‑water Quality, 4ᵉ éd., 2017) pour évaluer la conformité d’un échantillon d’eau destinée à la consommation humaine.
- Mettre en œuvre les règles d’hygiène et de sécurité lors de la manipulation d’échantillons microbiologiques et de produits chimiques de traitement.
**Prérequis :**
- Notions de chimie générale (solutions, pH, conductivité).
- Connaissances de base en microbiologie (bactéries, milieux de culture, incubation).
- Utilisation du matériel de laboratoire (pipettes, erlenmeyer, autoclave, incubateur).
- Lecture de schémas de procédés (diagrammes de flux).
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## Introduction contextualisée
Au Cameroun, l’accès à une eau potable de qualité reste un défi majeur, surtout en milieu rural où les sources d’approvisionnement sont souvent des puits peu protégés ou des rivières soumises à des contaminations d’origine agricole et domestique. Selon le Rapport national sur l’eau et l’assainissement (MINEE, 2022), près de 38 % des ménages consomment de l’eau non conforme aux normes OMS, principalement à cause d’une charge bactérienne élevée (coliformes fécaux > 10 UFC/100 mL).
La maîtrise des techniques d’analyse et de traitement de l’eau constitue donc une compétence clé pour les techniciens en hydraulique, les agents de santé publique et les responsables de projets d’alimentation en eau potable (AEP). Ce chapitre présente, en trois leçons, les méthodes d’analyse bactériologique, le classement des pollutions et les procédés de traitement conformes aux recommandations de l’OMS, en s’appuyant sur des situations professionnelles réalistes (laboratoire régional de santé, station de traitement d’une commune du Littoral, chantier de forage dans l’Adamaoua).
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## I. Analyse bactériologique de l’eau potable
### 1. Principes et objectifs
L’analyse bactériologique vise à détecter la présence d’indicateurs de contamination fécale, notamment les **coliformes totaux**, les **coliformes fécaux** (Escherichia coli) et les **streptocoques fécaux** (Enterococcus spp.). Leur présence indique une possible contamination par des pathogènes entériques (virus, parasites, bactéries pathogènes).
> **>** La norme OMS 2017 fixe comme seuil de potabilité : **0 UFC/100 mL** pour E. coli et **0 UFC/100 mL** pour les streptocoques fécaux dans l’eau destinée à la consommation directe.
### 2. Méthode de filtration sur membrane (NF EN ISO 9308‑1)
1. **Pré‑traitement** : filtrer 100 mL d’échantillon à travers une membrane de 0,45 µm (stérile) placée dans un porte‑filtre stérile.
2. **Incubation** : déposer la membrane sur un milieu sélectif (m‑FC pour E. coli, m‑Enterococcus pour les streptocoques) et incuber à 44,5 ± 0,5 °C pendant 24 h (E. coli) ou 41,5 ± 0,5 °C pendant 48 h (streptocoques).
3. **Comptage** : après incubation, compter les colonies caractéristiques (bleues pour E. coli, roses pour les streptocoques) et exprimer le résultat en unités formant des colonies par 100 mL (UFC/100 mL).
> **>** Le volume filtré doit être noté exactement ; si le volume est inférieur à 100 mL, le résultat est corrigé par le facteur (100 mL / V filtré).
### 3. Exemple chiffré (atelier de laboratoire régional)
Un échantillon prélevé à un puits du département du Mayo‑Kebbi est filtré sur 50 mL. Après incubation, on observe 12 colonies E. coli sur la membrane.
Calcul :
\[
\text{UFC/100 mL} = \frac{12 \text{ colonies}}{50 \text{ mL}} \times 100 \text{ mL} = 24 \text{ UFC/100 mL}
\]
Résultat : 24 UFC/100 mL d’E. coli → **non conforme** (seuil OMS = 0).
### 4. Contrôles de qualité
- **Blank** : filtration d’eau stérile pour vérifier l’absence de contamination croisée.
- **Positive control** : ajout d’une suspension connue d’E. coli (10 UFC/100 mL) pour s’assurer de la viabilité du milieu.
- **Negative control** : milieu non inoculé pour détecter la croissance spontanée.
> **>** Toute colonie apparaissant sur le blank entraîne le rejet du lot d’analyses.
### 5. Sécurité et hygiène
- Porter des gants nitrile, une blouse et des lunettes de protection.
- Autoclaver les déchets biologiques (membranes, milieux usés) à 121 °C pendant 20 min.
- Désinfecter le plan de travail avec une solution d’hypochlorite de sodium à 0,5 % avant et après chaque série d’analyses.
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## II. Dénombrement et types de pollution
### 1. Classification des pollutions de l’eau
| Catégorie | Sous‑types | Origines typiques au Cameroun | Paramètres indicatifs |
|-----------|------------|------------------------------|-----------------------|
| Physico‑chimique | Turbidité, couleur, goût, odeur | Érosion des sols, lessivage des engrais, déchets industriels | NTU, Pt-Co, mg/L de Fe, Mn |
| Chimique | Inorganiques (nitrates, phosphates, métaux lourds) | Fertilisants, mines artisanales, rejets urbains | NO₃⁻ (mg/L), PO₄³⁻ (mg/L), Pb, Cd (µg/L) |
| | Organiques (pesticides, hydrocarbures) | Agriculture intensive, stations‑service, déversements d’hydrocarbures | µg/L de atrazine, BTEX |
| Biologique | Bactéries, virus, protozoaires, algues | Eaux usées domestiques, élevage, eaux de surface stagnantes | UFC/100 mL de E. coli, virus (PCR), cellules d’algues (cells/mL) |
| Radiologique | Radionucléides (uranium, radon) | Sol granitique, certaines zones minières | Bq/L |
> **>** Une eau est considérée **potable** lorsqu’elle respecte simultanément les limites physico‑chimiques, chimiques et microbiologiques définies par l’OMS (voir tableau des valeurs guides, annexe 1 du GDWQ).
### 2. Dénombrement des polluants microbiologiques
Outre le test de filtration sur membrane, on utilise :
- **Méthode du most probable number (MPN)** : séries de dilutions en tubes de EC broth (tryptone bile) pour estimer la densité des coliformes fécaux lorsqu’ils sont faibles (< 10 UFC/100 mL).
- **PCR en temps réel** : détection spécifique des gènes *uidA* (E. coli) ou *esp* (Enterococcus) pour un résultat en moins de 4 h, utile en contexte d’urgence (épidémie de choléra).
> **>** Le MPN donne une estimation avec un intervalle de confiance à 95 % ; il est préféré lorsque la densité attendue est < 10 UFC/100 mL.
### 3. Exemple de détermination MPN (station de traitement d’une ville du Centre)
On réalise cinq tubes à 10 mL, cinq à 1 mL et cinq à 0,1 mL d’échantillon dans du EC broth. Après incubation 24 h à 44,5 °C, on observe :
- 10 mL : 3 tubes positifs
- 1 mL : 1 tube positif
- 0,1 mL : 0 tube positif
En utilisant la table MPN (5‑5‑5), le résultat est **≈ 16 UFC/100 mL** d’E. coli.
### 4. Indicateurs de pollution physico‑chimique rapides
- **Turbidité** : mesurée avec un néphélomètre (NTU). Valeur guide OMS : ≤ 5 NTU (idéal ≤ 1 NTU).
- **pH** : électrode pH‑mètre, plage acceptable 6,5‑8,5.
- **Conductivité électrique** : indicateur de la charge minérale totale ; valeurs > 1500 µS/cm suggèrent une forte minéralisation ou une contamination saline.
> **>** Une turbidité élevée (> 10 NTU) protège les microorganismes des désinfectants (chlorine, UV) en les abritant dans les particules.
### 5. Sécurité lors des prélèvements
- Utiliser des bouteilles stériles en PET ou verre, pré‑rincées avec l’échantillon à prélever.
- Prélever en profondeur (30 cm sous la surface) pour éviter la contamination superficielle.
- Conserver les échantillons à 4 °C et les analyser dans les 6 h suivant le prélèvement (ou ajouter du thiosulfate de sodium pour neutraliser le chlore résiduel si présent).
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## III. Traitement d’eau potable et normes OMS
### 1. Objectifs du traitement
Éliminer ou réduire à des niveaux acceptables :
- Les matières en suspension (turbidité).
- Les substances dissoutes nocives (nitrates, métaux lourds, pesticides).
- Les microorganismes pathogènes (bactéries, virus, protozoaires).
> **>** Le traitement doit garantir une eau **sûre** (absence de risque sanitaire) et **acceptable** (goût, odeur, apparence).
### 2. Schéma de traitement conventionnel (surface water)
1. **Pré‑chloration** (optionnelle) : ajout de 0,2‑0,5 mg/L de Cl₂ pour contrôler la croissance biologique dans les conduites.
2. **Coagulation‑floculation** : injection d’un coagulant (sulfate d’aluminium Al₂(SO₄)₃·18H₂O ou chlorure ferrique FeCl₃) à 10‑30 mg/L, suivi d’un mélange rapide (100‑150 rpm, 1‑2 min) puis d’un mélange lent (20‑30 rpm, 15‑30 min) pour former des flocs.
3. **Sédimentation** : passage dans un décanteur où les flocs se déposent (vitesse de montée ≤ 1,5 m/h).
4. **Filtration** : passage sur un lit de sable anthracite (0,6‑0,8 mm) ou sable seul (0,4‑0,6 mm) à une vitesse de filtration de 5‑10 m/h.
5. **Désinfection primaire** : chloration (Cl₂) à 0,2‑0,5 mg/L résiduel libre après 30 min de contact, ou irradiation UV (dose ≥ 40 mJ/cm²) ou ozonation (0,5‑1 mg/L O₃, 5 min de contact).
6. **Stockage et distribution** : maintien d’un résidu désinfectant de 0,2‑0,5 mg/L Cl₂ libre dans le réseau pour prévenir la recontamination.
> **>** La désinfection primaire doit atteindre un **CT** (concentration × temps) d’au moins 15 mg·min/L pour le chlore libre afin d’assurer une inactivation efficace des virus (ou des pathogènes résistants) à pH ≤ 8 et température ≥ 10 °C (OMS, 2017).
### 3. Calcul du dose de coagulant (exemple de station de traitement du fleuve Sanaga)
Données :
- Débit brut Q = 200 L/s.
- Turbidité mesurée = 120 NTU.
- Dose optimale de sulfate d’aluminium déterminée par essais en jar‑test = 25 mg/L.
Calcul du débit massique du coagulant :
\[
\dot{m}_{Al_2(SO_4)_3} = Q \times C = 200 \frac{L}{s} \times 25 \frac{mg}{L} = 5000 \frac{mg}{s} = 5 \frac{g}{s}
\]
Sur une journée (86 400 s) :
\[
m_{jour} = 5 \frac{g}{s} \times 86\,400 s = 432\,000 g = 432 \,kg
\]
> **>** Il faut donc prévoir environ **432 kg/jour** de sulfate d’aluminium, soit environ **475 kg/jour** avec une marge de sécurité de 10 % pour les variations de turbidité.
### 4. Traitement des eaux souterraines (puits, forages)
Lorsque l’eau est claire (turbidité < 5 NTU) mais chargée en fer, manganèse ou arsenic :
- **Aération** (cascades ou diffuseurs) pour oxyder Fe²⁺ → Fe³⁺ et Mn²⁺ → Mn⁴⁺, suivi de filtration sur sable ou sur média manganèse greensand.
- **Adoucissement** par échange d’ions (résine Na⁺) si dureté > 15 °f.
- **Désinfection** par chloration ou UV (pas besoin de coagulation si pas de matières en suspension).
> **>** Pour l’arsenic (As), la norme OMS est 10 µg/L ; le traitement recommandé est l’adsorption sur oxyde de fer granulaire (GFO) ou l’oxydo‑réduction suivie de précipitation.
### 5. Contrôle de la qualité de l’eau traitée
- **Chlore résiduel libre** : méthode DPD (N,N‑diéthyl‑p‑phénylène diamine), lecture photométrique à 515 nm.
- **Turbidité** : néphélomètre, lecture en NTU.
- **pH** : électrode pH‑mètre.
- **Coliformes fécaux** : filtration sur membrane (comme en partie I) sur l’eau distribuée, fréquence hebdomadaire.
> **>** Le résidu de chlore libre doit être maintenu entre **0,2 et 0,5 mg/L** dans le réseau de distribution afin d’assurer une protection résiduelle contre la recontamination.
### 6. Sécurité et entretien de l’usine de traitement
- Porter des équipements de protection individuelle (EPI) lors de la manipulation des coagulants (masque anti‑poussière, gants résistants aux acides).
- Vérifier régulièrement l’étanchéité des joints et des pompes pour éviter les fuites de produits chimiques.
- Nettoyer les filtres à contre‑courant (backwash) toutes les 4‑8 h selon la perte de charge détectée (ΔP > 0,3 bar).
- Former le personnel aux procédures d’urgence (déversement de coagulant, fuite de chlore) et disposer de kits de neutralisation (thiosulfate de sodium pour le chlore, bicarbonate de soude pour les acides).
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## Synthèse du chapitre
- **Analyse bactériologique** : filtration sur membrane, incubation, comptage UFC/100 mL ; seuils OMS : 0 UFC/100 mL E. coli, 0 UFC/100 mL streptocoques fécaux.
- **Types de pollution** : physico‑chimique, chimique (inorganique/organique), biologique, radiologique ; paramètres indicatifs et méthodes de dénombrement (filtration, MPN, PCR).
- **Traitement d’eau potable** : séquence coagulation‑floculation → sédimentation → filtration → désinfection (chloration/UV/ozone) ; respect du CT ≥ 15 mg·min/L pour le chlore libre (efficacité contre les virus) ; contrôle du résidu désinfectant (0,2‑0,5 mg/L).
- **Normes OMS** : valeurs guides pour turbidité (≤ 5 NTU), pH (6,5‑8,5), nitrate (≤ 50 mg/L), arsenic (≤ 10 µg/L), coliformes fécaux (0 UFC/100 mL).
- **Sécurité** : EPI, autoclave des déchets biologiques, neutralisation des produits chimiques, conservation des échantillons à 4 °C, analyse dans les 6 h.
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## Glossaire
- **UFC** : Unité Formant de Colonie, mesure du nombre de bactéries viables capables de former une colonie sur un milieu solide.
- **CT** : Produit de la concentration du désinfectant (mg/L) par le temps de contact (min), utilisé pour évaluer l’efficacité de la désinfection.
- **MPN** : Most Probable Number, méthode statistique d’estimation de la concentration microbienne à partir de résultats de présence/absence dans des dilutions en série.
- **GFO** : Granular Ferric Oxyde, média d’adsorption utilisé pour l’élimination de l’arsenic et des métaux lourds.
- **Backwash** : Lavage à contre‑courant d’un filtre pour éliminer les particules accumulées et rétablir la perte de charge.
- **DPD** : Réactif N,N‑diéthyl‑p‑phénylène diamine, utilisé pour la mesure photométrique du chlore résiduel libre.
- **NTU** : Nephelometric Turbidity Unit, unité de mesure de la turbidité basée sur la diffusion de la lumière.
- **Al₂(SO₄)₃·18H₂O** : Sulfate d’aluminium hydraté, coagulant couramment employé dans le traitement des eaux de surface.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Analyse bactériologique d’un puits rural
Un technicien préleve 100 mL d’eau d’un puits dans la région du Nord. Après filtration sur membrane et incubation sur m‑FC à 44,5 °C pendant 24 h, il compte 4 colonies bleues (E. coli).
**a)** Calculer la concentration en UFC/100 mL.
**b)** Conclure sur la potabilité de l’eau selon la norme OMS.
**Corrigé**
a) Volume filtré = 100 mL → UFC/100 mL = (4 colonies / 100 mL) × 100 mL = **4 UFC/100 mL**.
b) La norme OMS exige 0 UFC/100 mL pour E. coli. Le résultat de 4 UFC/100 mL dépasse le seuil → **eau non potable**, nécessite un traitement de désinfection (chloration ou UV) avant distribution.
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### Exercice 2 – Dimensionnement du coagulant pour une station de traitement
Une usine de traitement reçoit un débit de 150 L/s d’eau de rivière avec une turbidité moyenne de 80 NTU. Des essais en jar‑test ont montré qu’une dose de 20 mg/L de sulfate d’aluminium permet d’atteindre une turbidité < 5 NTU après sédimentation.
**a)** Déterminer le débit massique du coagulant nécessaire (en kg/h).
**b)** Si l’usine fonctionne 20 h/jour, quelle quantité de coagulant doit être stockée pour une semaine de fonctionnement (en tonnes) ?
**Corrigé**
a) Débit massique = Q × C = 150 L/s × 20 mg/L = 3000 mg/s = 3 g/s.
Conversion en kg/h : 3 g/s × 3600 s/h = 10 800 g/h = **10,8 kg/h**.
b) Consommation journalière = 10,8 kg/h × 20 h = 216 kg/jour.
Consommation hebdomadaire = 216 kg/jour × 7 j = 1512 kg = **1,512 t**.
Il faut donc prévoir environ **1,6 t** de sulfate d’aluminium pour couvrir une semaine avec une marge de sécurité.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| # | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique |
|---|------------------|-------------|------------------------------------|
| 1 | Oublier de noter le volume filtré exact lors de l’analyse bactériologique | Sous‑ ou sur‑estimation des UFC/100 mL → mauvaise décision de potabilité | Toujours consigner le volume filtré (mL) sur la fiche d’échantillon avant incubation ; appliquer le facteur de correction si V ≠ 100 mL. |
| 2 | Utiliser un récipient non stérile pour le prélèvement d’eau destinée à l’analyse microbiologique | Contamination externe → faux positif | Utiliser des bouteilles stériles PET ou verre, pré‑rincées avec l’échantillon à prélever ; éviter de toucher l’intérieur du bouchon avec les doigts. |
| 3 | Surdoser le coagulant sans contrôle de la turbidité de sortie | Gaspi de produit chimique, augmentation des résidus d’aluminium dans l’eau traitée (risque neurotoxique) | Réaliser un jar‑test préalable ; ajuster la dose en fonction de la turbidité mesurée en sortie de sédimentation (objectif < 5 NTU). |
| 4 | Négliger le temps de contact (CT) lors de la chloration | Désinfection insuffisante → survie de pathogènes | Mesurer le résidu de chlore libre après le temps de contact prévu ; vérifier que C × T ≥ 15 mg·min/L (pH ≤ 8, T ≥ 10 °C) pour assurer une inactivation efficace des virus (ou pathogènes résistants). En cas de doute, augmenter la dose ou le temps de contact. |
| 5 | Stocker les réactifs chimiques (sulfate d’aluminium, chlore) à proximité de sources de chaleur ou de lumière directe | Dégradation du produit, libération de gaz dangereux (ex. HCl du chlore) | Conserver les produits dans des endroits frais, secs, ventilés, à l’abri du soleil ; utiliser des bacs de rétention pour éviter les débordements. |
| 6 | Ne pas effectuer de contrôle blanc lors de la filtration sur membrane | Risque de fausse positivité due à la contamination du filtre ou du milieu | Toujours réaliser un blank (filtration d’eau stérile) avec chaque lot d’échantillons ; rejeter le lot si une colonie apparaît sur le blank. |
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*Fin du cours.*
Quiz du chapitre
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