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Chapitre 7

Préserver un environnement sain au Cameroun (partie 2/4)

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce cours, l’élève sera capable de : - Décrire les caractéristiques physiques et humaines du plateau de l’Adamaoua, des basses terres du nord et des monts Mandara, ainsi que de la plaine côtière du Cameroun. - Expliquer les enjeux environnementaux liés à chaque espace (déforestation, érosion, salinisation, pression démographique). - Identifier les acteurs institutionnels et locaux intervenant dans la préservation de ces milieux (MINEE, ONCC, collectivités territoriales, ONG). - Analyser un document géographique (carte, texte, photographie) en mobilisant le vocabulaire adapté et en proposant des pistes de gestion durable. **Prérequis** : - Connaître les grandes divisions physiques du Cameroun (massifs, plateaux, plaines, côtes). - Savoir lire une carte topographique et interpréter une légende. - Avoir étudié les notions de bassin versant, de couverture végétale et de pression anthropique (cours de 4ᵉ). --- ## Introduction contextualisée Le Cameroun présente une diversité de paysages qui conditionne les modes de vie et les défis environnementaux. Après avoir étudié le relief général et le climat du pays, nous nous concentrons maintenant sur trois espaces spécifiques : le plateau de l’Adamaoua (zone de transition entre le sud forestier et le nord sahélien), les basses terres du nord et les monts Mandara (zone sahélienne soumise à la désertification), et la plaine côtière (zone d’interface terre‑mer où se concentrent activités urbaines, industrielles et agricoles). Comprendre les spécificités de chaque milieu permet d’élaborer des stratégies de préservation adaptées aux réalités locales. --- ## I. Le plateau de l’Adamaoua ### 1. Contexte géographique Le plateau de l’Adamaoua s’étend entre 6° N et 8° N, avec une altitude moyenne de 1 000 à 1 500 m. Il constitue le « toit du Cameroun » et sépare le bassin du Congo (au sud) du bassin du Lac Tchad (au nord). > **>** Le plateau de l’Adamaoua est limité au nord par le bassin du fleuve Benoué et au sud par le fleuve Sanaga. ### 2. Définitions et notions clés - **Plateau** : surface relativement élevée et peu accidentée, résultant d’un soulèvement crustal ancien. - **Soudano‑sahélien** : zone de transition climatique entre la savane soudanaise (plus humide) et le sahel (plus aride). ### 3. Acteurs et notions - **MINEE** (Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable) : élaboration du Plan d’Aménagement du Plateau de l’Adamaoua (PAPA, 2018). - **ONCC** (Office National du Changement Climatique) : suivi des émissions de gaz à effet de serre liées à l’agriculture extensives. - **Communautés locales** (peuples Mboum, Foulbé) : pratiques agro‑pastorales traditionnelles. ### 4. Faits datés et lieux précis - **1994** : création de la Réserve de Faune du Pangar‑Djéri (zone centrale du plateau de l’Adamaoua) pour protéger la savane boisée. - **2005** : lancement du projet « Agroforesterie sur l’Adamaoua » financé par la Banque Africaine de Développement (BAD). ### 5. Causes de la dégradation - **Déforestation** liée à l’expansion de l’agriculture de brûlis (culture du maïs, du manioc). - **Surpâturage** entraînant l’érosion des sols latéritiques. - **Exploitation minière artisanale** (or, diamant) provoquant la sédimentation des cours d’eau. ### 6. Conséquences - Baisse de la fertilité des sols (perte de matière organique). - Augmentation du ruissellement et des crues soudaines dans les vallées du Sanaga et de la Benoué. - Perte de biodiversité (disparition de certaines espèces d’antilopes et d’oiseaux forestiers). ### 7. Exemples concrets - Dans le département de **Vina**, les villages de **Ngaoundéré** ont adopté des haies vives d’Acacia pour fixer les sols. - Le projet **REDD+** (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation) pilote des paiements pour services environnementaux dans la zone de **Banyo**. ### 8. Tableau récapitulatif – Plateau de l’Adamaoua | Élément | Description | Date / Lieu | Acteur principal | |---------|-------------|-------------|------------------| | Altitude moyenne | 1 000‑1 500 m | Plateau de l’Adamaoua | – | | Réserve de Faune du Pangar‑Djéri | Protection de la savane boisée | 1994, zone centrale du plateau | MINEE | | Projet Agroforesterie | Intégration arbres‑cultures | 2005, Vina (Ngaoundéré) | BAD, ONCC | | Causes de dégradation | Déforestation, surpâturage, mine artisanale | En cours | Populations locales | | Mesures de préservation | Haies vives, REDD+, PAPA | 2018‑en cours | MINEE, collectivités | --- ## II. Les basses terres du nord et les monts Mandara ### 1. Contexte géographique Les basses terres du nord s’étendent au nord de 8° N, comprises entre le fleuve Logone à l’ouest et le fleuve Chari à l’est, avec des altitudes inférieures à 300 m. Les monts Mandara, situés à la frontière avec le Nigeria, culminent à plus de 1 400 m (mont Toubou). > **>** Les monts Mandara forment une chaîne de montagnes volcaniques anciennes, orientée nord‑sud. ### 2. Définitions et notions clés - **Sahélien** : climat caractérisé par une saison des pluies courte (3‑4 mois) et une longue saison sèche. - **Désertification** : dégradation des terres arides, semi‑arides et subhumides résultant de facteurs climatiques et d’activités humaines. ### 3. Acteurs et notions - **MINADER** (Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural) : programme de lutte contre la désertification (PLCD, 2012). - **PROGEDE** (Programme de Gestion Durable des Écosystèmes) : appui aux communautés pour la reconstitution du couvert végétal. - **Populations Peul et Mousgoum** : élevage transhumant et cultures de mil, sorgho. ### 4. Faits datés et lieux précis - **1994** : adoption de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (CNUDD) – le Cameroun la ratifie en 1995. - **1968** : création du Parc National de Waza (extrême nord) pour protéger la savane sahélienne. - **2015** : lancement du projet « Green Belt » le long du fleuve Logone, financé par l’UE. ### 5. Causes de la dégradation - **Surexploitation du bois de feu** pour la cuisson et l’artisanat. - **Surpâturage** des troupeaux transhumants, entraînant le tassement du sol. - **Variabilité climatique** : diminution des précipitations moyennes de 15 % entre 1970 et 2020 (source : IRD). ### 6. Conséquences - Réduction du rendement des cultures céréalières (mil, sorgho) de 20‑30 % dans les zones les plus touchées. - Augmentation des tempêtes de poussière, affectant la santé respiratoire des populations. - Migration rurale‑urbaine accrue vers les villes de Maroua et Kousséri. ### 7. Exemples concrets - Dans le département du **Mayo‑Sava**, les villages de **Gueré** ont mis en place des **zones de repos** pour le pâturage, permettant la régénération naturelle du couvert herbacé. - Le projet **AFD‑Sahel** (Agence Française de Développement) a introduit des **haies brise‑vent** d’Acacia senegal autour des champs de mil à **Mora**. ### 8. Tableau récapitulatif – Basses terres du nord & monts Mandara | Élément | Description | Date / Lieu | Acteur principal | |---------|-------------|-------------|------------------| | Altitude des basses terres | < 300 m | Nord du Cameroun (Logone‑Chari) | – | | Sommet des monts Mandara | > 1 400 m (mont Toubou) | Frontière Nigeria‑Cameroun | – | | Parc National de Waza | Protection de la savane sahélienne | 1968, extrême nord | MINEE | | PLCD (Plan de Lutte contre la Désertification) | Actions de reboisement, gestion du pâturage | 2012, nationwide | MINADER | | Projet Green Belt | Ceinture végétale le long du Logone | 2015, Logone‑Chari | UE, ONCC | | Causes de dégradation | Surexploitation du bois, surpâturage, sécheresse | En cours | Populations locales | | Mesures de préservation | Zones de repos, haies brise‑vent, reboisement | 2001‑en cours | ONCC, PROGEDE, collectivités | --- ## III. La plaine côtière ### 1. Contexte géographique La plaine côtière s’étend de la frontière nigériane (embouchure du fleuve Cross) jusqu’à la frontière guinéenne équatoriale (embouchure du fleuve Campo), sur une largeur variant de 5 à 30 km. Elle comprend le littoral atlantique, les estuaires (Wouri, Sanaga, Nyong) et les mangroves. > **>** La plaine côtière abrite plus de 60 % de la population urbaine du Cameroun (Douala, Yaoundé via le corridor ferroviaire, Kribi, Limbe). ### 2. Définitions et notions clés - **Mangrove** : écosystème forestier salé situé dans la zone intertidale, composé principalement d’espèces du genre *Rhizophora* et *Avicennia*. - **Erosion côtière** : retrait du trait de côte sous l’action des vagues, des courants et de l’élévation du niveau de la mer. - **Zone industrielle** : secteur où sont implantées des activités de transformation (huilerie, cimenterie, raffinage). ### 3. Acteurs et notions - **MINEE** : suivi de la qualité des eaux marines et élaboration du Schéma d’Aménagement de la Zone Côtière (SAZC, 2019). - **Société Nationale des Hydrocarbures (SNH)** : gestion des activités pétrolières offshore près de Kribi. - **ONG locales** (ex. : **Mangrove Action Project Cameroon**) : restauration des mangroves. - **Communautés de pêcheurs** (Bassa, Bakweri) : pratiques de pêche artisanale. ### 4. Faits datés et lieux précis - **1972** : création de la Réserve naturelle de l’estuaire du Wouri (protection des mangroves). - **1998** : marée noire du puits offshore **Kribi‑1** (déversement estimé à 150 tonnes de brut). - **2008** : inauguration du port en eau profond de Kribi (capacité 2,5 millions de tonnes/an). - **2021** : lancement du projet « Mangrove Restoration Initiative » financé par le Fonds Vert pour le Climat (GFC). ### 5. Causes de la dégradation - **Urbanisation non planifiée** : extension de Douala et de Limbe sur des zones humides. - **Pollution industrielle** : rejets d’hydrocarbures, de métaux lourds et de déchets solides dans l’estuaire du Wouri. - **Exploitation forestière illégale** : coupe de mangrove pour le bois de chauffage et la construction. - **Élévation du niveau de la mer** : estimée à 3 mm/an le long du littoral camerounais (GIEC, 2022). ### 6. Conséquences - Réduction de la superficie des mangroves de près de 40 % entre 1990 et 2020 (source : UNEP). - Augmentation du risque d’inondation lors des marées de tempête (ex. : fortes pluies et houle en 2022 ont provoqué des inondations à Limbe). - Détérioration de la pêche artisanale : baisse du rendement de 25 % pour les espèces pélagiques (sardine, mulet). - Perte de biodiversité : disparition de certaines espèces de crabes et d’oiseaux marins. ### 7. Exemples concrets - À **Douala**, le quartier de **Bonabéri** a mis en place un système de **bassins de rétention** pour limiter les débordements du fleuve Wouri pendant la saison des pluies. - Le projet **Mangrove Action Project Cameroon** a replanté plus de 500 ha de *Rhizophora racemosa* autour de l’estuaire du Sanaga entre 2019 et 2023, augmentant la capacité de sequestration carbone de 12 t CO₂/ha/an. - La **SNH** a instauré en 2020 un **plan de prévention des déversements** incluant des barrages flottants et des équipes d’intervention rapide sur le champ offshore de Kribi. ### 8. Tableau récapitulatif – Plaine côtière | Élément | Description | Date / Lieu | Acteur principal | |---------|-------------|-------------|------------------| | Largeur de la plaine | 5‑30 km | Littoral atlantique (Cross‑Campo) | – | | Mangrove moyenne | 150 000 ha (1990) → 90 000 ha (2020) | Estuaires du Wouri, Sanaga, Nyong | MINEE, ONG | | Réserve naturelle de l’estuaire du Wouri | Protection des mangroves | 1972, estuaire du Wouri | MINEE | | Marée noire Kribi‑1 | Déversement d’hydrocarbures offshore | 1998, champ Kribi‑1 | SNH | | Port en eau profonde de Kribi | Infrastructure portuaire moderne | 2008, Kribi | État camerounais, partenaires étrangers | | Projet Mangrove Restoration Initiative | Reboisement de mangrove, financement GFC | 2021‑en cours | Fonds Vert pour le Climat, ONG locales | | Causes de dégradation | Urbanisation, pollution industrielle, coupe illégale, élévation du niveau de la mer | En cours | Collectivités, industries, communautés | | Mesures de préservation | Bassins de rétention, reboisement mangrove, plans de prévention des déversements | 2008‑en cours | MINEE, SNH, ONG, mairies | --- ## Synthèse du chapitre - **Plateau de l’Adamaoua** : zone de transition soudano‑sahélienne, altitude 1 000‑1 500 m, menacé par la déforestation, le surpâturage et l’exploitation minière ; actions de préservation : agroforesterie, haies vives, REDD+, PAPA. - **Basses terres du nord & monts Mandara** : région sahélienne, altitude < 300 m (plaines) et > 1 400 m (monts), soumise à la désertification, surexploitation du bois et surpâturage ; mesures : PLCD, zones de repos pour le pâturage, haies brise‑vent, reboisement, parc de Waza. - **Plaine côtière** : littoral atlantique riche en mangroves, estuaires et zones industrielles, confrontée à l’urbanisation, la pollution, la coupe illégale de mangrove et l’élévation du niveau de la mer ; réponses : SAZC, bassins de rétention, restauration de mangrove (projet GFC), plans de prévention des déversements (SNH). - **Enjeux communs** : nécessité d’une gestion intégrée du territoire, implication des collectivités locales, suivi scientifique (IRD, ONCC) et financement international (BAD, UE, GFC). --- ## Glossaire - **Altitude** : hauteur d’un point par rapport au niveau moyen de la mer. - **Bassin versant** : territoire où toutes les eaux de pluie convergent vers un même exutoire (rivière, lac, mer). - **Déforestation** : suppression permanente du couvert forestier, généralement pour l’agriculture ou l’exploitation du bois. - **Désertification** : processus de dégradation des terres dans les zones arides, semi‑arides et subhumides, entraînant une perte de productivité. - **Écosystème** : ensemble formé par une communauté d’organismes vivants et leur environnement physique, interagissant comme un unité fonctionnelle. - **Estuaire** : partie inférieure d’un fleuve où ses eaux se mêlent à celles de la mer, caractérisé par un gradient de salinité. - **Mangrove** : forêt intertidale salée, composée d’espèces adaptées à l’immersion périodique et à la forte salinité. - **REDD+** : mécanisme visant à réduire les émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts, tout en favorisant la conservation, la gestion durable des forêts et l’augmentation des stocks de carbone. - **Sahélien** : relatif au climat du Sahel, marqué par une courte saison des pluies et une longue saison sèche. - **Zone industrielle** : secteur géographique dédié aux activités de production manufacturière, souvent associé à des infrastructures de transport et d’énergie. --- ## Étude de document / de cas **Document** : Extrait d’un rapport du MINEE (2022) sur l’état des mangroves de l’estuaire du Wouri. > *« Entre 2010 et 2020, la superficie des mangroves de l’estuaire du Wouri a diminué de 38 %, passant de 12 500 ha à 7 750 ha. Les principales causes identifiées sont la conversion en zones urbaines (45 %), l’exploitation illégale du bois de mangrove (30 %) et la pollution par les hydrocarbures (15 %). Le reste (10 %) est attribué à l’érosion naturelle liée à l’élévation du niveau de la mer. »* **Commentaire pas à pas** 1. **Identification du thème** : évolution de la couverture mangrove dans un estuaire urbain. 2. **Analyse des données** : perte de 38 % en dix ans, soit une moyenne annuelle de 3,8 %. 3. **Hiérarchisation des causes** : - Urbain (45 %) → pression démographique et manque de planification. - Exploitation illégale (30 %) → besoin de bois de chauffage, faiblesse du contrôle. - Pollution hydrocarbures (15 %) → activités portuaires et industrielles. - Érosion naturelle (10 %) → facteur climatique, moins maîtrisable. 4. **Conséquences implicites** : perte de nursery pour les poissons juvéniles, augmentation du risque d’inondation, réduction de la séquestration carbone. 5. **Réponses possibles** : - Renforcement du contrôle de l’exploitation du bois (patrouilles communautaires). - Création de zones tampons urbaines (interdiction de construction dans les zones humides). - Mise en place de stations de traitement des eaux de ballast des navires. - Programmes de reboisement communautaire avec espèces *Rhizophora* et *Avicennia*. 6. **Lien avec le cours** : cet exemple illustre les causes et conséquences étudiées pour la plaine côtière, ainsi que les acteurs (MINEE, ONG, collectivités) pouvant intervenir. --- ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Titre** : « Évaluer l’efficacité des politiques de lutte contre la désertification dans les basses terres du nord du Cameroun. » **Plan détaillé** I. **Contexte géographique et climatique** - Présentation des basses terres du nord et des monts Mandara (altitude, pluviométrie). - Notion de désertification et facteurs naturels (variabilité pluviométrique). II. **Politiques publiques mises en œuvre** - Plan de Lutte contre la Désertification (PLCD, 2012) : objectifs, actions (reboisement, gestion du pâturage). - Programmes internationaux : PROGEDE, Green Belt, financement UE/GFC. - Rôle des collectivités locales et des ONG (zones de repos, haies brise‑vent). III. **Résultats et limites** - Améliorations observées : augmentation du couvert végétal de 12 % dans certaines zones pilotes (rapport ONCC 2021). - Persistances des pressions : croissance démographique, demande en bois de feu, faiblesse de l’application des sanctions. - Évaluation critique : besoin d’intégration du développement économique (alternatives énergétiques) et de suivi à long terme. IV. **Conclusion** - Les politiques ont permis des avancées locales mais restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène ; recommandation d’une approche multisectorielle et de renforcement de la gouvernance locale. ### Sujet 2 – Commentaire de document **Document** : Carte climatique du Cameroun (isohyètes 1000 mm, 1500 mm, 2000 mm) accompagnée d’un texte décrivant la répartition des cultures vivrières (maïs, manioc, mil, sorgho) selon les zones de pluviométrie. **Consigne** : Montrer comment le climat influence le choix des cultures et proposer une adaptation face aux changements climatiques prévus. **Plan de réponse** 1. **Description du document** - Localisation des isohyètes et corrélation avec les régions agricoles. - Présentation des cultures dominantes dans chaque bande de pluviométrie. 2. **Analyse** - Relation entre disponibilité en eau et besoins des espèces (maïs et manioc nécessitent > 1200 mm, mil et sorgho tolèrent < 800 mm). - Impact de la variabilité interannuelle observée depuis les années 1990 (baisse de 10‑15 % des précipitations dans le nord). 3. **Adaptation proposée** - Introduction de variétés résistantes à la sécheresse (mil amélioré, sorgho à cycle court). - Diversification des systèmes de culture (agroforesterie, cultures de couverture). - Amélioration de la gestion de l’eau (bauges, micro‑bassins, irrigation goutte‑à‑goutte). - Sensibilisation des agriculteurs aux prévisions climatiques saisonnières (services de l’ANACIM). 4. **Conclusion** - L’adaptation des pratiques culturales est essentielle pour maintenir la sécurité alimentaire face au changement climatique ; elle doit s’appuyer sur la recherche, la vulgarisation et le soutien des politiques publiques. ### Sujet 3 – Question de cours **Question** : « Définissez la notion de bassin versant et expliquez son importance dans la gestion de l’eau et la prévention des risques d’inondation au Cameroun, en illustrant votre réponse par deux exemples concrets. » **Réponse attendue** - Définition : territoire où toutes les eaux de surface convergent vers un même exutoire. - Importance : unité de gestion hydrologique permettant de suivre la quantité et la qualité de l’eau, de planifier les aménagements (barrages, zones d’expansion de crue) et de prévenir les pollutions. - Exemple 1 : Bassin du fleuve **Bénoué** – aménagement du barrage de Lagdo (1982) pour réguler le débit, produire de l’hydroélectricité et réduire les crues en aval. - Exemple 2 : Bassin du fleuve **Logone** – création de zones d’inondation contrôlées autour de la ville de Maroua pour absorber les crues saisonnières et protéger les terres agricoles. --- ## Erreurs fréquentes 1. **Confondre plateau et montagne** : certains élèves décrivent le plateau de l’Adamaoua comme une chaîne de montagnes alors qu’il s’agit d’une surface relativement peu accidentée. 2. **Attribuer la désertification uniquement au climat** : ils oublient le rôle déterminant de la surexploitation du bois et du surpâturage dans la dégradation des terres du nord. 3. **Confondre mangrove et forêt de galerie** : la mangrove est un écosystème salé intertidal, tandis que la forêt de galerie se développe le long des cours d’eau douce en zone de savane. 4. **Sous‑estimer l’impact de l’élévation du niveau de la mer** : ils considèrent que l’érosion côtière est due uniquement aux vagues, négligeant la contribution de l’élévation du niveau de la mer (≈ 3 mm/an). 5. **Mélanger les acteurs** : attribuer à la SNH la gestion des mangroves alors que son rôle principal concerne les hydrocarbures offshore ; la gestion des mangroves relève du MINEE et des ONG. 6. **Oublier l’échelle locale** : présenter les politiques nationales sans mentionner la mise en œuvre par les collectivités territoriales ou les communautés villageoises, ce qui conduit à une analyse incomplète. --- > **>** Le plateau de l’Adamaoua se situe entre 1 000 et 1 500 m d’altitude. > **>** Les basses terres du nord reçoivent moins de 600 mm de pluie par an en moyenne. > **>** La plaine côtière abrite plus de 60 % de la population urbaine du Cameroun. > **>** La perte de mangrove de l’estuaire du Wouri a été de 38 % entre 2010 et 2020. > **>** Le projet REDD+ pilote des paiements pour services environnementaux dans la zone de Banyo. > **>** Le Parc National de Waza a été créé en 1968 pour protéger la savane sahélienne. > **>** Le barrage de Lagdo, construit en 1982, régule le débit du fleuve Bénoué. > **>** Les haies brise‑vent d’Acacia senegal sont utilisées autour des champs de mil à Mora. --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est l’altitude typique du plateau de l’Adamaoua ?
  2. 2. Quelle culture de rente est principalement cultivée dans la plaine côtière camerounaise ?
  3. 3. De quelle origine géologique proviennent principalement les monts Mandara ?
  4. 4. Dans le plateau de l’Adamaoua, quelle tranche d’altitude est la plus adaptée à la culture du café ?
  5. 5. Dans les basses terres du nord, la transhumance est principalement pratiquée pour faire face à laquelle contrainte environnementale ?
  6. 6. La perte de mangroves due à l’expansion de la crevetticulture sur la côte camerounaise entraîne principalement quel effet écologique ?
  7. 7. Si la pluviométrie moyenne du plateau de l’Adamaoua est de 1500 mm/an et celle de la plaine côtière de 3000 mm/an, quel est le pourcentage d’augmentation de la pluie sur la plaine par rapport au plateau ?
  8. 8. Quel serait l’impact le plus probable de la construction d’un barrage sur la rivière Bénoué dans les basses terres du nord ?
  9. 9. Quel facteur est le plus déterminant pour le succès des programmes de reboisement visant à lutter contre l’érosion des sols sur le plateau de l’Adamaoua ?
  10. 10. Face à la montée du niveau de la mer et à l’intrusion d’eau salée dans les terres agricoles de la plaine côtière, quelle stratégie d’adaptation est la plus appropriée ?