Chapitre 10
L'industrie au Cameroun : potentiel énergétique et minier, crise et types d'industries
Lecture : 3 minQuiz de 8 questions
## Introduction
Le Cameroun dispose d'atouts naturels considérables pour développer une industrie forte : un potentiel énergétique important et des réserves minières variées. Pourtant, l'appareil industriel national reste dominé par les agro-industries et les petites et moyennes entreprises (PME), l'industrie lourde demeurant minoritaire. Le pays a en outre connu, à partir de la fin des années 1980, une grave crise économique qui a fragilisé de nombreuses unités de production.
## I. Un potentiel énergétique et minier considérable
### 1. Le potentiel énergétique
Le Cameroun possède l'un des plus importants potentiels hydroélectriques d'Afrique, grâce à son réseau hydrographique dense :
- des **barrages hydroélectriques** majeurs : Edéa et Song Loulou sur la Sanaga, Lagdo sur la Bénoué, et des ouvrages plus récents comme Memve'ele, Lom Pangar et Nachtigal ;
- un potentiel encore largement sous-exploité en **énergie solaire**, notamment dans les régions septentrionales fortement ensoleillées ;
- des **centrales à gaz**, à l'image de la centrale de Kribi, qui exploite le gaz naturel offshore.
### 2. D'importantes réserves minières
Le sous-sol camerounais recèle des gisements importants mais encore peu exploités :
- la **bauxite**, notamment dans la région de l'Adamaoua (Minim-Martap, Ngaoundal) ;
- le **fer**, en particulier dans la région de l'Est et du Sud (gisements de Mbalam, Kribi) ;
- des **terres rares**, ressources stratégiques dont l'exploitation reste embryonnaire.
> À retenir : une **zone industrielle** est un espace aménagé par les pouvoirs publics et réservé à l'implantation d'entreprises industrielles, généralement à proximité d'infrastructures de transport et d'énergie (exemples : zones industrielles de Bassa et de Bonabéri à Douala).
## II. Un élan industriel brisé par la crise
Après une phase de développement industriel relativement dynamique dans les décennies suivant l'indépendance, le Cameroun a connu à partir de la fin des années 1980 une sévère crise économique, aggravée par la chute des cours des matières premières et la dévaluation du franc CFA en 1994. Cette crise s'est traduite par :
- la **fermeture de nombreuses unités industrielles**, notamment dans les secteurs textile et de la première transformation ;
- des plans d'ajustement structurel imposant privatisations et restructurations des entreprises publiques ;
- un ralentissement durable des investissements industriels, dont le pays peine encore à se relever pleinement.
## III. Les types d'industries présentes au Cameroun
### 1. Des industries lourdes minoritaires
Peu nombreuses, les industries lourdes occupent néanmoins une place stratégique :
- **ALUCAM** (Compagnie camerounaise de l'aluminium), implantée à Edéa depuis 1957, transforme l'alumine importée en aluminium grâce à l'électricité des barrages voisins ;
- **DANGOTE Cement**, filiale du groupe nigérian Dangote, produit du ciment à Douala ;
- **CIMENCAM**, autre grand cimentier historique, présent notamment à Bonabéri (Douala) et Figuil (Nord).
### 2. La prédominance des agro-industries et des PME
L'essentiel du tissu industriel camerounais reste toutefois composé :
- d'**agro-industries** transformant les productions agricoles locales (huileries, sucreries, brasseries, usines de cacao et de café) ;
- d'une multitude de **PME** dans l'agroalimentaire, le textile, le bois et les matériaux de construction, souvent concentrées dans les grandes zones industrielles de Douala.
## Conclusion
L'industrie camerounaise s'appuie sur un potentiel énergétique et minier remarquable, encore largement sous-exploité. Fragilisée par la crise des années 1980-1990, elle reste dominée par les agro-industries et les PME, tandis que les industries lourdes comme ALUCAM, DANGOTE ou CIMENCAM demeurent minoritaires mais structurantes pour l'économie nationale.
Quiz du chapitre
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