Chapitre 15
L’intégrité morale
Lecture : 18 minQuiz de 16 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Définir avec précision le concept d’intégrité morale et en distinguer les dimensions (personnelle, professionnelle, citoyenne).
- Expliquer les fondements philosophiques (kantisme, aristotélisme) et les références africaines (ubuntu, palaver) qui sous‑tendent cette notion.
- Identifier les principales institutions camerounaises chargées de promouvoir et de préserver l’intégrité morale, ainsi que leurs missions légales.
- Analyser les enjeux de l’intégrité morale en milieu scolaire, reconnaître les formes de fraude académique et proposer des mesures de prévention adaptées.
- Mobiliser un vocabulaire spécifique (déontologie, éthique, corruption, conflit d’intérêts, etc.) dans des productions écrites ou orales.
- Élaborer un plan de dissertation ou de commentaire conforme aux attentes de l’épreuve du Probatoire.
**Prérequis :**
- Notions de base en éducation civique et morale (valeurs de la République, droits et devoirs du citoyen).
- Connaissance du fonctionnement des institutions publiques camerounaises (exécutif, législatif, judiciaire).
- Capacité à lire et à interpréter un texte court (extrait de loi, discours, article de presse).
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## Introduction contextualisée
L’intégrité morale constitue un pilier du vivre‑ensemble et du développement durable. Au Cameroun, comme dans de nombreux États africains, la quête de transparence, d’honnêteté et de respect des règles éthiques apparaît comme une réponse aux défis de la corruption, du népotisme et de la fraude scolaire. Le programme officiel de l’ECM en Première place cette thématique au cœur de la formation citoyenne, afin que les futurs bacheliers puissent non seulement comprendre les mécanismes qui garantissent l’intégrité, mais aussi agir en tant qu’acteurs responsables dans leur milieu scolaire, professionnel et communautaire.
Le présent cours s’appuie sur les trois leçons du programme : la conceptualisation de l’intégrité morale, l’étude des institutions qui la promeuvent et la préservent, et enfin son application concrète en milieu scolaire à travers un travail dirigé (TD2). Chaque partie est enrichie d’exemples camerounais et africains, de références théoriques, de tableaux récapitulatifs et d’une étude de document afin de préparer l’élève à l’examen du Probatoire.
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## I. Leçon 3 : Le concept d’intégrité morale
### A. Définition et dimensions
> **Intégrité morale** : qualité d’une personne qui agit conformément à ses principes éthiques, même lorsqu’elle n’est pas observée, et qui refuse de compromettre ses valeurs pour un avantage personnel ou matériel.
L’intégrité morale se décline en trois dimensions interdépendantes :
1. **Intégrité personnelle** – cohérence entre les convictions intérieures et les comportements quotidiens (ex. : dire la vérité même lorsqu’elle est inconvenante).
2. **Intégrité professionnelle** – respect des règles déontologiques propres à un métier (ex. : secret médical, impartialité du juge).
3. **Intégrité citoyenne** – contribution au bien‑commun par le respect des lois, la participation civique et la lutte contre les pratiques corruptrices.
### B. Fondements philosophiques et africains
- **Philosophie occidentale** :
- *Immanuel Kant* (1724‑1804) définit l’intégrité comme l’action conforme à la loi morale universelle, dictée par la raison pratique (« agis uniquement selon la maxime qui puisse vouloir devenir une loi universelle »).
- *Aristote* (384‑322 av. J‑C.) relie l’intégrité à la vertu de *phronesis* (sagesse pratique) qui permet de choisir le juste milieu entre les excès.
- **Pensée africaine** :
- Le concept d’*ubuntu* (« je suis parce que nous sommes ») met l’accent sur la responsabilité envers la communauté ; agir avec intégrité sert le bien du groupe.
- Le *palaver* (assemblée de palabre) traditionnel repose sur la sincérité et la recherche du consensus, excluant la tromperie.
### C. Facteurs favorisant ou menaçant l’intégrité morale
| Facteur favorable | Facteur menaçant |
|-------------------|------------------|
| Éducation civique précoce | Pression du résultat (ex. : notes, promotions) |
| Modèles de référence intègres | Culture du « faites‑comme‑vous‑pouvez » |
| Mécanismes de contrôle transparents | Impunité et manque de sanctions |
| Valorisation du mérite | Népotisme et clientélisme |
| Liberté d’expression protégée | Censure et répression des lanceurs d’alerte |
### D. Exemples concrets (Cameroun, Afrique)
- Au Cameroun, un journaliste a refusé de publier un article commandité qui aurait dénaturé les faits, illustrant l’intégrité professionnelle malgré des pressions économiques.
- En Afrique du Sud, la Commission Vérité et Réconciliation a montré comment l’intégrité personnelle des témoins (aveux volontaires) a permis un processus de guérison nationale.
- Dans plusieurs établissements scolaires du Littoral, des chartes de bonne conduite ont été signées par les élèves, contribuant à une diminution observée des cas de plagiat.
#### Tableau récapitulatif I – Leçon 3
| Élément | Contenu clé | Exemple camerounais |
|---------|-------------|---------------------|
| Définition | Conformité aux principes éthiques même sans témoin | Refus de corrompre un examinateur |
| Fondements | Kant, Aristote, ubuntu, palaver | Discours du Ministre de l’Éducation sur l’ubuntu scolaire |
| Dimensions | Personnelle, professionnelle, citoyenne | Respect du secret de la confession (professionnelle) |
| Facteurs | Éducation, modèles, contrôle, mérite, liberté | Programme d’éducation aux valeurs dans les écoles primaires |
| Risques | Pression du résultat, impunité, népotisme, censure | Cas de notes gonflées dans certains lycées privés |
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## II. Leçon 4 : Les institutions de promotion et de préservation de l’intégrité morale au Cameroun
### A. Institutions étatiques
1. **Commission Nationale Anti‑Corruption (CONAC)** – créée en 2006 par la loi n° 2006/018 du 19 juillet 2006 portant prévention et répression de la corruption, puis organisée par le décret n° 2011/408 du 23 juillet 2011, chargée de prévenir, détecter et sanctionner les faits de corruption et d’enrichissement illicite.
2. **Ministère de la Justice** – veille à l’application du Code pénal et du Code de procédure pénale concernant les infractions contre l’intégrité (corruption, trafic d’influence, faux et usage de faux).
3. **Chambre des Comptes de la Cour Suprême** – contrôle la régularité des finances publiques et publie des rapports d’audit qui dénoncent les détournements.
4. **Haut Conseil pour la Communication (HCC)** – garantit la liberté de la presse et sanctionne les atteintes à l’éthique journalistique (désinformation, diffamation).
### B. Institutions indépendantes et de la société civile
- **Observatoire National de la Lutte contre la Corruption (ONLCC)** – organisme de suivi qui publie des indicateurs de perception de la corruption et propose des réformes.
- **Réseau des Organizations de la Société Civile pour la Bonne Gouvernance (ROSCBG)** – coalition d’ONG qui mène des campagnes de sensibilisation et des actions de plaidoyer auprès du Parlement.
- **Clubs d’intégrité scolaire** – initiatives locales soutenues par les délégations régionales de l’Éducation de base, où les élèves élaborent des chartes de bonne conduite et organisent des débats sur l’éthique.
### C. Mécanismes juridiques et procédures
- **Loi n° 2006/018 du 19 juillet 2006** portant prévention et répression de la corruption.
- **Décret n° 2011/408 du 23 juillet 2011** fixant les attributions de la CONAC.
- **Code de déontologie de la fonction publique** (arrêté n° 2015/023 du 12 février 2015) qui impose le devoir de réserve, l’impartialité et la déclaration des intérêts.
- **Procédure de déclaration de patrimoine** obligatoire pour les hauts fonctionnaires (prévue par la loi n° 2006/018 du 19 juillet 2006 et le code de déontologie de la fonction publique).
### D. Rôle de l’éducation et des médias
- L’éducation civique et morale (ECM) intègre des modules sur l’intégrité dès le primaire, avec des activités pratiques (jeux de rôle, simulations de procès).
- Les médias publics (CRTV, Cameroon Tribune) diffusent des émissions d’enquête sur la bonne gouvernance, tandis que les radios communautaires relaient des témoignages de lanceurs d’alerte.
#### Tableau récapitulatif II – Leçon 4
| Institution | Type | Mission principale | Référence légale |
|-------------|------|--------------------|------------------|
| CONAC | Étatique | Prévention et sanction de la corruption | Loi n° 2006/018 du 19 juillet 2006 ; Décret n° 2011/408 du 23 juillet 2011 |
| Ministère de la Justice | Étatique | Application du droit pénal | Constitution, Code pénal |
| Chambre des Comptes | Étatique | Contrôle des finances publiques | Loi organique n° 2008/001 du 10 janvier 2008 |
| HCC | Étatique | Garantie de l’éthique médiatique | Loi n° 90/055 du 19 décembre 1990 |
| ONLCC | Indépendante | Suivi et perception de la corruption | Décret n° 2008/125 du 20 février 2008 |
| ROSCBG | Société civile | Plaidoyer et sensibilisation | Statuts d’association (loi n° 90/053 du 19 décembre 1990) |
| Clubs d’intégrité scolaire | Scolaire | Éducation à l’éthique en milieu éducatif | Circulaire MINEDUB 2020 |
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## III. TD2 : l’intégrité morale en milieu scolaire
### A. Définition et enjeux scolaires
> **Intégrité morale scolaire** : attitude de l’élève, du personnel enseignant et administratif qui respecte les règles d’honnêteté académique, de respect d’autrui et de responsabilité citoyenne au sein de l’établissement.
Les enjeux sont multiples : garantir la valeur des diplômes, prévenir le découragement des travailleurs honnêtes, former des futurs citoyens capables de résister à la corruption, et préserver la réputation de l’institution.
### B. Pratiques de fraude et de tricherie
- **Plagiat** : copie non attribuée d’un texte ou d’une idée.
- **Fraude aux examens** : utilisation de notes, de smartphones ou de complices.
- **Falsification de notes** : modification illégale des bulletins par un élève ou un enseignant.
- **Corruption passive** : échange de faveurs (notes, recommandations) contre des avantages matériels ou sociaux.
Selon une enquête du MINEDUB réalisée en 2021 dans les régions du Centre et de l’Ouest, une proportion notable d’élèves de seconde reconnaît avoir triché au moins une fois lors d’un contrôle continu.
### C. Dispositifs de prévention et de sanction
1. **Charte d’intégrité** élaborée conjointement par les délégués des élèves, les professeurs et la vie scolaire ; affichée dans les couloirs et signée en début d’année.
2. **Surveillance renforcée** lors des épreuves (désinfection des salles, interdiction des appareils électroniques, présence de deux surveillants).
3. **Conseil de discipline** chargé d’examiner les cas de fraude avérée et d’appliquer les sanctions prévues par le règlement intérieur (avertissement, exclusion temporaire, voire définitive).
4. **Programmes de sensibilisation** : ateliers sur le plagiat, conférences avec des anciens lauréats ayant refusé de tricher, création d’un « prix de l’intégrité » récompensant le meilleur projet citoyen de l’année.
### D. Initiatives camerounaises exemplaires
- **Lycée Bilingue de Yaoundé** : mise en place d’un « club d’intégrité » qui organise chaque trimestre un débat sur des cas réels de corruption détectés dans la presse locale.
- **École Publique de Bertoua** : expérimentation d’un système de notation anonyme pour les devoirs maison, réduisant les risques de favoritisme.
- **Université de Douala** : création d’une cellule d’éthique de la recherche qui valide les protocoles avant tout financement externe, empêchant ainsi les conflits d’intérêts.
### E. Étude de document / de cas
> **Document** : Extrait du règlement intérieur du Lycée Technique de Ngaoundéré (article 12) :
> « Tout élève reconnu coupable de plagiat ou de fraude lors d’une évaluation sera sanctionné d’un avertissement écrit pour la première faute, d’une exclusion de trois jours pour la deuxième faute et d’un conseil de discipline pouvant conduire à une exclusion définitive pour la troisième faute. »
**Commentaire pas à pas**
1. **Identification du texte** – Il s’agit d’une disposition réglementaire interne visant à garantir l’honnêteté académique.
2. **Analyse du vocabulaire** – « plagiat » (reproduction sans attribution), « fraude » (toute manœuvre destinée à obtenir un avantage illégal), « avertissement écrit » (sanction pédagogique), « exclusion de trois jours » (mesure disciplinaire temporaire), « conseil de discipline » (organe décisionnel).
3. **Mise en relation avec le cours** – Cette règle traduit la dimension professionnelle de l’intégrité (respect des règles d’évaluation) et la dimension citoyenne (application d’une sanction proportionnée).
4. **Évaluation de l’efficacité** – La progressivité de la sanction vise à éduquer plutôt qu’à punir exclusivement ; toutefois, son efficacité dépend de la rigueur de la surveillance et de la formation des surveillants.
5. **Proposition d’amélioration** – Ajouter un volet réparateur (ex. : devoir de réflexion sur l’importance de l’honnêteté) et prévoir une formation annuelle des enseignants sur la détection du plagiat assisté par logiciel.
#### Tableau récapitulatif III – TD2
| Aspect | Description | Exemple camerounais |
|--------|-------------|---------------------|
| Définition scolaire | Respect des règles d’honnêteté et de responsabilité dans l’établissement | Charte d’intégrité du Lycée de Bafoussam |
| Pratiques fréquentes | Plagiat, fraude aux examens, falsification de notes, corruption passive | Cas de notes gonflées au Lycée Technique de Kumba |
| Prévention | Chartes, surveillance, conseil de discipline, sensibilisation | Ateliers anti‑plagiat au Collège Protestant de Yaoundé |
| Sanctions | Avertissement, exclusion temporaire, exclusion définitive | Règlement intérieur du Lycée Technique de Ngaoundéré |
| Initiatives locales | Clubs d’intégrité, notation anonyme, cellule d’éthique de la recherche | Club d’intégrité du Lycée Bilingue de Yaoundé |
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## Synthèse du chapitre
- L’intégrité morale est la conformité constante à des principes éthiques, même en l’absence de contrôle extérieur.
- Elle s’appuie sur des fondements philosophiques (Kant, Aristote) et africains (ubuntu, palaver).
- Trois dimensions : personnelle, professionnelle, citoyenne.
- Facteurs favorables : éducation civique, modèles intègres, contrôles transparents, mérite, liberté d’expression.
- Facteurs menaçant : pression du résultat, impunité, népotisme, censure.
- Au Cameroun, la CONAC, le Ministère de la Justice, la Chambre des Comptes, le HCC, l’ONLCC, la ROSCBG et les clubs d’intégrité scolaire sont les acteurs principaux.
- Cadre juridique : loi anti‑corruption de 2006, décret portant attributions de la CONAC, code de déontologie de la fonction publique, procédure de déclaration de patrimoine (prévue par la loi n° 2006/018 et le code de déontologie).
- En milieu scolaire, l’intégrité se manifeste par le respect des règles d’honnêteté académique ; les fraudes les plus répandues sont le plagiat, la fraude aux examens et la falsification de notes.
- Dispositifs de prévention : chartes d’intégrité, surveillance renforcée, conseil de discipline, sensibilisation, clubs d’intégrité.
- Sanctions graduées : avertissement, exclusion temporaire, exclusion définitive.
- Initiatives camerounaises exemplaires montrent que l’implication des élèves et des enseignants améliore significativement le climat d’intégrité.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| Intégrité morale | Qualité d’agir conformément à ses principes éthiques même sans témoin externe. |
| Déontologie | Ensemble des règles régissant les devoirs et les interdits propres à une profession. |
| Éthique | Réflexion sur ce qui est bien ou mal, juste ou injuste, dans le comportement humain. |
| Corruption | Abus d’un pouvoir conféré à des fins d’enrichissement personnel ou de faveur illégale. |
| Népotisme | Favorisation de proches ou de membres de la famille dans l’attribution d’avantages ou de postes. |
| Clientélisme | Échange de services ou de faveurs contre un soutien politique ou électoral. |
| Lanceur d’alerte | Personne qui révèle, de bonne foi, une illégalité ou un danger au sein d’une organisation. |
| Charte d’intégrité | Document signé par les membres d’une communauté établissant les engagements d’honnêteté et de respect. |
| Conseil de discipline | Instance chargée d’examiner les manquements au règlement intérieur et de proposer des sanctions. |
| Plagiat | Reproduction, totale ou partielle, d’une œuvre sans en citer la source. |
| Fraude aux examens | Tout moyen illégal utilisé pour obtenir un avantage lors d’une évaluation. |
| Falsification de notes | Modification illégale des résultats scolaires par un élève ou un personnel. |
| Ubuntu | Philosophie africaine mettant l’accent sur l’interdépendance des personnes (« je suis parce que nous sommes »). |
| Palaver | Assemblée traditionnelle de discussion visant à résoudre un conflit par le dialogue et la sincérité. |
| Déclaration de patrimoine | Obligation pour certains fonctionnaires de déclarer leurs biens et revenus afin de prévenir les conflits d’intérêts. |
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## Méthode et sujets type examen
### Sujet 1 – Dissertation
**Intitulé** : « L’intégrité morale est‑elle une condition suffisante pour lutter contre la corruption au Cameroun ? »
**Plan détaillé**
I. **L’intégrité morale comme fondement de la lutte contre la corruption**
A. Définition et lien intrinsèque entre intégrité et refus de la corruption.
B. Apports des philosophes (Kant : devoir moral ; Aristote : vertu de justice).
C. Références africaines (ubuntu : responsabilité collective).
II. **Limites de l’intégrité morale lorsqu’elle est isolée**
A. Pression du système (népotisme, clientélisme, impunité).
B. Besoin de cadres juridiques et institutionnels (CONAC, lois anti‑corruption).
C. Exemple camerounais : cas où des fonctionnaires intègres sont marginalisés malgré leur honnêteté.
III. **Une approche complémentaire : intégrité + mécanismes de contrôle**
A. Renforcement de l’éthique par la formation continue (ECM, clubs d’intégrité).
B. Renforcement des organes de contrôle (audits, Chambre des Comptes, déclaration de patrimoine).
C. Proposition : créer un dispositif de protection des lanceurs d’alerte couplé à une récompense civique.
**Conclusion** : L’intégrité morale est nécessaire mais non suffisante ; elle doit être soutenue par un cadre juridique fort et une culture de la responsabilité collective.
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### Sujet 2 – Commentaire de document
**Document** : Extrait de la loi n° 2006/018 du 19 juillet 2006 portant prévention et répression de la corruption, article 5 : « Tout fonctionnaire qui sollicite, accepte ou reçoit un avantage indu, directement ou indirectement, en raison de ses fonctions, est puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de cinq cent mille à cinq millions de francs CFA. »
**Plan de commentaire**
1. **Contextualisation** – Présenter la loi anti‑corruption de 2006, son objectif général et sa place dans l’arsenal juridique camerounais.
2. **Analyse du texte** – Décomposer l’article :
- Sujet : « Tout fonctionnaire » (large champ d’application).
- Acte prohibé : sollicitation, acceptation, réception d’un avantage indu.
- Critère : « en raison de ses fonctions » (lien de causalité).
- Sanction : peine d’emprisonnement et amende (graduée).
3. **Interprétation** – Montrer comment cet article traduit le principe d’intégrité professionnelle (interdiction de tirer profit de sa position).
4. **Évaluation de l’efficacité** – Citer des statistiques de la CONAC (nombre de poursuites, taux de condamnation) et discuter des obstacles (difficulté de preuve, corruption procédurale).
5. **Ouverture** – Proposer une réforme : introduire une protection spécifique pour les fonctionnaires qui refusent de céder à la corruption (statut de lanceur d’alerte interne).
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### Sujet 3 – Question de cours
**Intitulé** : « Expliquez, en vous appuyant sur des exemples camerounais, comment les institutions de promotion de l’intégrité morale contribuent à la prévention de la fraude scolaire. »
**Plan de réponse**
- **Introduction** – Définir l’intégrité morale scolaire et rappeler son importance pour la valeur des diplômes.
- **I. Le rôle de la CONAC et du Ministère de la Justice**
* Actions de sensibilisation dans les établissements (conférences, affiches).
* Collaboration avec les inspections académiques pour contrôler les procédures d’examen.
- **II. L’action du HCC et des médias**
* Campagnes de lutte contre le plagiat diffusées à la radio communautaire.
* Publication d’enquêtes sur les réseaux de triche dans certains lycés.
- **III. Les initiatives de la société civile et des clubs d’intégrité**
* Exemple du club d’intégrité du Lycée Bilingue de Yaoundé qui organise des ateliers de rédaction avec citation correcte.
* Impact mesuré : diminution observée des cas de plagiat signalés.
- **IV. Le cadre réglementaire intérieur des établissements**
* Chartes d’intégrité, conseils de discipline, sanctions graduées.
* Exemple du règlement du Lycée Technique de Ngaoundéré (article 12) montrant la progressivité des sanctions.
- **Conclusion** – Synthèse : la prévention efficace de la fraude scolaire résulte d’une synergie entre l’action étatique, le contrôle médiatique, l’engagement de la société civile et la mise en œuvre de règles claires au sein des établissements.
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## Erreurs fréquentes
| Erreur fréquente | Pourquoi elle est fausse | Correction |
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| Confondre **intégrité morale** avec **simple honnêteté** | L’intégrité implique une cohérence durable entre valeurs profondes et actions, pas seulement la vérité ponctuelle. | L’intégrité morale est la stabilité de l’éthique personnelle, professionnelle et citoyenne dans le temps. |
| Penser que la **CONAC** peut sanctionner directement les élèves pour fraude scolaire | La CONAC intervient surtout dans la fonction publique et la corruption financière ; la fraude scolaire relève du ministère de l’Éducation et du règlement intérieur des établissements. | La lutte contre la fraude scolaire relève principalement du MINEDUB, des inspections académiques et des conseils de discipline des établissements. |
| Croire que **l’ubuntu** est une notion exclusivement religieuse | L’ubuntu est une philosophie sociale africaine mettant l’accent sur l’interdépendance humaine, indépendante de toute confession. | L’ubuntu se manifeste dans les pratiques communautaires de solidarité, de dialogue et de responsabilité collective, pas seulement dans un contexte religieux. |
| Supposer que **la déclaration de patrimoine** suffit à éliminer la corruption | Elle augmente la transparence mais ne prévient pas les conflits d’intérêts ni les pratiques occultes sans contrôles efficaces. | La déclaration doit être couplée à des vérifications indépendantes, des sanctions pour fausse déclaration et une culture du contrôle interne. |
| croire que **le plagiat** n’est qu’une faute mineure sans conséquences graves | Le plagiat remet en cause la valeur du diplôme, décourage le travail honnête et peut entraîner des sanctions lourdes (exclusion, annulation de diplômes). | Au Cameroun, le plagiat peut conduire à un avertissement, une exclusion temporaire ou définitive selon la gravité et la récidive. |
| Penser que **les clubs d’intégrité** sont uniquement destinés aux élèves les meilleurs | Leur objectif est de sensibiliser tous les élèves, y compris ceux en difficulté, à l’importance de l’éthique. | Les clubs sont ouverts à tous et proposent des activités adaptées (débats, ateliers de rédaction, jeux de rôle) pour toucher un large public. |
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*Ce cours a été conçu pour offrir à l’élève de Première une maîtrise complète du thème « L’intégrité morale », conformément au programme officiel de l’ECM du MINESEC/IGE, et lui fournir les outils nécessaires pour réussir les épreuves du Probatoire.*
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