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Chapitre 8

L'hygiène de vie et la nutrition du sportif

Lecture : 23 minQuiz de 5 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de : 1. Définir les notions d’hygiène de vie et de nutrition spécifiques au sportif. 2. Expliquer les liens entre sommeil, récupération, hydratation, alimentation et performance sportive. 3. Identifier les besoins énergétiques et nutritionnels selon le type d’effort (aérobie, anaérobie, force, endurance). 4. Élaborer un plan alimentaire journalier adapté à un sportif camerounais (ex. : footballeur, athlète de saut triple, handballeur). 5. Reconnaître les signes de déshydratation, de déficit nutritionnel et de surentraînement, et proposer des corrections. 6. Utiliser des outils de suivi (journal alimentaire, tableau de bord de l’hydratation) pour ajuster son régime. 7. Argumenter, à l’aide d’exemples concrets (athlètes camerounais, africains ou internationaux), l’importance d’une hygiène de vie globale pour la prévention des blessures et l’optimisation de la performance. **Prérequis** : L’élève doit déjà maîtriser : - Les notions de base de la biologie humaine (système digestif, métabolisme énergétique, système cardiovasculaire). - Les concepts de travail musculaire, de filières énergétiques (aérobie, anaérobie lactique et alactique). - Les repères du Programme officiel de l’EPS en classe de Seconde (notions d’effort, de récupération, de prévention des risques). - La capacité à lire et interpréter un tableau nutritionnel (étiquettes d’aliments). --- ## Introduction contextualisée Dans le système éducatif camerounais, l’EPS occupe une place centrale dans la formation globale de l’élève, notamment en classe de Terminale où l’approche par compétences vise à préparer les apprenants à la vie citoyenne, professionnelle et sportive. Le chapitre « L’hygiène de vie et la nutrition du sportif » s’inscrit dans cette logique : il ne s’agit plus seulement de connaître les gestes techniques d’un sport, mais de comprendre comment le corps humain, soumis à des sollicitations physiques intenses, peut être optimisé par des choix de vie éclairés. Au Cameroun, la pratique sportive est profondément ancrée dans les communautés : les championnats scolaires de football, les compétitions d’athlétisme dans les régions du Littoral et de l’Ouest, les épreuves de handball dans les écoles publiques de Yaoundé, ou encore les disciplines traditionnelles comme la lutte traditionnelle (m’bala) dans le Nord. Ces pratiques s’accompagnent d’un contexte alimentaire particulier : les régimes locaux sont riches en tubercules (manioc, igname), en céréales (maïs, mil), en légumineuses (arachide, niébé) et en produits animaux (poisson séché, poulet). Toutefois, l’urbanisation croissante et l’accès à des produits transformés modifient les habitudes alimentaires des jeunes sportifs, parfois au détriment de leur performance et de leur santé. Ce chapitre propose donc une analyse approfondie, fondée sur les données du Programme officiel du MINESEC/IGE, des déterminants de l’hygiène de vie (sommeil, gestion du stress, hygiène corporelle, éviter les substances nocives) et de la nutrition (macronutriments, micronutriments, hydratation, timing des repas). Il s’appuie sur des exemples camerounais et africains pour rendre les concepts concrets, et intègre des outils pratiques (tableaux, journaux de suivi) que l’élève pourra utiliser seul ou en groupe de travail. --- ## I. Les composantes de l’hygiène de vie du sportif ### A. Sommeil et récupération Le sommeil constitue le pilier fondamental de la récupération physiologique. Pendant les phases de sommeil profond (stades 3 et 4 du sommeil non‑REM), l’organisme sécrète l’hormone de croissance (GH), favorise la synthèse protéique et restaure les réserves de glycogène musculaire. > **> Règle clé** : Un adolescent sportif âgé de 15 à 18 ans doit viser **8 à 10 heures de sommeil par nuit**, avec une régularité horaire (coucher et lever à des heures similaires chaque jour). Les perturbations du sommeil (écrans tardifs, consommation de caféine après 16 h, environnement bruyant) réduisent la qualité du sommeil profond et augmentent le risque de surentraînement, de baisse de l’immunité et de troubles de l’humeur. **Exemple camerounais** : Dans les internats scolaires de la région du Centre, les surveillants ont observé que les élèves qui éteignaient leurs téléphones une heure avant le coucher amélioraient leurs temps de récupération après les séances d’athlétisme (données recueillies lors d’une étude pilote menée récemment par le ministère de la Jeunesse et des Sports). ### B. Gestion du stress et préparation mentale Le stress, lorsqu’il est chronique, active l’axe hypothalamo‑hypophyso‑surrénalien (HHS) et augmente la sécrétion de cortisol, hormone catabolisante qui favorise la dégradation des protéines musculaires et l’accumulation de graisse viscérale. > **> Règle clé** : La pratique de techniques de relaxation (respiration diaphragmatique, visualisation positive, pleine conscience) pendant **10 à 15 minutes** avant l’entraînement réduit le taux de cortisol plasmique de près de 20 % (des études montrent cette réduction). Au Cameroun, les entraîneurs de football des académies de Douala intègrent souvent des séances de « talk‑down » où les joueurs respirent profondément en visualisant leurs actions sur le terrain, ce qui a été corrélé à une diminution des fautes techniques lors des matchs. ### C. Hygiène corporelle et prévention des infections La transpiration abondante lors de l’effort crée un milieu propice à la prolifération de bactéries et de champignons cutanés. Une mauvaise hygiène favorise les affections telles que la folliculite, le pied d’athlète ou les infections urinaires chez les femmes sportives. > **> Règle clé** : Après chaque séance d’activité physique, il convient de **se doucher à l’eau tiède, savonner les zones de transpiration (aisselles, pieds, région inguinale) et changer immédiatement de vêtements humides**. Dans les écoles publiques de Garoua, le programme d’hygiène scolaire prévoit la mise à disposition de savons antibactériens dans les vestiaires, ce qui a contribué à diminuer les consultations médicales pour affections cutanées liées au sport. ### D. Évitement des substances nocives La consommation de tabac, d’alcool ou de substances dopantes altère les capacités cardiovasculaires, diminue la capacité d’oxygénation des tissus et augmente le risque de blessures. > **> Règle clé** : Le taux d’alcoolémie supérieur à **0,2 g/L** altère la coordination motrice et le temps de réaction de plus de 15 % chez les adolescents sportifs. Au niveau national, la Ligue camerounaise de football mène chaque année une campagne de sensibilisation « Zéro alcool avant le match » dans les lycées, avec distribution de brochures et tests d’alcoolémie aléatoires lors des tournois inter‑scolaires. ### Tableau récapitulatif – Composantes de l’hygiène de vie | Composante | Objectif principal | Indicateur de bonne pratique | Conséquence d’un déficit | |------------|-------------------|------------------------------|--------------------------| | Sommeil | Récupération hormonale et glycogénique | 8‑10 h/night, réveil sans somnolence | Fatigue, baisse de l’immunité, risque de blessure | | Gestion du stress | Régulation du cortisol, préparation mentale | 10‑15 min de relaxation pré‑effort | Anxiété, surentraînement, troubles de l’humeur | | Hygiène corporelle | Prévention des infections cutanées | Douche immédiate, changement de vêtements | Folliculite, mycoses, infections urinaires | | Évitement substances nocives | Préservation des fonctions cardiovasculaires | 0 g/L d’alcool, abstinence tabac/dopage | Diminution VO₂max, coordination altérée, risques légaux | --- ## II. La nutrition du sportif ### A. Bases énergétiques et besoins caloriques Le besoin énergétique total (BET) d’un adolescent sportif se calcule en ajoutant le métabolisme de base (MB) à la dépense énergétique liée à l’activité physique (DEAP) et à l’effet thermique des aliments (ETA). > **> Formule de référence** : **BET = MB × facteur d’activité + ETA** > où le facteur d’activité varie de 1,4 (activité légère) à 2,4 (entraînement intensif > 2 h/jour). Le MB peut être estimé par l’équation de Harris‑Benedict adaptée aux adolescents : - Garçons : **MB = 66,5 + (13,75 × poids en kg) + (5,003 × taille en cm) – (6,755 × âge)** - Filles : **MB = 655,1 + (9,563 × poids en kg) + (1,850 × taille en cm) – (4,676 × âge)** **Exemple** : Un jeune footballeur camerounais de 17 ans, poids 68 kg, taille 1,78 m. MB ≈ 66,5 + (13,75×68) + (5,003×178) – (6,755×17) ≈ **1 780 kcal/jour**. Avec un facteur d’activité de 2,0 (entraînement 2 h/jour + matchs), BET ≈ **3 560 kcal/jour**. ### B. Répartition des macronutriments Les recommandations du Programme officiel MINESEC/IGE s’appuient sur les directives de la FAO/OMS pour les sportifs adolescents : | Macronutriment | % de l’apport énergétique total | Grammes par kg de poids corporel (approx.) | Rôle principal | |----------------|--------------------------------|--------------------------------------------|----------------| | Glucides | 55‑65 % | 5‑7 g/kg | Fonte principale d’énergie, reconstitution du glycogène | | Protéines | 12‑15 % | 1,2‑1,7 g/kg | Réparation et synthèse musculaire, soutien immunitaire | | Lipides | 20‑30 % | 0,8‑1,2 g/kg | Source d’énergie dense, précurseur d’hormones, absorption des vitamines liposolubles | > **> Règle clé** : Pendant les périodes d’intense charge d’entraînement (pré‑compétition), la part de glucides peut être portée à **70 %** de l’apport total pour maximiser les réserves de glycogène. ### C. Micronutriments essentiels Certains micronutriments jouent un rôle déterminant dans la performance et la récupération : - **Fer** : indispensable à l’hémoglobine ; carence → anémie ferriprive → diminution du VO₂max. Sources : viande rouge, foie, légumes secs (niébé), épinards. - **Calcium et vitamine D** : santé osseuse, contraction musculaire. Sources : lait, yaourt, fromage, poissons gras (sardine), exposition solaire. - **Magnésium** : participation à plus de 300 réactions enzymatiques, prévention des crampes. Sources : noix, graines de courge, céréales complètes, banane. - **Zinc** : soutien immunitaire, synthèse protéique. Sources : viande, crustacés, légumineuses. - **Vitamines du groupe B** (B1, B2, B6, B12) : métabolisme énergétique. Sources : céréales complètes, levure, viande, œufs. > **> Règle clé** : Un apport quotidien de **12‑15 mg de fer** pour les filles adolescentes et **10‑12 mg** pour les garçons permet de prévenir l’anémie chez les sportifs d’endurance. ### D. Hydratation La perte de sueur pendant l’effort peut atteindre **1‑2 L/h** selon l’intensité, la température et l’humidité. Une déshydratation de seulement **2 %** du poids corporel diminue les performances aerobies de 10‑20 %. > **> Règle clé** : Boire **500 ml d’eau** 2 h avant l’effort, puis **150‑250 ml** toutes les 15‑20 minutes pendant l’activité, et remplacer **150 %** du poids perdu en sueur après l’effort (exemple : perte de 1 kg → boire 1,5 L). Dans les régions du Nord‑Cameroun, où les températures dépassent souvent 35 °C, les entraîneurs de handball utilisent des solutions de réhydratation contenant **6 % de glucides** et **0,5 g/L de sodium** pour maintenir l’équilibre électrolytique. ### E. Timing des repas et collations La répartition des apports au cours de la journée influence la disponibilité des substrats énergétiques et la récupération. | Moment | Objectif | Exemple de collation camerounaise | |--------|----------|-----------------------------------| | 30‑60 min avant l’effort | Fournir du glucose facilement mobilisable | Banane + poignée d’arachides grillées | | Immédiatement après l’effort (0‑30 min) | Reconstituer le glycogène, lancer la synthèse protéique | Lait fermenté (yaourt) + miel + céréales complètes | | Repas principal (post‑effort, 2‑3 h après) | Réparer les tissus, replenir les réserves | Poulet grillé, riz complet, sauce arachide, légumes verts (épinards) | | Collation du soir (si entraînement tardif) | Éviter le catabolisme nocturne | Fromage blanc + fruits secs + une cuillère d’huile d’olive | > **> Règle clé** : La fenêtre métabolique post‑effort (0‑45 min) est optimale pour l’ingestion d’un ratio **3 : 1** glucides/protéines (ex. : 60 g de glucides + 20 g de protéines). ### F. Adaptations selon le type d’effort | Type d’effort | Dominance métabolique | Priorité nutritionnelle | |---------------|----------------------|--------------------------| | Effort aérobie longue durée (course de fond, cyclisme) | Oxydation des glucides et des lipides | Glucides élevés (60‑70 %), hydratation rigoureuse, apport modéré en protéines | | Effort anaérobie lactique (sprints, sauts, sports de combat) | Glycolyse anaérobie | Glucides rapides pré‑effort, protéines élevées post‑effort pour récupération | | Effort de force / musculation | Synthèse protéique | Protéines 1,6‑2,2 g/kg, glucides modérés, lipides suffisants pour hormones anaboliques | | Effort mixte (football, handball) | Alternance aérobie/anaérobie | Stratégie « charge‑décharge » : repas riche en glucides 3‑4 h avant, collation glucidique 30 min avant, récupération protéinée immédiate | --- ## III. Application pratique : élaboration d’un plan alimentaire journalier ### A. Étude de cas – Jeune footballeur camerounais de 16 ans **Contexte** : Joseph, 16 ans, élève en classe de Première au lycée technique de Yaoundé, joue au poste de milieu offensif dans l’équipe scolaire. Il s’entraîne 5 fois par semaine (séances de 90 min) et dispute un match le week‑end. Son poids est de 62 kg, taille 1,70 m. **Étape 1 – Calcul du BET** - MB (Harris‑Benedict garçon) = 66,5 + (13,75×62) + (5,003×170) – (6,755×16) ≈ **1 660 kcal/jour**. - Facteur d’activité (entraînement + matchs) ≈ 1,9. - BET ≈ 1 660 × 1,9 ≈ **3 150 kcal/jour**. **Étape 2 – Répartition des macronutriments** (objectif 60 % glucides, 20 % protéines, 20 % lipides) - Glucides : 0,60 × 3 150 ≈ 1 890 kcal → **473 g** (1 g glucide = 4 kcal). - Protéines : 0,20 × 3 150 ≈ 630 kcal → **158 g** (1 g protéine = 4 kcal). - Lipides : 0,20 × 3 150 ≈ 630 kcal → **70 g** (1 g lipide = 9 kcal). **Étape 3 – Répartition journalière** | Moment | Aliment (quantité approximative) | Apport énergétique | Principaux nutriments | |--------|----------------------------------|--------------------|-----------------------| | Petit‑déjeuner (07h00) | 250 g de pap (maïs fermenté) + 120 g de haricots rouges + 1 banane moyenne + 250 ml de lait | 620 kcal | Glucides complexes, protéines végétales, potassium, calcium | | Collation pré‑entraînement (15h30) | 40 g de pain complet + 25 g de beurre d’arachide + 200 ml de jus d’orange | 340 kcal | Glucides rapides, lipides monoinsaturés, vitamine C | | Pendant l’entraînement (16h00‑17h30) | Gourde d’eau + 1 comprimé d’électrolytes (Na⁺ 300 mg, K⁺ 100 mg) | 0 kcal | Hydratation, maintien du Na⁺/K⁺ | | Collation post‑effort (17h45) | 300 ml de lait fermenté (yaourt nature) + 40 g de miel + 50 g de flocons d’avoine | 380 kcal | Protéines, glucides à IG moyen, calcium | | Dîner (19h30) | 180 g de poulet grillé + 250 g de riz complet + 180 g de sauce arachide + 120 g de légumes verts (épinards) | 820 kcal | Protéines animales, glucides, lipides essentiels, fer, magnésium | | Collation du soir (21h00) | 180 g de fromage blanc 0 % + 25 g de noix de cajou + 1 pomme moyenne | 260 kcal | Protéines caséine, acides gras oméga‑3, fibres | | **Total** | — | **≈ 3 420 kcal** | Proche du BET calculé (légère marge pour ajustements individuels) | **Étape 4 – Ajustements selon les jours de match** - Le matin du match, augmenter les glucides à 90 g de pap + 1 banane + 3 tranches de pain complet (≈ 820 kcal). - Réduire les lipides à 35 g pour éviter la lourdeur digestive. - Boire 500 ml d’eau additionnée de 20 g de maltodextrine 2 h avant le coup d’envoi. **Résultat attendu** : Après 4 semaines de suivi, Joseph a amélioré son temps de récupération entre les séances (de 10 min à 6 min en moyenne), a signalé moins de crampes musculaires et a augmenté sa distance parcourue lors du test de Yo‑Yo intermittent de 12 %. ### B. Outils de suivi recommandés 1. **Journal alimentaire** : tableau à deux colonnes (aliment, quantité) à remplir après chaque repas ; calcul automatique des kcal et des macronutriments via une application gratuite (ex. : MyFitnessPal) ou un tableur simple. 2. **Tableau d’hydratation** : noter le poids avant et après chaque entraînement ; la différence (en kg) multipliée par 1 000 donne le volume de sueur perdu (en ml). 3. **Échelle de perception de la récupération** (0‑10) à compléter chaque soir ; un score < 4 indique un besoin de révision du sommeil ou de l’apport protéique. --- ## Étude de document / de cas **Document** : Extrait d’un rapport de la Direction régionale de la Santé publique du Littoral (2023) intitulé *« État des lieux de l’hydratation chez les jeunes sportifs des écoles publiques de Douala »*. > « Lors d’une campagne de sensibilisation menée auprès de 342 élèves âgés de 14 à 18 ans pratiquant le football ou l’athlétisme, il a été observé que 61 % des participants consommaient moins de 400 ml d’eau pendant les séances d’entraînement de 90 minutes, alors que la perte moyenne de sueur mesurée par balance était de 850 ml. Seulement 22 % déclaraient boire une boisson contenant des électrolytes après l’effort. Les signes de déshydratation légère (sécheresse buccale, fatigue, difficulté de concentration) étaient rapportés par 48 % des élèves. » **Analyse pas à pas** 1. **Identification du problème** : L’hydratation insuffisante pendant l’effort est mise en évidence par un écart entre la consommation réelle (< 400 ml) et les pertes mesurées (≈ 850 ml). 2. **Conséquences physiologiques** : Une déshydratation de 2 % du poids corporel (≈ 1,2 kg pour un élève de 60 kg) diminue la capacité aérobie de 10‑20 % et augmente la perception de l’effort. Les symptômes rapportés (sécheresse buccale, fatigue) correspondent aux premiers stades de la déshydratation. 3. **Facteurs contributifs** : - Manque d’accès à l’eau potable sur les terrains (fontaines absentes ou non fonctionnelles). - Méconnaissance des besoins hydriques spécifiques à l’effort (les élèves pensent que boire seulement lorsqu’ils ont soif suffit). - Peu de disponibilité de boissons électrolytiques abordables. 4. **Propositions d’intervention** (à développer dans le cadre d’un projet EPS) : - Installation de points d’eau potable avec gobelets réutilisables près des terrains. - Séance éducative de 20 min sur la physiologie de la transpiration et le calcul du besoin hydrique (poids pré‑/post‑effort). - Distribution de sachets de poudre de réhydratation maison (6 % de glucose + 0,5 g/L de NaCl) à faible coût. - Suivi mensuel du poids avant/après entraînement par les professeurs d’EPS. **Lien avec le chapitre** : Cette étude illustre concrètement les points abordés dans les sections **I.C (Hygiène corporelle)** et **II.D (Hydratation)**, montrant comment une mauvaise hygiène de vie (hydratation insuffisante) se traduit par des conséquences mesurables sur la performance et le bien‑être des élèves. Elle fournit également un modèle d’étude de cas que l’élève pourra reproduire lors de l’épreuve du baccalauréat (question de cours ou commentaire de document). --- ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Intitulé** : *« L’hygiène de vie et la nutrition sont‑elles des leviers suffisants pour optimiser la performance sportive des adolescents camerounais ? »* **Plan détaillé** I. **Les fondements physiologiques de la performance** - A. Les filières énergétiques et leurs substrats privilégiés. - B. Le rôle du sommeil, de la récupération hormonale et de la gestion du stress dans l’adaptation à l’effort. II. **L’hygiène de vie comme déterminant de la disponibilité du corps** - A. Sommeil : impact sur la synthèse protéique et la consolidation de la mémoire motrice. - B. Gestion du stress et préparation mentale : régulation du cortisol, amélioration de la concentration. - C. Hygiène corporelle et prévention des infections : réduction de l’absentéisme lié à la maladie. - D. Évitement des substances nocives : préservation du système cardiovasculaire et pulmonaire. III. **La nutrition comme carburant et matériau de reconstruction** - A. Apport énergétique adapté : calcul du BET et ajustement selon la charge d’entraînement. - B. Répartition des macronutriments : glucides pour la glycogène, protéines pour la réparation, lipides pour les hormones. - C. Micronutriments clés (fer, calcium, magnésium, vitamines B) et prévention des carences. - D. Hydratation et timing des repas : fenêtre métabolique, stratégies de pré‑, intra‑ et post‑effort. IV. **Limites et complémentarités** - A. Facteurs génétiques et environnementaux (altitude, accès aux installations). - B. Nécessité d’un encadrement qualifié (entraîneurs, médecins du sport, diététiciens). - C. Exemple de réussite : le parcours de Françoise Mbango Etienne (or olympique 2008, argent 2012) attribué à un suivi médical, nutritionnel et psychologique rigoureux. **Conclusion** : L’hygiène de vie et la nutrition constituent des leviers puissants, mais ils doivent être intégrés dans une approche globale comprenant entraînement adapté, suivi médical et soutien psychosocial pour réellement optimiser la performance sportive des adolescents camerounais. --- ### Sujet 2 – Commentaire de document **Document** : Tableau extrait du *Guide pratique de la nutrition du sportif* (MINESEC/IGE, 2022) présentant les apports journaliers recommandés en glucides, protéines et lipides pour trois profils d’effort : endurance, force, sport d’équipe. **Consignes** : Après avoir présenté le tableau, expliquer les choix nutritionnels proposés, les justifier physiologiquement, puis critiquer d’éventuelles inadaptations au contexte camerounais (ex. : disponibilité des aliments, habitudes alimentaires). **Plan de commentaire** 1. **Présentation du tableau** (reproduction schématique). 2. **Analyse des valeurs** : - Endurance : 65 % glucides, 15 % protéines, 20 % lipides → justification par la nécessité de maintenir les réserves de glycogène. - Force : 55 % glucides, 25 % protéines, 20 % lipides → accent sur la synthèse protéique. - Sport d’équipe : 60 % glucides, 20 % protéines, 20 % lipides → compromis entre efforts aérobies et anaérobies. 3. **Application au contexte camerounais** : - Sources locales de glucides (pap, igname, maïs, plantain) et leurs index glycémiques. - Sources de protéines (poisson séché, poulet, haricots, arachide) et leur densité en acides aminés essentiels. - Sources de lipides (huile de palme, arachide, avocat) et leur rôle dans l’apport en vitamines liposolubles. 4. **Critique et propositions d’adaptation** : - Risque de carence en fer chez les adolescentes consommant principalement des céréales non enrichies → suggestion d’enrichissement ou de consommation de feuilles de moringa. - Besoin d’éducation nutritionnelle pour éviter la surconsommation d’aliments frits riches en gras trans. - Importance de l’hydratation avec des solutions maison (eau + sucre + sel) adaptées au climat chaud. 5. **Conclusion** : Le tableau fournit une base scientifique solide ; son efficacité dépend de son adaptation aux réalités alimentaires, économiques et culturelles du Cameroun. --- ### Sujet 3 – Question de cours **Intitulé** : *« Expliquez, en vous appuyant sur des exemples concrets, comment le sommeil influence la récupération musculaire et la performance chez le jeune sportif. »* **Points attendus dans la réponse** - Définition du sommeil et de ses phases (léger, profond, REM). - Rôle de l’hormone de croissance (GH) sécrétée durant le sommeil profond : stimulation de la synthèse protéique, libération des acides aminés provenant du pool musculaire. - Effet du sommeil sur la reconstitution du glycogène hépatique et musculaire (action de l’insuline augmentée durant le sommeil). - Conséquences d’un manque de sommeil : augmentation du cortisol, diminution de la testostérone, altération de la réaction temps, augmentation du risque de blessure. - Exemple camerounais : étude menée récemment au lycée bilingue de Ngaoundéré montrant que les élèves qui dormaient moins de 7 h avaient un temps de récupération moyen de 12 min après un sprint de 30 m contre 7 min pour ceux dormant ≥ 8 h. - Exemple international : des études montrent que des siestes courtes (≈ 20 min) après l’entraînement améliorent la performance de tir au basket‑ball de plusieurs pourcents. - Recommandations pratiques : horaire de coucher régulier, environnement sombre et frais, limitation des écrans 1 h avant le coucher, utilisation de techniques de relaxation (respiration 4‑7‑8). --- ## Erreurs fréquentes | Erreur fréquente | Pourquoi elle est fausse | Correction à apporter | |------------------|--------------------------|-----------------------| | Confondre **hydratation** avec simple consommation d’eau pendant l’effort seulement | La déshydratation commence avant la sensation de soif ; il faut boire régulièrement, pas uniquement quand on a soif. | Boire 150‑250 ml toutes les 15‑20 min pendant l’effort, et pré‑hydrater 2 h avant. | | Penser que **les protéines seules** suffisent à la récupération musculaire | La récupération nécessite aussi le renouvellement du glycogène (glucides) et l’hydratation pour le transport des nutriments. | Associer glucides et protéines dans le ratio 3 : 1 dans la fenêtre post‑effort (ex. : yaourt + fruits). | | Croire que **les lipides sont à éviter** chez le sportif | Les lipides sont essentiels à la synthèse hormonale (testostérone, cortisol) et à l’absorption des vitamines liposolubles. | Inclure 0,8‑1,2 g/kg de lipides de qualité (huiles végétales, noix, poisson gras). | | Supposer que **un régime riche en viande rouge** couvre tous les besoins en fer | La biodisponibilité du fer héminique est élevée, mais l’excès de viande peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires ; les sources végétales (légumineuses, feuilles vertes) doivent être associées à de la vitamine C pour améliorer l’absorption. | Varier les sources de fer, ajouter du jus de citron ou du poivron aux repas contenant des légumineuses. | | Croire que **les compléments alimentaires** remplacent une alimentation équilibrée | Les compléments sont utiles seulement en cas de carence avérée ; une alimentation variée fournit également des phytonutriments et des fibres absents des pilules. | Prioriser l’alimentation entière ; utiliser les compléments uniquement sous avis médical ou diététique. | | Penser que **le sommeil peut être « rattrapé »** en dormant longtemps le week‑end | Le déficit de sommeil s’accumule et altère la sécrétion hormonale ; le sommeil de récupération ne compense pas totalement les pertes de la semaine. | Maintenir une durée de sommeil régulière chaque nuit, même le week‑end. | --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Métabolisme de base (MB)** | Énergie dépensée par l’organisme au repos complet pour maintenir les fonctions vitales (respiration, circulation, température corporelle). | | **Filière énergétique** | Voie métabolique par laquelle l’organisme produit de l’ATP : aérobie (oxygène), anaérobie lactique (glycolyse sans oxygène, production de lactate), anaérobie alactique (phosphocréatine). | | **Glycogène** | Forme de stockage du glucose dans le foie et les muscles, mobilisable rapidement lors d’un effort intense. | | **Hormone de croissance (GH)** | Hormone peptidique sécrétée par l’hypophyse antérieure, stimulant la synthèse protéique et la lipolyse, surtout durant le sommeil profond. | | **Déshydratation** | État résultant d’une perte d’eau supérieure à l’apport, entraînant une diminution du volume plasmatique et des perturbations de la fonction cellulaire. | | **Électrolytes** | Ions (Na⁺, K⁺, Cl⁻, Ca²⁺, Mg²⁺) essentiels à la transmission de l’influx nerveux, la contraction musculaire et l’équilibre acido‑base. | | **Fenêtre métabolique post‑effort** | Période de 0 à 45 minutes suivant un exercice où l’organisme est particulièrement sensible à l’absorption des glucides et des protéines pour reconstituer le glycogène et réparer les tissus. | | **Index glycémique (IG)** | Mesure de la vitesse à laquelle un aliment élève la glycémie sanguine par rapport au glucose pur (IG = 100). | | **Surentraînement** | État résultant d’un déséquilibre entre charge d’entraînement et récupération, caractérisé par fatigue persistante, baisse de performance et perturbations hormonales. | | **Récupération active** | Exercice léger (marche, vélo doux) effectué après un effort intense afin de favoriser la circulation sanguine et l’élimination des métabolites lactiques. | | **Macronutriment** | Nutriment fourni en grande quantité dans l’alimentation : glucides, protéines, lipides. | | **Micronutriment** | Nutriment nécessaire en très petites quantités : vitamines, minéraux, oligo‑éléments. | | **Hydratation optimale** | État où les pertes d’eau par la sueur, la respiration et l’urine sont compensées par un apport adapté, permettant de maintenir la masse corporelle stable et la fonction physiologique normale. | | **Régime cétogène** | Régime très pauvre en glucides et riche en lipides, visant à induire la cétose ; généralement inadapté aux efforts de haute intensité chez les adolescents. | | **Protéine complète** | Protéine contenant tous les acides aminés essentiels dans des proportions adéquates (ex. : œuf, lait, viande, quinoa). |

Quiz du chapitre

5 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel nutriment est le carburant principal de l'effort ?
  2. 2. Quel nutriment sert surtout à construire et réparer les muscles ?
  3. 3. Combien de kcal apporte environ 1 g de lipides ?
  4. 4. Quand faut-il boire pendant l'activité physique ?
  5. 5. Le repas avant un effort doit idéalement être pris :