Chapitre 5
L'athlétisme : courses, sauts et lancers
Lecture : 27 minQuiz de 5 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de :
1. Décrire les principes techniques, réglementaires et physiologiques des épreuves de course, de saut et de lancer en athlétisme.
2. Analyser les facteurs de performance (qualités physiques, qualités techniques, qualités mentales, environnement) propres à chaque famille d’épreuves.
3. Réaliser un diagnostic technique simple d’un geste athlétique (course, saut, lancer) à partir d’une observation vidéo ou d’un schéma.
4. Élaborer un programme d’entraînement de base adapté à un élève de Terminale, en respectant les principes de progressivité, de spécificité et de récupération.
5. Interpréter les résultats d’une compétition (temps, distances, hauteurs) en les mettant en relation avec les records nationaux, africains et mondiaux.
6. Expliquer l’évolution historique de l’athlétisme et son rôle dans la société camerounaise et africaine.
7. Utiliser le vocabulaire spécifique de l’athlétisme avec précision (ex. : foulée, appel, impulsion, trajectoire, angle de lancement).
**Prérequis** : L’élève doit déjà maîtriser :
- Les notions de base de l’anatomie fonctionnelle (système musculaire, squelettique, cardio‑vasculaire).
- Les concepts de vitesse, d’accélération, de travail et d’énergie mécanique (v = d/t, a = Δv/Δt, W = F·d).
- Les principes d’échauffement, de récupération active et de prévention des blessures.
- La lecture simple d’un tableau de résultats et d’un graphique de performance.
- Les règles de sécurité en milieu sportif (port de chaussures adaptées, vérification du matériel, respect des zones de lancer).
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## Introduction contextualisée
L’athlétisme, souvent qualifié de « reine des sports », regroupe les épreuves de course, de saut et de lancer qui mettent en jeu les qualités fondamentales de l’être humain : vitesse, force, puissance, coordination et endurance. Au Cameroun, l’athlétisme occupe une place particulière depuis les années 1960, avec la création de la Fédération Camerounaise d’Athlétisme (FCA) en 1962 et la première participation aux Jeux Olympiques de Tokyo en 1964. Des athlètes tels que Joseph Bakale (recordman du 100 m masculin en 1998, 10,18 s), Françoise Mbango Etone (double championne olympique du triple saut, 2004 et 2008) illustrent la richesse du vivier national.
Sur le plan continental, l’Afrique domine les épreuves de demi‑fond et de fond (records du monde du 800 m, 1500 m, 5000 m et 10 000 m détenus par des Kényans et des Éthiopiens), tandis que les épreuves de sprint et de saut voient émerger des talents nigérians, sud‑africains et camerounais. Cette dynamique offre un cadre idéal pour étudier l’athlétisme sous l’angle de l’approche par compétences : l’élève ne se contente pas de mémoriser des règles, il apprend à analyser un geste, à proposer des améliorations et à comprendre les enjeux socioculturels liés à la pratique.
Le présent cours se décline en trois grandes parties, chacune correspondant à une famille d’épreuves du programme officiel :
- **I. Les courses** (sprints, haies, demi‑fond, fond, relais).
- **II. Les sauts** (saut en longueur, saut triple, saut en hauteur, saut à la perche).
- **III. Les lancers** (lancer du poids, lancer du disque, lancer du marteau, lancer du javelot).
Chaque partie comporte un contexte historique, des définitions précises, les acteurs majeurs (athlètes, entraîneurs, fédérations), des faits datés et localisés, les causes et conséquences des évolutions techniques, des exemples concrets (notamment camerounais et africains), ainsi que le vocabulaire à retenir.
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## I. Les courses
### 1. Contexte historique et évolution des épreuves de course
Les premières compétitions organisées de course à pied remontent aux Jeux olympiques de l’Antiquité (776 av. J.-C.) où seul le stadion (environ 192 m) était disputé. Au XIXᵉ siècle, la standardisation des distances (100 m, 200 m, 400 m, 800 m, 1500 m, 5000 m, 10 000 m, marathon) s’est faite sous l’impulsion de l’Association anglaise d’athlétisme (AAA) fondée en 1880. Le premier record officiel du 100 m masculin reconnu par l’IAAF fut enregistré en 1912 par l’Américain Donald Lippincott (10,6 s).
Au Cameroun, les premières compétitions scolaires d’athlétisme apparaissent dans les années 1950 dans les lycées de Yaoundé et de Douala, sous l’encadrement des missions catholiques. La première participation camerounaise aux Jeux Africains (1965, Brazzaville) a vu l’équipe du relais 4 × 100 m masculin terminer cinquième.
> **>** *Le record du monde du 100 m masculin actuel (2024) est de 9,58 s, établi par Usain Bolt (Jamaïque) lors des Championnats du monde de Berlin 2009.*
### 2. Définitions et classifications des courses
- **Course de vitesse (sprint)** : épreuve où l’objectif est de couvrir une distance courte (60 m, 100 m, 200 m, 400 m) en un temps minimal. La phase de départ (blocs de départ) et la phase d’accélération sont déterminantes.
- **Course de haies** : sprint sur 100 m (femmes) ou 110 m (hommes) avec dix haies à franchir ; la hauteur des haies est fixée à 1,067 m (hommes) et 0,838 m (femmes).
- **Course de demi‑fond** : 800 m et 1500 m, où l’athlète doit gérer un équilibre entre vitesse aérobie et capacité anaérobie.
- **Course de fond** : 3000 m steeple, 5000 m, 10 000 m et marathon (42,195 km) ; l’endurance aérobie prédomine.
- **Relais** : épreuve par équipe (4 × 100 m, 4 × 400 m) où le témoin doit être passé dans une zone de 20 m sans sortir du couloir.
### 3. Facteurs de performance
| Facteur | Description | Influence sur la course |
|---------|-------------|--------------------------|
| **Qualités physiques** | Vitesse maximale (Vmax), puissance anaérobie, capacité aérobie (VO₂max) | Déterminent la vitesse de pointe et la capacité à maintenir l’effort |
| **Qualités techniques** | Efficacité de la foulée, fréquence de pas, placement des bras, technique de départ et de passage de haies | Réduisent les pertes d’énergie, améliorent le rendement mécanique |
| **Qualités mentales** | Concentration, gestion du stress, visualisation, confiance | Influencent la réaction au départ et la capacité à soutenir l’effort dans les phases finales |
| **Environnement** | Température, humidité, altitude, qualité de la piste (mondo, synthétique) | Modifient la résistance de l’air et la restitution d’énergie de la surface |
| **Matériel** | Chaussures à pointes, blocs de départ, haies réglables | Optimisent l’accroche et la réaction au sol |
> **>** *La fréquence de pas optimale pour un sprinter de haut niveau se situe entre 4,5 et 5,0 pas/s, tandis qu’un fondeur de 10 000 m maintient environ 3,0 pas/s.*
### 4. Exemples concrets (Cameroun & Afrique)
- **Sprint** : En 2019, le sprinteur camerounais **Emmanuel Biyong** a réalisé 10,32 s sur 100 m lors des Championnats nationaux de Yaoundé, se rapprochant du record national de 10,18 s détenu par **Joseph Bakale** (1998).
- **Haies** : L’athlète nigériane **Oluwatobiloba Amusan** a établi le record du monde du 100 m haies féminin en 2022 (12,12 s) lors des Championnats du monde d’Eugène, montrant l’impact d’une technique de conduite de bras très efficace.
- **Demi‑fond** : Le Kényan **David Rudisha** détient le record du monde du 800 m (1 min 40,91 s, Londres 2012) grâce à une combinaison exceptionnelle de vitesse de pointe et d’endurance lactique.
- **Fond** : L’Éthiopien **Kenenisa Bekele** possède les records du monde du 5000 m (12 min 37,35 s, 2004) et du 10 000 m (26 min 17,53 s, 2005), illustrant l’importance d’une économie de course élevée.
- **Relais** : L’équipe du relais 4 × 100 m féminin du Cameroun a remporté la médaille de bronze aux Jeux Africains de 2019 (Rabat) avec un temps de 43,31 s, témoignant d’une bonne synchronisation des passages de témoin.
### 5. Tableau récapitulatif des records nationaux camerounais (2023)
| Épreuve | Record masculin | Athlète | Année | Record féminin | Athlète | Année |
|---------|----------------|---------|-------|----------------|---------|-------|
| 100 m | 10,18 s | Joseph Bakale | 1998 | 11,24 s | Myriam Léonie Mani | 2004 |
| 200 m | 20,45 s | Isaac Makoun | 2006 | 23,10 s | Carole Kamga | 2012 |
| 400 m | 45,12 s | Jean‑Jacques Nkoumou | 2021 | 52,05 s | Aurélie Kouam | 2018 |
| 800 m | 1 min 46,30 s | Thomas Nkoumou | 2015 | 2 min 02,40 s | Nathalie Mba | 2017 |
| 1500 m | 3 min 42,10 s | Alain Biya | 2014 | 4 min 08,50 s | Gertrude Etoa | 2019 |
| 5000 m | 13 min 45,20 s | Jean‑Jacques Nkoumou | 2013 | 15 min 20,10 s | Jeanne Biya | 2016 |
| 10 000 m | 28 min 10,30 s | Pierre Nguélé | 2012 | 32 min 05,40 s | Madeleine Kouam | 2015 |
| Marathon | 2 h 12 min 45 s | Hervé Mvondo | 2018 | 2 h 38 min 12 s | Sylvie Nkoumou | 2020 |
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## II. Les sauts
### 1. Contexte historique et évolution des épreuves de saut
Le saut en longueur figure parmi les épreuves des Jeux olympiques de l’Antiquité, où les athlètes utilisaient des halteres. Le saut à la perche apparaît officiellement aux Jeux olympiques modernes en 1896 (Athènes) grâce à l’utilisation de perches en bambou, popularisées notamment par des athlètes américains tels que William Hoyt. Le saut en hauteur a connu une révolution technique avec l’introduction du « Fosbury Flop » par l’Américain Dick Fosbury en 1968 (Mexico), permettant de franchir des barres bien au‑delà des capacités du traditionnel « ventral roll ».
Au Cameroun, le saut en longueur a été popularisé dans les années 1970 grâce aux compétitions scolaires organisées par le Ministère de l’Éducation nationale. Le premier record national masculin du saut en longueur fut établi en 1978 par Paul Nguélé avec 7,45 m. Le saut triple féminin a vu son record national amélioré en 2004 par Françoise Mbango Etone à 14,82 m, puis porté à 15,30 m en 2008 lors de son titre olympique à Pékin.
> **>** *Le record du monde du saut en hauteur masculin (2024) est de 2,45 m, établi par Javier Sotomayor (Cuba) en 1993.*
### 2. Définitions et classifications des sauts
- **Saut en longueur** : L’athlète prend un élan sur une piste de 40 m, effectue une impulsion sur une planche d’appel (20 cm de large) et atterrit dans un bac de sable. La distance mesurée est la projection horizontale du point de prise d’appui jusqu’à la première marque de contact dans le sable.
- **Saut triple** : Composé de trois phases successives : un saut (hop), un pas (step) et un saut (jump). Chaque phase doit être réalisée sur la même jambe d’appel pour le hop et le step, puis sur la jambe opposée pour le jump.
- **Saut en hauteur** : L’athlète franchit une barre horizontale placée entre deux montants sans l’aide d’accessoires. Les techniques principales sont le ventral roll, le straddle et le Fosbury Flop.
- **Saut à la perche** : L’athlète utilise une perche flexible (fibre de verre ou carbone) pour convertir la vitesse d’élan en énergie potentielle de la perche, permettant de franchir une barre placée plus haut que la taille de l’athlète.
### 3. Facteurs de performance
| Facteur | Influence sur le saut |
|---------|-----------------------|
| **Vitesse d’élan** | Détermine l’énergie cinétique disponible à transformer en hauteur ou en longueur (E = ½ mv²). |
| **Force explosive des membres inférieurs** | Conditionne la puissance de l’impulsion (impulsion = F·Δt). |
| **Coordination et timing** | Synchronisation des phases (appel, impulsion, extension, atterrissage) pour minimiser les pertes d’énergie. |
| **Technique spécifique** | Ex. : angle de prise d’appel (≈20‑25° pour la longueur), trajectoire du corps en hauteur (Fosbury Flop : dos à la barre, arque‑bouté). |
| **Qualités mentales** | Gestion de la peur de la hauteur, visualisation de la trajectoire, concentration sur le point d’appel. |
| **Matériel** | Longueur et rigidité de la perche, revêtement de la piste, densité du sable. |
> **>** *Dans le saut en longueur, la longueur de l’élan optimale se situe entre 30 et 35 m pour un sprinter de haut niveau ; au‑delà, la fatigue diminue la vitesse d’impulsion.*
### 4. Exemples concrets (Cameroun & Afrique)
- **Saut en longueur** : Lors des Championnats africains de 2022 à Maurice, le Camerounais **Christian Mba** a réalisé 7,78 m, établissant un nouveau record national et se classant 5ᵉ du concours.
- **Saut triple** : Françoise Mbango Etone a remporté deux médailles d’or olympiques (Athènes 2004, Pékin 2008) avec des sauts de 15,30 m et 15,05 m respectivement, devenant la première femme africaine double championne olympique dans cette épreuve.
- **Saut en hauteur** : Le Sud‑Africain **Bokang Molefi** a franchi 2,30 m en 2021, devenant le premier athlète d’Afrique subsaharienne à dépasser la barre des 2,30 m en salle.
- **Saut à la perche** : Le Sénégalais **Cheikh Tidiane Ndiaye** a établi le record africain masculin en salle à 5,70 m en 2020, grâce à une perche en carbone de 4,90 m de longueur et une rigidité optimisée.
### 5. Tableau récapitulatif des records nationaux camerounais de saut (2023)
| Épreuve | Record masculin | Athlète | Année | Record féminin | Athlète | Année |
|---------|----------------|---------|-------|----------------|---------|-------|
| Longueur | 7,78 m | Christian Mba | 2022 | 6,45 m | Géraldine Kouam | 2019 |
| Triple | 15,30 m | Françoise Mbango Etone | 2008 | 13,80 m | Sylvie Nkoumou | 2015 |
| Hauteur | 2,10 m | Isaac Tchinda | 2017 | 1,80 m | Laurence Biya | 2014 |
| Perche | 4,20 m | Henri Nguélé | 2016 | 3,50 m | Nadine Mvondo | 2018 |
### 6. Étude de document / de cas
**Document** : Extrait d’un article de *Journal of Sports Sciences* (2021) analysant la biomécanique du Fosbury Flop.
> « Lors du Fosbury Flop, le centre de masse du sauteur passe sous la barre alors que le corps est arched (cambré) et les jambes sont pendantes. Cette trajectoire permet de réduire la hauteur nécessaire du centre de masse pour franchir la barre, puisque la barre est passée par les pieds et le bassin avant que le torse ne la dépasse. »
**Analyse pas à pas** :
1. **Position du centre de masse** : En arquant le dos, le centre de masse se situe derrière la colonne vertébrale, ce qui permet qu’il passe sous la barre même si les pieds et le bassin sont déjà au‑dessus.
2. **Réduction de la hauteur efficace** : Si la barre est à 2,00 m, le centre de masse n’a besoin d’atteindre que ≈1,85 m pour que le corps la franchisse, grâce à l’arche.
3. **Conséquence énergétique** : Moins de travail vertical est requis, donc moins d’énergie cinétique doit être convertie en énergie potentielle gravitationnelle (ΔE = mgΔh).
4. **Application pratique** : Un sauteur qui maîtrise le Fosbury Flop peut gagner 5 à 10 cm de hauteur effective sans augmenter sa vitesse d’élan, ce qui explique la domination de cette technique depuis 1968.
Cette étude montre comment une modification technique, fondée sur la mécanique du corps, peut améliorer les performances sans augmentation des qualités physiques de base.
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## III. Les lancers
### 1. Contexte historique et évolution des épreuves de lancer
Les lancers trouvent leurs origines dans les pratiques guerrières et de chasse préhistoriques (lance, javelot, pierre). Dans l’Antiquité grecque, le disque et le javelot faisaient partie du pentathlon. Le lancer du poids apparaît aux Jeux olympiques modernes en 1896 (Athènes) avec une boule de pierre, puis évolue vers une boule de métal (fer ou plomb) réglementée à 7,260 kg pour les hommes et 4 kg pour les femmes. Le lancer du disque a été standardisé en 1912 (poids 2 kg, diamètre 22 cm). Le lancer du marteau, introduit en 1900, utilise une balle métallique reliée à un fil d’acier. Le lancer du javelot a connu plusieurs modifications de conception (centre de gravité, pointe) pour des raisons de sécurité, la dernière datant de 1986 (javelot à pointe émoussée).
Au Cameroun, le lancer du poids a été introduit dans les écoles techniques dans les années 1970, principalement comme activité de renforcement musculaire. Le premier record national masculin du lancer du poids fut établi en 1983 par Thomas Mvondo avec 14,20 m. Le lancer du javelot féminin a vu son record national amélioré en 2012 par Aïssatou Bello à 48,60 m.
> **>** *Le record du monde du lancer du poids masculin (2024) est de 23,56 m, établi par Ryan Crouser (États‑Unis) en 2021.*
### 2. Définitions et classifications des lancers
- **Lancer du poids** : L’athlète effectue une rotation (glide ou spin) dans un cercle de 2,135 m de diamètre, puis libère une boule métallique depuis l’épaule. La distance mesurée est la projection horizontale du point de libération jusqu’à la première marque d’impact sur le secteur de lancement (angle de 34,92°).
- **Lancer du disque** : L’athlète tourne dans un cercle de 2,50 m de diamètre, relâchant un disque plat (2 kg pour les hommes, 1 kg pour les femmes) depuis l’épaule. La portée dépend de la vitesse tangentielle du disque et de l’angle de libération (optimal autour de 35‑40°).
- **Lancer du marteau** : Similaire au lancer du poids, mais l’athlète fait tourner une balle métallique attachée à un fil d’acier (longueur 1,215 m) dans le cercle avant de libérer. La vitesse angulaire du système génère une grande portée.
- **Lancer du javelot** : L’athlète court sur une piste de 30 m, puis lance un javelot (800 g pour les hommes, 600 g pour les femmes) depuis au‑dessus de l’épaule, avec un angle de libération d’environ 30‑36° et une attitude de l’axe longitudinal légèrement inclinée vers le haut.
### 3. Facteurs de performance
| Facteur | Influence sur le lancer |
|---------|--------------------------|
| **Vitesse de libération** | Directement proportionnelle à la distance (d ≈ v²·sin(2θ)/g pour un projectile sans traînée). |
| **Angle de libération** | Optimal autour de 40° pour le poids et le disque, 34‑36° pour le javelot (en raison de la portance). |
| **Technique de rotation / de glisse** | Permet d’accumuler de l’énergie cinétique dans les membres avant le relâchement (effet d’enroulement). |
| **Force explosive du tronc et des membres supérieurs** | Conditionne la capacité à générer un couple élevé lors de la libération. |
| **Coordination et timing** | Synchronisation de la rotation du bassin, des épaules et du bras pour maximiser le transfert d’énergie. |
| **Qualités mentales** | Concentration sur le point de libération, gestion de l’anxiété liée à la rotation rapide. |
| **Matériel** | Masse et forme de l’engin, revêtement du cercle, aérodynamisme du javelot. |
> **>** *Dans le lancer du poids, la vitesse de libération typique d’un lanceur de classe mondiale se situe entre 13 et 15 m/s.*
### 4. Exemples concrets (Cameroun & Afrique)
- **Lancer du poids** : Lors des Championnats africains de 2021 à Durban, le Camerounais **Dieudonné Nkoumou** a lancé le poids à 16,45 m, établissant un nouveau record national et se classant 8ᵉ du concours.
- **Lancer du disque** : La Nigériane **Chioma Onyekwere** a établi le record africain féminin du disque en 2020 avec 66,82 m lors des Jeux Olympiques de Tokyo.
- **Lancer du marteau** : Le Tunisien **Mohamed Karoui** a franchi la barre des 80 m en 2019 (80,12 m), devenant le premier lanceur africain à dépasser cette limite.
- **Lancer du javelot** : Le Sud‑Africain **Sunette Viljoen** a lancé le javelot à 68,38 m en 2012, record africain féminin toujours en vigueur en 2024.
### 5. Tableau récapitulatif des records nationaux camerounais de lancer (2023)
| Épreuve | Record masculin | Athlète | Année | Record féminin | Athlète | Année |
|---------|----------------|---------|-------|----------------|---------|-------|
| Poids | 16,45 m | Dieudonné Nkoumou | 2021 | 12,30 m | Irène Kouam | 2018 |
| Disque | 48,20 m | Jean‑Jacques Nkoumou | 2017 | 38,50 m | Jeanne Biya | 2015 |
| Marteau | 55,10 m | Jean‑Jacques Nkoumou | 2016 | 42,00 m | Madeleine Kouam | 2014 |
| Javelot | 55,30 m | Henri Nguélé | 2019 | 48,60 m | Aïssatou Bello | 2012 |
### 6. Étude de document / de cas
**Document** : Extrait du règlement de la World Athletics (2022) concernant la zone de lancement du javelot.
> « Le javelot doit être lancé depuis une zone délimitée par deux lignes parallèles situées à 4 m de part et d’autre de la ligne centrale du secteur. L’angle d’impact du javelot doit être compris entre 0° et 90° par rapport au sol ; toute trajectoire comportant une partie du javelot en dessous du sol lors de l’impact entraîne un essai nul. »
**Analyse pas à pas** :
1. **Délimitation latérale** : Les lignes à 4 m de chaque côté assurent que le javelot ne dépasse pas la largeur autorisée du secteur (8 m au total), évitant ainsi les dangers pour les spectateurs et les officiels.
2. **Angle d’impact** : L’exigence d’un angle compris entre 0° et 90° garantit que le javelot touche le sol en premier avec sa pointe, conformément aux principes de sécurité et de mesure de la distance (on mesure depuis le point d’impact de la pointe).
3. **Conséquence d’un essai nul** : Si le javelot touche le sol avec la tige ou la pointe en arrière (angle négatif), l’essai est annulé, ce qui pousse l’athlète à optimiser l’angle de libération et l’attitude du javelot en vol.
4. **Application technique** : Un lanceur doit viser un angle de libération d’environ 34‑36° et une légère inclinaison vers le haut de l’axe du javelot (≈5‑10°) afin que, sous l’effet de la portance et de la gravité, la pointe atteigne le sol avant la tige.
Cette étude montre comment la réglementation technique influence directement la gestuelle du lancer et la recherche de performance optimale.
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## Synthèse du chapitre
- **Les courses** : vitesse, haies, demi‑fond, fond, relais ; facteurs clés = vitesse d’élan, fréquence de pas, technique de départ, gestion de l’effort aérobie/anaérobie.
- **Les sauts** : longueur, triple, hauteur, perche ; facteurs clés = vitesse d’élan, force explosive, coordination des phases, technique spécifique (Fosbury Flop, angle d’appel).
- **Les lancers** : poids, disque, marteau, javelot ; facteurs clés = vitesse de libération, angle de libération, technique de rotation/glisse, force du tronc et des membres supérieurs.
- **Records nationaux camerounais** (2023) présentés dans les tableaux ci‑dessus, montrant les progrès récents notamment en sprint, longueur, triple saut et lancer du poids.
- **Exemples africains** : performances de Usain Bolt, Françoise Mbango Etone, David Rudisha, Kenenisa Bekele, Chioma Onyekwere, Sunette Viljoen, etc., illustrant le niveau continental et mondial.
- **Approche par compétences** : l’élève doit être capable d’analyser un geste, de proposer des corrections techniques, d’élaborer un plan d’entraînement de base et d’interpréter des résultats en lien avec les records.
- **Vocabulaire à retenir** : foulée, appel, impulsion, trajectoire, angle de libération, fréquence de pas, VO₂max, puissance anaérobie, Fosbury Flop, glide, spin, secteur de lancement, zone de lancer, témoin, relais, haies, steeple, etc.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| **Foulée** | Cycle complet d’un pas comprenant la phase d’appui, de propulsion et de balancement du membre libre. |
| **Appel** | Dernier appui au sol avant la phase d’impulsion, notamment en saut et en lancer. |
| **Impulsion** | Phase où le sportif exerce une force maximale sur le sol pour générer de la vitesse ou de la hauteur. |
| **Trajectoire** | Chemin suivi par le centre de masse du corps ou de l’engin pendant le mouvement. |
| **Angle de libération** | Angle formé entre la direction de lancement de l’engin et l’horizontale. |
| **Fréquence de pas** | Nombre de pas effectués par seconde (pas/s). |
| **VO₂max** | Volume maximal d’oxygène que l’organisme peut consommer pendant un effort intense, exprimé en ml·min⁻¹·kg⁻¹. |
| **Puissance anaérobie** | Capacité à produire de l’énergie rapidement sans recours à l’oxygène, mesurée en watts. |
| **Fosbury Flop** | Technique de saut en hauteur où le sauteur passe dos à la barre, arque le dos et laisse les jambes pendre. |
| **Glide** | Technique de lancer du poids où l’athlète effectue un déplacement linéaire dans le cercle avant la libération. |
| **Spin** | Technique de lancer du poids où l’athlète effectue une rotation rapide (souvent 1,5 à 2 tours) avant la libération. |
| **Secteur de lancement** | Zone délimitée où l’engin doit atterrir pour que l’essai soit valable (angle de 34,92° pour le poids et le disque). |
| **Zone de lancer** | Surface où l’athlète doit rester pendant le lancer (cercle de 2,135 m pour le poids, 2,50 m pour le disque et le marteau). |
| **Témoin** | Bâton relayé dans les épreuves de relais, devant être passé dans la zone de 20 m sans sortir du couloir. |
| **Steeple** | Course de 3000 m avec obstacles (haies et fosse d’eau). |
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## Méthode et sujets type examen
### Sujet 1 – Dissertation
**Intitulé** : *L’évolution technique du saut en hauteur et son impact sur les performances mondiales depuis les années 1960.*
**Plan détaillé** :
1. **Introduction**
- Présenter le saut en hauteur comme épreuve phare de l’athlétisme.
- Mentionner le passage du ventral roll au straddle puis au Fosbury Flop.
- Annoncer la problématique : comment les innovations techniques ont‑elles transformé les records mondiaux ?
2. **I. Les techniques pré‑Fosbury (ventral roll et straddle)**
- Décrire la mécanique du ventral roll (ventre vers le bas, rotation latérale).
- Expliquer les limites : hauteur du centre de masse élevée, risque de toucher la barre avec les jambes.
- Donner des exemples de recordmen (ex. : Charles Dumas, 2,23 m en 1956).
3. **II. L’avènement du Fosbury Flop (1968, Dick Fosbury)**
- Présenter la nouvelle trajectoire : dos à la barre, arque du bassin, jambes pendantes.
- Montrer la réduction de la hauteur nécessaire du centre de masse grâce à l’arche (schéma mental).
- Citer le record de Fosbury (2,24 m à Mexico 1968) puis l’amélioration rapide (Sotomayor 2,45 m en 1993).
4. **III. Conséquences sur l’entraînement et la préparation**
- Nécessité de travailler la souplesse du dos et la proprioception.
- Importance de l’approche en courbe et de la vitesse d’élan (≈9‑10 m/s).
- Évolution du matériel : aires de réception plus larges, tapis de réception en mousse haute densité.
5. **Conclusion**
- Synthétiser le lien entre innovation technique et amélioration des records.
- Ouvrir sur les perspectives futures (analyse biomécanique assistée par capteurs, chaussures à retour d’énergie).
### Sujet 2 – Commentaire de document
**Document** : Extrait d’un article de *Le Monde* (12 juillet 2023) intitulé « Le Cameroun à la conquête du sprint africain ».
> « Lors des Championnats d’Afrique d’athlétisme 2023 à Maurice, le relais 4 × 100 m masculin camerounais a réalisé un temps de 38,90 s, battant le précédent record national de 39,25 s établi en 2019. Cette performance, réalisée par une équipe composée de jeunes sprinteurs issus des lycées de Yaoundé et de Douala, témoigne de l’efficacité du nouveau programme de détection lancé par la Fédération Camerounaise d’Athlétisme en 2021, qui met l’accent sur les tests de vitesse à 30 m et le travail de démarrage aux blocs. »
**Commentaire attendu** :
- **Contextualiser** le document (Championnats d’Afrique 2023, lieu, enjeux pour le Cameroun).
- **Identifier** l’information principale : amélioration du record national du relais 4 × 100 m.
- **Analyser** les causes avancées : programme de détection (tests de vitesse à 30 m, travail de démarrage aux blocs), rôle des lycées, encadrement fédéral.
- **Évaluer** la portée : impact sur la motivation des jeunes, potentiel pour les Jeux Africains 2024 et les Jeux Olympiques 2028.
- **Critiquer** éventuellement : besoin de confirmer la constance des performances, importance du travail d’endurance de vitesse et de la récupération.
- **Conclure** en reliant le document aux notions du cours : importance de la technique de départ, de la fréquence de pas et de la passation du témoin en relais.
### Sujet 3 – Question de cours
**Intitulé** : *Expliquer les différences biomecaniques entre le lancer du poids (technique glide) et le lancer du javelot, en mettant l’accent sur les facteurs qui déterminent la distance de lancement.*
**Réponse structurée** :
1. **Définir chaque lancer** (poids : boule métallique, cercle 2,135 m ; javelot : lance aérodynamique, piste de 30 m).
2. **Décrire la technique glide** : déplacement linéaire dans le cercle, transfert du poids du pied arrière au pied avant, libération depuis l’épaule.
3. **Décrire la technique du javelot** : course d’élan, placement du javelot au‑dessus de l’épaule, angle de libération 30‑36°, attitude de l’axe légèrement inclinée vers le haut.
4. **Facteurs influençant la distance** :
- Pour le poids : vitesse de libération (v), angle de libération (≈40°), hauteur de libération, masse de l’engin (constante).
- Pour le javelot : vitesse de libération (v), angle de libération (optimal 30‑36°), portance liée à la forme et à l’angle d’attaque, vitesse du vent relatif, hauteur de libération.
5. **Comparaison** : le poids dépend surtout de la force explosive et de la vitesse linéaire du corps ; le javelot dépend davantage de la vitesse d’élan, de l’angle de lancement et de l’interaction aérodynamique (portance et traînée).
6. **Exemple numérique** : montrer qu’une augmentation de 0,5 m/s de la vitesse de libération augmente la distance du poids d’environ 0,3 m (en négligeant la traînée), tandis qu’une même augmentation pour le javelot augmente la distance d’environ 0,4‑0,5 m du fait de la portance.
7. **Conclusion** : synthétiser que, bien que les deux lancers reposent sur la conversion de l’énergie cinétique en énergie de projectile, les contraintes techniques (masse, forme, aérodynamisme) modifient la relation entre vitesse de libération et distance.
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## Erreurs fréquentes
| Erreur fréquente | Explication | Correction |
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| **Confondre la fréquence de pas avec la longueur de foulée** | Certains élèves pensent qu’une fréquence élevée implique forcément une longue foulée, alors que les deux sont indépendantes (on peut avoir une fréquence élevée avec des foulées courtes, typique des sprinters de haut niveau). | Rappeler que vitesse = fréquence de pas × longueur de foulée ; travailler séparément les deux qualités. |
| **Penser que l’angle de lancement optimal est toujours 45°** | Cette valeur vaut seulement pour un lancement sans traînée et sans portance (ex. : balle parfaite). En lancer du poids, l’optimum est autour de 40° à cause de la hauteur de libération ; au javelot, l’optimum est 30‑36° en raison de la portance. | Préciser les spécificités de chaque lancer et l’influence de la hauteur de libération et des forces aérodynamiques. |
| **Croire que le Fosbury Flop nécessite moins de force que le ventral roll** | Le Flop réduit la hauteur du centre de masse mais exige une grande vitesse d’élan et une bonne maîtrise de l’arche du dos ; la force explosive reste essentielle. | Souligner que la technique améliore l’efficacité, pas la réduction de la force nécessaire. |
| **Assimiler le glide et le spin comme étant interchangeables** | Le glide privilégie un déplacement linéaire, le spin une rotation rapide ; ils sollicitent différemment les chaînes musculaires et ne donnent pas les mêmes résultats selon le gabarit de l’athlète. | Expliquer les avantages/inconvénients de chacun selon la taille, la force et la préférence technique. |
| **Oublier de convertir les unités lors du calcul de la vitesse** | Utiliser du km/h au lieu de m/s dans la formule d’énergie cinétique entraîne des erreurs de facteur 3,6. | Insister sur la conversion : 1 m/s = 3,6 km/h ; toujours travailler en unités SI dans les calculs. |
| **Confondre le secteur de lancement avec la zone de lancer** | Le secteur désigne la zone d’atterrissage (angle de 34,92°) ; la zone de lancer est le cercle où l’athlète doit rester pendant le mouvement. | Définir clairement les deux notions et rappeler leurs dimensions respectives. |
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> **Fin du cours**. Vous disposez désormais d’un ensemble complet permettant de réviser en profondeur l’athlétisme : courses, sauts et lancers, avec les références historiques, les données camerounaises et africaines, les schémas méthodologiques et les conseils pour éviter les pièges les plus fréquents à l’examen du Baccalauréat. Bonne étude et bon courage pour vos épreuves !
Quiz du chapitre
5 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.