Chapitre 4
Le Cameroun dans la coopération multilatérale : Union Européenne, Francophonie, Commonwealth et Conférence des pays islamiques
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# Le Cameroun dans la coopération multilatérale : Union Européenne, Francophonie, Commonwealth et Conférence des pays islamiques
## Introduction
Depuis son indépendance en 1960, le Cameroun a fait de la coopération multilatérale un pilier fondamental de sa politique étrangère. Convaincu que les défis du développement ne peuvent être relevés isolément, le pays s'est résolument engagé dans plusieurs organisations internationales, tant à l'échelle continentale que mondiale. Cette stratégie d'ouverture multilatérale répond à des objectifs multiples : mobiliser des ressources financières et techniques pour le développement, promouvoir la paix et la sécurité, défendre ses intérêts économiques et commerciaux, et affirmer sa souveraineté sur la scène internationale. Le Cameroun entretient ainsi des relations privilégiées avec l'Union Européenne (UE), cadre historique de sa coopération avec l'Europe, et participe activement à des organisations de coopération culturelle et politique telles que la Francophonie, le Commonwealth et la Conférence des pays islamiques. Ces quatre cadres multilatéraux illustrent la diversité des partenariats du Cameroun et sa volonté de diversifier ses alliances tout en préservant ses intérêts nationaux.
## I. Le Cameroun et l'Union Européenne
### 1. Objectifs et structure de l'Union Européenne
L'Union Européenne est une organisation supranationale créée par le traité de Maastricht signé le 7 février 1992 et entré en vigueur le 1er novembre 1993. Elle succède aux Communautés Européennes issues du traité de Rome de 1957. L'UE compte actuellement 27 États membres.
> **À retenir** : L'Union Européenne (UE) est une organisation d'intégration régionale créée par le traité de Maastricht (1992), regroupant 27 États européens, dotée d'institutions supranationales et fondée sur des valeurs de paix, de démocratie et de solidarité.
Les objectifs fondamentaux de l'UE sont :
- La promotion de la paix, des valeurs européennes et du bien-être de ses citoyens ;
- L'établissement d'un marché intérieur unique garantissant la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux ;
- La création d'une union économique et monétaire avec l'euro comme monnaie unique ;
- La promotion du développement durable, du progrès social et de la protection de l'environnement ;
- La lutte contre l'exclusion sociale et les discriminations ;
- Le développement d'une politique étrangère et de sécurité commune.
Les principales institutions de l'UE sont :
- **La Commission Européenne** : organe exécutif proposant les législations et gérant les politiques communes ;
- **Le Conseil de l'Union Européenne** : représentant les États membres, il adopte les actes législatifs ;
- **Le Parlement Européen** : élu au suffrage universel direct, il partage le pouvoir législatif avec le Conseil ;
- **La Cour de Justice de l'Union Européenne** : garant de l'interprétation et de l'application du droit européen ;
- **La Banque Centrale Européenne (BCE)** : responsable de la politique monétaire de la zone euro ;
- **La Cour des Comptes Européenne** : contrôle la gestion financière de l'UE.
### 2. Réalisations de l'UE au Cameroun
La coopération entre le Cameroun et l'UE s'inscrit dans un cadre historique remontant aux accords de Yaoundé (1963 et 1969), puis aux conventions de Lomé (1975, 1979, 1984, 1989) et enfin à l'Accord de Cotonou signé le 23 juin 2000 et révisé en 2005 et 2010.
> **À retenir** : L'Accord de Cotonou (2000) est l'accord-cadre régissant les relations entre l'UE et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Il repose sur trois piliers : la coopération au développement, la coopération économique et commerciale, et le dialogue politique.
Les réalisations concrètes de l'UE au Cameroun sont nombreuses et touchent plusieurs secteurs :
**Dans le domaine des infrastructures** :
- Le financement de la construction et de la réhabilitation de routes nationales, notamment la route Yaoundé-Douala et les axes structurants du réseau routier camerounais ;
- L'appui au Programme Sectoriel Transports (PST) avec des financements du Fonds Européen de Développement (FED) ;
- La construction de ponts et d'ouvrages d'art dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua.
**Dans le secteur de la santé** :
- Le financement du Programme d'Appui à la Lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose ;
- L'approvisionnement en médicaments essentiels et l'équipement des hôpitaux régionaux ;
- L'appui à la campagne de vaccination contre la COVID-19 et le renforcement du système de santé camerounais ;
- Le soutien au Programme Élargi de Vaccination (PEV) et à la lutte contre les épidémies de choléra.
**Dans le secteur de l'éducation et de la formation professionnelle** :
- Le financement de la construction de salles de classe et d'écoles normales d'instituteurs ;
- L'appui à l'enseignement technique et à la formation professionnelle à travers le Programme d'Appui à la Formation Professionnelle (PAFP) ;
- Le soutien aux bourses d'études et aux programmes d'échanges universitaires (programme Erasmus).
**Dans le domaine de la gouvernance et de l'État de droit** :
- L'appui à la modernisation de l'administration publique et à la décentralisation ;
- Le financement de programmes de renforcement des capacités institutionnelles ;
- Le soutien aux élections et à la société civile camerounaise.
**Dans le secteur agricole et rural** :
- Le financement du Programme d'Appui au Développement Rural (PADER) ;
- L'appui à la filière cacao-café, à l'huile de palme et à l'agriculture familiale ;
- Le soutien aux organisations paysannes et aux coopératives agricoles.
**Dans le domaine de l'environnement et de l'énergie** :
- Le financement de projets d'électrification rurale par énergie solaire ;
- L'appui à la gestion durable des forêts et à la lutte contre la déforestation ;
- Le soutien au Programme National de Développement Participatif (PNDP).
### 3. Implication du Cameroun dans les relations ACP/UE
Le Cameroun est membre du groupe des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), regroupement créé par l'Accord de Georgetown en 1975. Ce groupe compte aujourd'hui 79 États membres.
> **À retenir** : Le groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) est une organisation internationale créée en 1975 par l'Accord de Georgetown, regroupant 79 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, dont le Cameroun, pour négocier collectivement avec l'Union Européenne.
**Les conventions ACP/UE** :
- **Les Conventions de Lomé** (1975-2000) : quatre conventions successives (Lomé I en 1975, Lomé II en 1979, Lomé III en 1984, Lomé IV en 1989) ont régi les relations ACP/UE. Elles prévoyaient des mécanismes de coopération privilégiant l'aide au développement et des préférences commerciales non réciproques.
- **L'Accord de Cotonou** (2000-2020) : signé le 23 juin 2000 à Cotonou (Bénin), il a succédé aux Conventions de Lomé. Il repose sur trois piliers : la coopération au développement, la coopération économique et commerciale, et le dialogue politique. Il a été révisé en 2005 et 2010.
- **L'Accord post-Cotonou** : signé le 15 avril 2021 à Samoa, il régit les relations entre l'UE et l'Organisation des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) pour la période 2021-2027.
**Les Accords de Partenariat Économique (APE)** :
Le Cameroun a signé un Accord de Partenariat Économique intérimaire avec l'UE le 15 janvier 2009, entré en vigueur le 4 août 2014. Cet accord, dit APE d'étape, prévoit :
- La libéralisation progressive des échanges commerciaux entre le Cameroun et l'UE ;
- L'ouverture du marché camerounais aux produits européens sur une période de 15 ans (jusqu'en 2029) ;
- Le maintien de l'accès préférentiel des produits camerounais au marché européen ;
- Des clauses de sauvegarde pour protéger les secteurs sensibles de l'économie camerounaise ;
- Un accompagnement financier pour la mise à niveau des entreprises camerounaises.
> **À retenir** : L'Accord de Partenariat Économique (APE) intérimaire Cameroun-UE, signé en 2009 et entré en vigueur en 2014, est un accord commercial qui libéralise progressivement les échanges entre les deux parties, tout en maintenant des clauses de sauvegarde pour protéger l'économie camerounaise.
**Le Fonds Européen de Développement (FED)** :
Le FED est le principal instrument de l'aide communautaire de l'UE aux pays ACP. Créé en 1957 par le traité de Rome, il est financé par les contributions volontaires des États membres de l'UE. Le Cameroun a bénéficié de plusieurs cycles de programmation du FED :
- **FED 9 (2002-2007)** : enveloppe de 152 millions d'euros pour le Cameroun ;
- **FED 10 (2008-2013)** : enveloppe de 222 millions d'euros ;
- **FED 11 (2014-2020)** : enveloppe de 245 millions d'euros ;
- **FED 12 / NDICI (2021-2027)** : nouvelle programmation dans le cadre de l'instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale.
**La Banque Européenne d'Investissement (BEI)** :
La BEI est l'institution financière de l'UE chargée de financer des projets d'investissement. Au Cameroun, la BEI intervient dans :
- Le financement d'infrastructures énergétiques (barrage de Memve'ele, centrale à gaz de Kribi) ;
- Le soutien au secteur privé à travers des lignes de crédit aux banques locales ;
- Le financement de projets dans les secteurs des télécommunications et de l'eau.
**Le système STABEX** :
Le STABEX (Système de Stabilisation des Recettes d'Exportation) a été créé par la Convention de Lomé I en 1975. Il visait à compenser les pertes de recettes d'exportation des pays ACP dues à la chute des cours des produits agricoles de base. Le Cameroun a bénéficié de ce mécanisme pour ses exportations de cacao, de café et de coton.
> **À retenir** : Le STABEX (1975) était un mécanisme de compensation des pertes de recettes d'exportation des produits agricoles de base (cacao, café, coton) destiné aux pays ACP. Il a été remplacé en 2000 par le FLEX (mécanisme de compensation des fluctuations des recettes d'exportation).
**Le système SYSMIN** :
Le SYSMIN (Système de Stabilisation des Recettes d'Exportation des Produits Miniers) a été créé en 1985 pour compenser les pertes de recettes d'exportation des produits miniers. Bien que le Cameroun ne soit pas un grand pays minier, ce mécanisme a bénéficié à des pays voisins comme le Gabon et la République Centrafricaine, et le Cameroun a pu en tirer des enseignements pour la gestion de ses ressources naturelles.
**Le dialogue politique ACP/UE** :
Le Cameroun participe activement au dialogue politique prévu par l'Accord de Cotonou, qui couvre des sujets tels que :
- La paix et la sécurité (lutte contre Boko Haram dans l'Extrême-Nord) ;
- Les droits de l'Homme et la démocratie ;
- La migration et la mobilité ;
- Le changement climatique et la protection de l'environnement ;
- La lutte contre la corruption et la bonne gouvernance.
## II. Le Cameroun et l'Organisation Internationale de la Francophonie
### 1. Objectifs et structure de la Francophonie
L'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est une institution multilatérale créée en 1970 à Niamey (Niger) sous le nom d'Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT). Elle est devenue l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie en 1998, puis l'OIF en 2005.
> **À retenir** : L'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), créée en 1970 à Niamey, est une institution multilatérale regroupant 88 États et gouvernements membres ou observateurs ayant en commun l'usage de la langue française. Son siège est à Paris.
Les objectifs de la Francophonie sont :
- La promotion de la langue française et de la diversité culturelle et linguistique ;
- La promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l'Homme ;
- L'appui à l'éducation, la formation, l'enseignement supérieur et la recherche ;
- Le développement de la coopération économique au service du développement durable ;
- La solidarité et la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Les structures de la Francophonie sont :
- **Le Sommet de la Francophonie** : réunion des chefs d'État et de gouvernement tous les deux ans, il définit les grandes orientations de l'organisation ;
- **La Conférence Ministérielle de la Francophonie (CMF)** : elle assure le suivi des décisions du Sommet ;
- **Le Conseil Permanent de la Francophonie (CPF)** : organe de coordination entre les sommets ;
- **Le Secrétariat Général** : dirigé par la Secrétaire Générale, actuellement Louise Mushikiwabo (depuis 2019), il assure la mise en œuvre des programmes ;
- **L'Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF)** : regroupant les parlementaires des pays membres ;
- **Les opérateurs spécialisés** : l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), TV5 Monde, l'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), l'Université Senghor d'Alexandrie.
### 2. Apports de la Francophonie au Cameroun
Le Cameroun est membre de la Francophonie depuis 1991. Il participe activement aux sommets et aux instances de l'organisation. Les apports de la Francophonie au Cameroun sont multiples :
**Dans le domaine de l'éducation et de la formation** :
- L'appui à la formation des enseignants de français à travers l'École Normale Supérieure de Yaoundé ;
- Le soutien aux programmes d'enseignement bilingue français-anglais ;
- Les bourses d'études et de recherche offertes par l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) ;
- L'appui aux universités camerounaises pour la modernisation de leurs enseignements ;
- Le soutien aux centres de lecture et d'animation culturelle (CLAC) dans plusieurs villes du pays.
**Dans le domaine de la gouvernance et de l'État de droit** :
- L'appui aux processus électoraux et à la consolidation de la démocratie ;
- Le soutien aux réformes judiciaires et à la formation des magistrats ;
- L'assistance technique pour la décentralisation et la gouvernance locale ;
- Le soutien aux médias et à la liberté de la presse.
**Dans le domaine culturel** :
- Le soutien aux industries culturelles et créatives camerounaises ;
- La promotion des artistes et écrivains camerounais sur la scène internationale ;
- L'organisation d'événements culturels (Jeux de la Francophonie, Journée Internationale de la Francophonie) ;
- Le soutien à la traduction et à la diffusion des œuvres littéraires camerounaises.
**Dans le domaine économique** :
- L'appui aux petites et moyennes entreprises (PME) francophones ;
- Le soutien à l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes ;
- L'organisation de forums économiques et de rencontres d'affaires.
### 3. Apports du Cameroun à la Francophonie
Le Cameroun contribue également de manière significative au rayonnement de la Francophonie :
**Sur le plan politique** :
- La participation active aux sommets et aux instances de l'organisation ;
- L'accueil de réunions et conférences internationales de la Francophonie ;
- La contribution à la réflexion sur l'avenir de la Francophonie et son adaptation aux enjeux contemporains ;
- La promotion du dialogue interculturel et de la diversité linguistique.
**Sur le plan culturel et linguistique** :
- Le Cameroun est un exemple de bilinguisme officiel (français-anglais) et de diversité linguistique avec plus de 250 langues nationales ;
- La contribution des écrivains camerounais (Mongo Beti, Calixthe Beyala, Léonora Miano, Hemley Boum) au rayonnement de la littérature francophone ;
- La participation régulière des artistes camerounais aux Jeux de la Francophonie ;
- L'organisation de la Semaine de la Francophonie chaque mois de mars.
**Sur le plan institutionnel** :
- La présence de Camerounais dans les instances et les programmes de la Francophonie ;
- L'accueil de l'Université Catholique d'Afrique Centrale (UCAC) qui forme des cadres francophones de la sous-région ;
- La contribution du Cameroun à la réflexion sur la place du français dans la mondialisation.
## III. Le Cameroun, le Commonwealth et la Conférence des pays islamiques
### 1. Le Cameroun et le Commonwealth
#### a. Objectifs et structure du Commonwealth
Le Commonwealth est une organisation intergouvernementale regroupant 56 États membres, pour la plupart d'anciennes colonies britanniques. Ses origines remontent à la Conférence impériale de 1926 et au Statut de Westminster de 1931.
> **À retenir** : Le Commonwealth est une organisation intergouvernementale créée officiellement par la Déclaration de Londres en 1949, regroupant 56 États membres unis par des liens historiques avec le Royaume-Uni. Sa devise est « Un Commonwealth de nations libres et égales ».
Les objectifs du Commonwealth sont :
- La promotion de la démocratie, des droits de l'Homme et de l'État de droit ;
- La promotion du développement économique et social des États membres ;
- La coopération dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'agriculture et de la technologie ;
- La promotion de la paix et de la sécurité internationales ;
- La défense des valeurs communes et de la diversité culturelle.
Les structures du Commonwealth sont :
- **Le Sommet des chefs de gouvernement (CHOGM)** : réunion biennale des chefs d'État et de gouvernement ;
- **Le Secrétariat du Commonwealth** : basé à Londres, dirigé par le Secrétaire Général (actuellement Patricia Scotland, depuis 2016) ;
- **La Fondation du Commonwealth** : chargée de la coopération technique et du développement ;
- **Le Commonwealth Business Council (CBC)** : pour la promotion des échanges économiques ;
- **L'Association Parlementaire du Commonwealth (CPA)** : regroupant les parlementaires des États membres.
#### b. L'adhésion du Cameroun au Commonwealth
Le Cameroun a adhéré au Commonwealth le 13 novembre 1995 lors du Sommet d'Auckland (Nouvelle-Zélande). Cette adhésion s'explique par :
- La volonté de renforcer les liens avec les pays anglophones, notamment le Nigeria et les pays d'Afrique de l'Est et australe ;
- Le caractère bilingue du pays (français et anglais) qui justifie son appartenance aux deux espaces linguistiques ;
- La recherche de nouveaux partenaires économiques et commerciaux ;
- La volonté de diversifier ses alliances diplomatiques.
> **À retenir** : Le Cameroun a adhéré au Commonwealth le 13 novembre 1995 au Sommet d'Auckland (Nouvelle-Zélande), devenant ainsi le deuxième pays francophone membre de cette organisation après le Mozambique (1995).
#### c. Apports réciproques entre le Cameroun et le Commonwealth
**Apports du Commonwealth au Cameroun** :
- L'accès à un vaste réseau de coopération économique et commerciale avec les pays anglophones ;
- Des programmes de formation et de renforcement des capacités dans divers domaines ;
- L'appui au développement du secteur privé et à l'amélioration du climat des affaires ;
- Des bourses d'études et des programmes d'échanges universitaires ;
- L'assistance technique dans les domaines de la gouvernance, de la lutte contre la corruption et de la réforme du secteur public ;
- La participation aux Jeux du Commonwealth pour les athlètes camerounais ;
- L'accès aux programmes de la Fondation du Commonwealth pour la société civile.
**Apports du Cameroun au Commonwealth** :
- Le renforcement du caractère multiculturel et multilingue de l'organisation ;
- La contribution à la diversité géographique et culturelle du Commonwealth ;
- La participation active aux sommets et aux programmes de l'organisation ;
- L'expertise camerounaise dans la gestion de la diversité linguistique et culturelle ;
- La contribution aux opérations de maintien de la paix et à la sécurité internationale.
### 2. Le Cameroun et la Conférence des pays islamiques
#### a. Objectifs et structure de l'Organisation de la Coopération Islamique
La Conférence des pays islamiques, devenue Organisation de la Coopération Islamique (OCI) en 2011, a été créée le 25 septembre 1969 à Rabat (Maroc) à la suite de l'incendie de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.
> **À retenir** : L'Organisation de la Coopération Islamique (OCI), créée le 25 septembre 1969 à Rabat, est la deuxième plus grande organisation intergouvernementale après l'ONU, regroupant 57 États membres répartis sur quatre continents. Son siège est à Djeddah (Arabie Saoudite).
Les objectifs de l'OCI sont :
- La solidarité entre les États membres et la protection de leurs intérêts communs ;
- La coopération dans les domaines politique, économique, social, culturel et scientifique ;
- La défense de la cause palestinienne et des lieux saints de l'Islam ;
- La lutte contre l'islamophobie et la diffamation des religions ;
- La promotion de la paix, de la sécurité et de la modération ;
- Le développement économique et social des États membres.
Les structures de l'OCI sont :
- **Le Sommet Islamique** : réunion des chefs d'État et de gouvernement, tenue tous les trois ans ;
- **La Conférence des Ministres des Affaires Étrangères** : réunion annuelle ;
- **Le Secrétariat Général** : basé à Djeddah, dirigé par le Secrétaire Général (actuellement Hissein Brahim Taha, depuis 2021) ;
- **Les organes subsidiaires** : la Banque Islamique de Développement (BID), l'Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture (ISESCO), l'Agence de Presse Islamique Internationale (IINA), la Chambre de Commerce Islamique.
#### b. L'adhésion du Cameroun à l'OCI
Le Cameroun a adhéré à l'Organisation de la Coopération Islamique en 1974. Cette adhésion s'explique par :
- La présence d'une importante communauté musulmane dans le pays (environ 20 à 30 % de la population) ;
- La volonté de renforcer la coopération avec les pays arabes et musulmans ;
- La recherche de financements pour le développement (notamment auprès de la Banque Islamique de Développement) ;
- La solidarité avec les causes défendues par l'organisation.
> **À retenir** : Le Cameroun a adhéré à l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI) en 1974, en raison de la présence d'une importante communauté musulmane et de la volonté de diversifier ses partenariats internationaux.
#### c. Apports réciproques entre le Cameroun et l'OCI
**Apports de l'OCI au Cameroun** :
- Le financement de projets de développement par la Banque Islamique de Développement (BID) :
- Construction et équipement d'hôpitaux et de centres de santé ;
- Financement de projets d'infrastructures routières et énergétiques ;
- Appui au secteur de l'éducation avec la construction d'écoles et de centres de formation ;
- Financement de projets agricoles et de développement rural.
- L'octroi de bourses d'études aux étudiants camerounais dans les universités des pays membres ;
- L'assistance humanitaire en cas de catastrophes naturelles ;
- Le soutien aux programmes de lutte contre la pauvreté ;
- La coopération culturelle et religieuse (formation des imams, construction de mosquées) ;
- L'appui au développement de la finance islamique au Cameroun.
**Apports du Cameroun à l'OCI** :
- La participation active aux sommets et aux conférences de l'organisation ;
- La contribution à la promotion de la paix et de la sécurité dans la région (lutte contre Boko Haram) ;
- L'expertise camerounaise dans la gestion du dialogue interreligieux et de la coexistence pacifique entre communautés ;
- La contribution au rayonnement de l'organisation en Afrique centrale ;
- La participation aux opérations de maintien de la paix dans les pays membres.
### 3. La cohérence de la politique multilatérale camerounaise
La participation du Cameroun à ces différentes organisations multilatérales témoigne d'une politique étrangère pragmatique et diversifiée. Le pays tire profit de sa double appartenance linguistique (francophone et anglophone) et de sa diversité religieuse (chrétienne et musulmane) pour tisser des alliances multiples.
Cette stratégie permet au Cameroun :
- De diversifier ses sources de financement et de coopération technique ;
- De renforcer son poids diplomatique sur la scène internationale ;
- De défendre ses intérêts économiques et commerciaux dans différents espaces ;
- De promouvoir son modèle de coexistence pacifique et de dialogue interculturel ;
- De contribuer à la paix et à la sécurité internationales.
## Conclusion
Depuis son indépendance, le Cameroun a fait de la coopération multilatérale un instrument essentiel de sa politique étrangère. Son engagement au sein de l'Union Européenne, de la Francophonie, du Commonwealth et de l'Organisation de la Coopération Islamique illustre une diplomatie d'ouverture et de diversification des partenariats. Ces quatre cadres multilatéraux apportent au Cameroun des ressources financières, une assistance technique, des opportunités commerciales et un soutien politique précieux. En retour, le Cameroun contribue à ces organisations par son expertise, sa stabilité relative dans une région troublée, et son modèle de coexistence pacifique entre communautés linguistiques et religieuses diverses.
Cette stratégie multilatérale permet au Cameroun de défendre ses intérêts nationaux tout en participant à la construction d'un ordre international plus juste et plus solidaire. Elle s'inscrit dans la vision d'un Cameroun émergent, ouvert sur le monde et résolument engagé dans la coopération internationale. Toutefois, elle implique également des défis : la cohérence entre les différents engagements internationaux, la capacité à mobiliser effectivement les ressources promises, et la nécessité de négocier des accords équilibrés qui préservent les intérêts du pays et de ses populations. La réussite de cette politique multilatérale dépendra de la capacité du Cameroun à transformer ces partenariats en bénéfices concrets pour son développement économique et social.
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