Chapitre 19
Les classes de mots variables
Lecture : 36 minQuiz de 12 questions
# Les classes de mots variables
## Introduction
L'étude de la grammaire française repose sur un socle fondamental : la classification des mots en catégories grammaticales, également appelées classes grammaticales ou natures de mots. Le français normatif distingue traditionnellement neuf classes grammaticales, réparties en deux grands ensembles : les classes de mots variables et les classes de mots invariables. Les mots variables sont ceux qui changent de forme selon le contexte grammatical — ils s'accordent en genre, en nombre, en personne, ou se conjuguent. Les mots invariables, quant à eux, conservent une forme unique quelle que soit la situation d'énonciation.
La langue française compte ainsi cinq classes de mots variables : le nom (ou substantif), l'article, le pronom, l'adjectif et le verbe. Ces cinq classes constituent l'ossature de toute phrase française : elles portent le sens, organisent la référence au monde et au discours, et structurent la prédication. Les quatre classes invariables — l'adverbe, la préposition, la conjonction et l'interjection — seront étudiées dans un chapitre ultérieur.
La maîtrise des classes de mots variables est essentielle pour tout apprenant du français, car elle conditionne l'accord correct des mots entre eux, la construction des phrases complexes et la compréhension fine des textes. Dans le cadre du programme camerounais de français, ce chapitre constitue une base indispensable pour l'analyse grammaticale, la rédaction et l'étude des textes littéraires. Nous examinerons successivement chacune de ces cinq classes, en précisant leurs sous-catégories, leurs caractéristiques morphologiques et leurs fonctions syntaxiques.
## I. Le nom (ou substantif)
### 1. Définition et caractéristiques générales
Le nom, également appelé substantif, est une classe de mots variables qui sert à désigner, à nommer des êtres, des choses, des idées, des sentiments, des actions ou des états. Il constitue le noyau du groupe nominal et joue des fonctions essentielles dans la phrase : sujet, complément d'objet, complément circonstanciel, attribut, apposition, etc.
> **À RETENIR** : Le nom est un mot variable qui désigne un être, une chose, une idée ou un concept. Il varie en genre (masculin/féminin) et en nombre (singulier/pluriel).
La variation du nom s'effectue principalement par l'ajout d'un "s" au pluriel pour la plupart des noms, mais de nombreuses irrégularités existent : les noms en "al" font leur pluriel en "aux" (un cheval, des chevaux), les noms en "ou" prennent un "s" sauf sept exceptions qui prennent un "x" (bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou), les noms en "eau", "au" et "eu" prennent un "x" (un bateau, des bateaux), etc. En ce qui concerne le genre, la variation peut se faire par l'ajout d'un "e" muet (un ami, une amie), par le changement du suffixe (un acteur, une actrice), ou par l'emploi de termes totalement différents (un homme, une femme ; un mari, une épouse).
### 2. Le nom propre et le nom commun
La distinction entre nom propre et nom commun est fondamentale.
**Le nom commun** désigne une catégorie générale d'êtres ou de choses. Il est généralement accompagné d'un déterminant et s'écrit avec une minuscule. Par exemple : un élève, une ville, un fleuve, la joie, la liberté. Le nom commun peut être concret (désignant ce qui est perceptible par les sens : un arbre, une table, un bruit) ou abstrait (désignant des réalités intellectuelles ou affectives : le courage, la patience, la beauté).
**Le nom propre** désigne un être ou une chose particulière, unique. Il s'écrit avec une majuscule et n'est généralement pas précédé d'un article, sauf dans certains cas particuliers (les noms de pays, de fleuves, de peuples). Par exemple : Douala, Yaoundé, le Cameroun, le Wouri, Marie, Ahmadou, Christophe.
> **À RETENIR** : Le nom commun désigne une catégorie générale (un paysan, une rivière) ; le nom propre désigne un être ou une chose particulière (Bello, la Sanaga). Le nom propre prend toujours une majuscule.
Dans le contexte camerounais, on rencontre de nombreux noms propres : les villes (Bafoussam, Garoua, Limbé), les régions (l'Adamaoua, le Littoral, l'Extrême-Nord), les ethnies (les Bamilékés, les Betis, les Doualas), les personnalités historiques (Ruben Um Nyobé, Ahmadou Ahidjo, Paul Biya), les écrivains (Ferdinand Oyono, Mongo Beti, Calixthe Beyala). Ces noms propres illustrent la richesse onomastique du Cameroun et sa diversité culturelle.
Il convient de noter que certains noms propres peuvent devenir des noms communs par antonomase : un "tartufe" désigne un hypocrite (du nom du personnage de Molière), un "don juan" désigne un séducteur. Inversement, certains noms communs peuvent être employés comme noms propres : "la République" pour désigner l'État camerounais.
### 3. La variation en genre
Le genre est une propriété grammaticale du nom qui peut être masculin ou féminin. En français, le genre est souvent arbitraire pour les objets inanimés (une table est féminine, un bureau est masculin), mais il correspond généralement au sexe pour les êtres animés.
La formation du féminin des noms suit plusieurs règles :
- Ajout d'un "e" muet : un ami → une amie ; un élève → une élève ; un marchand → une marchande.
- Modification de la terminaison : un lion → une lionne ; un chien → une chienne ; un paysan → une paysanne.
- Changement de suffixe : un acteur → une actrice ; un directeur → une directrice ; un instituteur → une institutrice ; un vendeur → une vendeuse ; un menteur → une menteuse.
- Terminaisons particulières : un époux → une épouse ; un veuf → une veuve ; un favori → une favorite.
- Mots totalement différents : un homme → une femme ; un père → une mère ; un frère → une sœur ; un oncle → une tante ; un garçon → une fille ; un mari → une épouse.
Certains noms ont un genre variable selon le sens : un aide (personne qui aide) / une aide (assistance) ; un manche (d'un outil) / une manche (de vêtement) ; un livre (ouvrage) / une livre (unité de poids) ; un moule (pour donner une forme) / une moule (coquillage) ; un tour (action de tourner) / une tour (édifice).
> **À RETENIR** : Le genre du nom est une propriété grammaticale (masculin ou féminin). Pour les êtres animés, il correspond généralement au sexe ; pour les choses, il est souvent arbitraire et doit être appris.
### 4. La variation en nombre
Le nombre est la propriété grammaticale qui distingue le singulier (un seul élément) du pluriel (plusieurs éléments). La marque régulière du pluriel est l'ajout d'un "s" au singulier : un livre → des livres ; une maison → des maisons ; un arbre → des arbres.
Cependant, de nombreuses irrégularités existent :
- Les noms en "s", "x", "z" ne changent pas au pluriel : un bois → des bois ; une noix → des noix ; un nez → des nez.
- Les noms en "al" font leur pluriel en "aux" : un journal → des journaux ; un cheval → des chevaux ; un animal → des animaux. Exceptions : des bals, des carnavals, des festivals, des chacals, des récitals.
- Les noms en "ou" prennent un "s" au pluriel, sauf sept exceptions qui prennent un "x" : des bijoux, des cailloux, des choux, des genoux, des hiboux, des joujoux, des poux.
- Les noms en "eau", "au", "eu" prennent un "x" : des bateaux, des châteaux, des tuyaux, des cheveux, des jeux. Exception : des landaus, des pneus.
- Les noms en "ail" prennent généralement un "s" : des chandails, des éventails, des détails. Exceptions : des travaux, des vitraux, des émaux, des soupiraux, des coraux.
Certains noms n'existent qu'au pluriel : les funérailles, les obsèques, les ténèbres, les arrérages, les honoraires. D'autres n'ont pas de pluriel : le sud, le nord, l'ouest, l'est, la faim, la soif, le repos.
> **À RETENIR** : Le pluriel du nom se forme généralement par l'ajout d'un "s", mais il existe de nombreuses irrégularités (noms en "al" → "aux", noms en "ou" → "x" pour sept exceptions, etc.). Il faut les mémoriser.
Dans le contexte camerounais, on peut citer des exemples de noms composés au pluriel : des gardes-bœufs (gardiens de troupeaux dans le Grand Nord), des têtes-brûlées (jeunes gens audacieux), des coqs-à-l'âne (propos sans suite). Les noms composés suivent des règles complexes d'accord au pluriel : les deux éléments prennent la marque du pluriel s'ils sont tous deux des noms ou des adjectifs (des choux-fleurs, des coffres-forts) ; seul le premier élément varie s'il s'agit d'un nom suivi d'un complément (des timbres-poste, des arcs-en-ciel) ; le nom reste invariable s'il est suivi d'un adjectif (des garde-malades, des porte-bonheur).
## II. L'article
### 1. Définition et caractéristiques générales
L'article est un déterminant qui précède le nom et qui indique son genre, son nombre et son degré de détermination. Il fait partie du groupe nominal et s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il introduit. L'article est un mot variable, mais sa variation est limitée : il ne varie pas en personne.
> **À RETENIR** : L'article est un déterminant placé devant le nom. Il indique le genre (masculin/féminin), le nombre (singulier/pluriel) et le degré de détermination (défini, indéfini, partitif).
L'article remplit plusieurs fonctions : il actualise le nom (il le fait passer de la langue au discours), il indique si le nom est connu ou inconnu du locuteur et de l'interlocuteur, et il peut avoir une valeur générique (Le lion est un animal féroce) ou particularisante (Le lion du zoo de Mvog-Betsi s'est échappé).
### 2. L'article défini
L'article défini se présente sous les formes suivantes : le (masculin singulier), la (féminin singulier), l' (élision devant une voyelle ou un h muet), les (pluriel des deux genres).
Il s'emploie pour désigner un être ou une chose déjà connu(e), identifié(e) ou unique : Le soleil se lève à l'est ; La femme dont je t'ai parlé est arrivée ; Les élèves de la classe de Seconde A sont studieux ; L'amitié est un trésor précieux.
L'article défini peut avoir plusieurs valeurs :
- La valeur particularisante : il désigne un élément précis (Donne-moi le livre qui est sur la table).
- La valeur générique : il désigne toute une catégorie (Le chien est le meilleur ami de l'homme ; La femme camerounaise est courageuse).
- La valeur possessive : il remplace un possessif (Il a levé la main = sa main ; Elle a mal à la tête = à sa tête).
- La valeur emphatique : il renforce l'expression (Il a le courage de dire la vérité).
> **À RETENIR** : L'article défini (le, la, l', les) désigne un être ou une chose déjà identifié(e), connu(e) ou unique. Il peut avoir des valeurs particularisante, générique, possessive ou emphatique.
### 3. L'article indéfini
L'article indéfini se présente sous les formes suivantes : un (masculin singulier), une (féminin singulier), des (pluriel des deux genres).
Il s'emploie pour introduire un être ou une chose non encore identifié(e), présenté(e) pour la première fois dans le discours : Un homme est entré dans la salle ; Une jeune fille attendait devant le portail ; Des enfants jouaient dans la cour.
L'article indéfini peut avoir plusieurs valeurs :
- La valeur de première mention : il introduit un élément nouveau dans le discours (J'ai rencontré un ami hier).
- La valeur généralisante : il désigne un élément représentatif d'une catégorie (Un Camerounais est généralement accueillant).
- La valeur emphatique : il renforce une qualité (Il a un courage ! = il a un grand courage).
> **À RETENIR** : L'article indéfini (un, une, des) introduit un être ou une chose non encore identifié(e), présenté(e) pour la première fois. Il peut avoir des valeurs de première mention, généralisante ou emphatique.
### 4. L'article partitif
L'article partitif se présente sous les formes suivantes : du (masculin singulier), de la (féminin singulier), de l' (devant une voyelle ou un h muet). Il n'a pas de forme plurielle propre ; au pluriel, on emploie "des" ou "de".
Il s'emploie pour désigner une partie, une quantité indéterminée d'un tout, une matière non comptable : Je bois du thé ; Elle mange de la viande ; Nous prenons de l'eau ; Il achète des légumes au marché.
L'article partitif est utilisé avec les noms de matières, de denrées, de notions abstraites : du riz, de la farine, de l'huile, du courage, de la patience, de la joie.
> **À RETENIR** : L'article partitif (du, de la, de l') exprime une quantité indéterminée ou une partie d'un tout. Il s'emploie avec les noms de matières, de denrées et de notions abstraites.
Après une négation, l'article partitif et l'article indéfini se transforment en "de" ou "d'" : Je bois du thé → Je ne bois pas de thé ; J'ai un livre → Je n'ai pas de livre. Cependant, cette règle ne s'applique pas lorsque la négation porte sur un autre élément que le nom : Je ne bois pas du thé, mais du café (opposition maintenue).
### 5. L'article contracté
L'article contracté résulte de la contraction de la préposition "à" ou "de" avec l'article défini "le" ou "les" :
- à + le = au : Je vais au marché.
- à + les = aux : Elle parle aux élèves.
- de + le = du : Il revient du village.
- de + les = des : Ils arrivent des champs.
Il n'y a pas de contraction avec "la" et "l'" : à la (Je pense à la fête), à l' (Il va à l'école), de la (Elle vient de la ville), de l' (Nous parlons de l'avenir).
> **À RETENIR** : L'article contracté est la fusion d'une préposition (à ou de) avec un article défini (le ou les) : à + le = au ; à + les = aux ; de + le = du ; de + les = des.
Les articles contractés sont très fréquents en français et leur emploi correct est essentiel. On les rencontre dans de nombreuses expressions : aller au marché, revenir du travail, parler aux voisins, venir des champs, penser au lendemain, se souvenir des vacances.
Dans le contexte camerounais, on peut citer : aller au marché de Mokolo, revenir du quartier, parler aux aînés, venir des villages environnants, se rendre au stade de la Réunification, assister aux cours du soir.
## III. Le pronom
### 1. Définition et caractéristiques générales
Le pronom est un mot variable qui remplace un nom ou un groupe nominal, ou qui renvoie à un élément du discours. Le terme "pronom" vient du latin "pronomen" qui signifie "à la place du nom". Le pronom évite les répétitions et assure la cohésion du texte.
> **À RETENIR** : Le pronom est un mot variable qui remplace un nom ou un groupe nominal. Il évite les répétitions et assure la cohésion du discours.
Le pronom varie en genre, en nombre et en personne. Il peut avoir plusieurs fonctions dans la phrase : sujet, complément d'objet direct (COD), complément d'objet indirect (COI), complément circonstanciel, attribut, apposition.
On distingue six catégories de pronoms : les pronoms personnels, possessifs, démonstratifs, relatifs, interrogatifs et indéfinis.
### 2. Les pronoms personnels
Les pronoms personnels indiquent la personne grammaticale : la première personne (celui qui parle), la deuxième personne (celui à qui l'on parle) et la troisième personne (celui dont on parle).
Le tableau des pronoms personnels :
| Personne | Sujet | COD | COI | Formes toniques |
|----------|-------|-----|-----|-----------------|
| 1ère sing. | je | me, m' | me, m' | moi |
| 2ème sing. | tu | te, t' | te, t' | toi |
| 3ème sing. | il, elle, on | le, la, l' | lui | lui, elle, soi |
| 1ère plur. | nous | nous | nous | nous |
| 2ème plur. | vous | vous | vous | vous |
| 3ème plur. | ils, elles | les | leur | eux, elles |
Exemples : Je mange une mangue ; Tu me regardes ; Il la salue ; Nous leur parlons ; Vous nous écoutez ; Elles les attendent ; Pense à moi ; Viens avec nous ; Ce travail est pour toi.
Les pronoms personnels peuvent être :
- Atomes (formes non accentuées) : je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles, me, te, se, le, la, les, lui, leur, en, y.
- Toniques (formes accentuées) : moi, toi, lui, elle, soi, nous, vous, eux, elles.
Les pronoms "en" et "y" sont des pronoms personnels adverbiaux : "en" remplace un complément introduit par "de" (Tu parles de ce projet ? Oui, j'en parle) ; "y" remplace un complément introduit par "à" (Tu penses à tes études ? Oui, j'y pense).
> **À RETENIR** : Les pronoms personnels indiquent la personne grammaticale (1ère, 2ème, 3ème). Ils ont des formes atones (je, me, le, lui...) et des formes toniques (moi, toi, lui...). Les pronoms "en" et "y" remplacent respectivement des compléments introduits par "de" et "à".
### 3. Les pronoms possessifs
Les pronoms possessifs indiquent la possession et remplacent un nom précédé d'un adjectif possessif. Ils varient en personne, en genre et en nombre.
Le tableau des pronoms possessifs :
| Personne | Singulier | Pluriel |
|----------|-----------|---------|
| 1ère sing. | le mien, la mienne | les miens, les miennes |
| 2ème sing. | le tien, la tienne | les tiens, les tiennes |
| 3ème sing. | le sien, la sienne | les siens, les siennes |
| 1ère plur. | le nôtre, la nôtre | les nôtres |
| 2ème plur. | le vôtre, la vôtre | les vôtres |
| 3ème plur. | le leur, la leur | les leurs |
Exemples : Mon cahier est sur la table, mais le tien est dans ton sac ; Sa maison est grande, la nôtre est plus petite ; Leurs enfants sont à l'école, les miens sont à la maison ; J'ai oublié mon stylo, prête-moi le tien.
> **À RETENIR** : Les pronoms possessifs remplacent un nom précédé d'un adjectif possessif. Ils indiquent la possession et s'accordent en genre et en nombre avec le nom qu'ils remplacent.
### 4. Les pronoms démonstratifs
Les pronoms démonstratifs désignent un être ou une chose en les montrant. Ils remplacent un nom précédé d'un adjectif démonstratif.
Les formes des pronoms démonstratifs :
- Formes simples : celui (masculin singulier), celle (féminin singulier), ceux (masculin pluriel), celles (féminin pluriel).
- Formes composées : celui-ci, celui-là, celle-ci, celle-là, ceux-ci, ceux-là, celles-ci, celles-là.
- Formes neutres : ce, c', ceci, cela, ça.
Exemples : Ce livre est intéressant, mais celui que j'ai lu hier est passionnant ; Quelle robe préfères-tu ? Celle-ci ou celle-là ? ; Ceux qui travaillent réussiront ; Cela ne me regarde pas ; Ce que tu dis est vrai.
Les pronoms démonstratifs sont souvent accompagnés d'un complément du nom ou d'une proposition relative : Celui qui a volé sera puni ; Celle de Douala est plus grande que celle de Bafoussam ; Ceux qui viendront seront les bienvenus.
> **À RETENIR** : Les pronoms démonstratifs (celui, celle, ceux, celles, celui-ci, celui-là, ce, ceci, cela, ça) désignent un être ou une chose en les montrant. Ils peuvent être accompagnés d'un complément ou d'une relative.
### 5. Les pronoms relatifs
Les pronoms relatifs introduisent une proposition subordonnée relative et remplacent un antécédent (le nom ou le pronom qui précède). Ils assurent la liaison entre la proposition principale et la proposition subordonnée.
Les formes des pronoms relatifs :
- Simples : qui, que, quoi, dont, où.
- Composés : lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, auquel, à laquelle, auxquels, auxquelles, duquel, de laquelle, desquels, desquelles.
Exemples : L'homme qui parle est mon oncle ; Le livre que tu lis est passionnant ; La ville où je suis né est belle ; Le projet dont je t'ai parlé est ambitieux ; Le stylo avec lequel j'écris est neuf ; La raison pour laquelle il est parti est inconnue.
Les pronoms relatifs ont des fonctions différentes dans la proposition relative :
- "qui" est sujet : L'élève qui répond est sérieux.
- "que" est COD : Le film que nous avons vu est excellent.
- "quoi" est complément après une préposition : Ce à quoi je pense est important.
- "dont" est complément introduit par "de" : La personne dont je parle est mon ami.
- "où" est complément circonstanciel de lieu ou de temps : Le village où je passe mes vacances est paisible.
- "lequel" et ses composés sont compléments après une préposition : Le pays dans lequel nous vivons est beau.
> **À RETENIR** : Les pronoms relatifs (qui, que, quoi, dont, où, lequel et ses composés) introduisent une proposition subordonnée relative et remplacent un antécédent. Chaque pronom relatif a une fonction précise dans la relative.
### 6. Les pronoms interrogatifs
Les pronoms interrogatifs servent à poser une question. Ils remplacent le nom ou le groupe nominal sur lequel porte l'interrogation.
Les formes des pronoms interrogatifs :
- Simples : qui, que, quoi.
- Composés : lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, auquel, à laquelle, auxquels, auxquelles, duquel, de laquelle, desquels, desquelles.
Exemples : Qui a frappé à la porte ? ; Que veux-tu ? ; Quoi de neuf ? ; Lequel de ces livres préfères-tu ? ; À laquelle de ces jeunes filles as-tu parlé ? ; Duquel de tes amis parles-tu ?
L'interrogation peut être directe (avec un point d'interrogation) ou indirecte (introduite par un verbe comme demander, savoir, ignorer) : Je me demande qui est venu ; Dis-moi ce que tu veux ; Il ignore lequel de ces chemins mène à la ville.
> **À RETENIR** : Les pronoms interrogatifs (qui, que, quoi, lequel et ses composés) servent à poser une question, directe ou indirecte. Ils remplacent le nom sur lequel porte l'interrogation.
### 7. Les pronoms indéfinis
Les pronoms indéfinis désignent des êtres ou des choses de manière vague, imprécise, sans les identifier précisément.
Les formes des pronoms indéfinis : aucun, aucune, aucuns, aucunes ; autre, autres ; autrui ; certains, certaines ; chacun, chacune ; chacun ; plusieurs ; quelqu'un, quelqu'une, quelques-uns, quelques-unes ; quelque chose ; rien ; personne ; nul, nulle ; on ; tout, toute, tous, toutes ; tel, telle, tels, telles ; un, une ; l'un, l'une, les uns, les unes ; la plupart ; etc.
Exemples : Personne n'est venu ; Quelqu'un a téléphoné ; Chacun son tour ; Tous sont partis ; Plusieurs ont réussi ; Certains doutent encore ; Rien ne presse ; On dit que la pluie tombera demain ; La plupart des élèves ont compris la leçon ; Aucun de mes amis n'est venu.
Les pronoms indéfinis peuvent avoir des valeurs différentes :
- La valeur négative : personne, rien, aucun, nul (Personne ne sait ; Rien ne change).
- La valeur positive : quelqu'un, quelque chose, certains, plusieurs, tous (Quelqu'un m'a aidé ; Plusieurs ont réussi).
- La valeur distributive : chacun, chacune (Chacun prend son sac).
- La valeur généralisante : on, tout, tous (On dit que ; Tout est possible).
> **À RETENIR** : Les pronoms indéfinis (quelqu'un, personne, rien, chacun, tous, certains, plusieurs, on, etc.) désignent des êtres ou des choses de manière vague et imprécise. Ils peuvent avoir des valeurs négative, positive, distributive ou généralisante.
### 8. Les pronoms anaphoriques et cataphoriques
Les pronoms peuvent avoir deux fonctions essentielles dans le discours : la fonction anaphorique et la fonction cataphorique.
**La fonction anaphorique** : le pronom renvoie à un élément déjà mentionné dans le texte, appelé antécédent. Le pronom reprend cet antécédent pour éviter la répétition et assurer la continuité du discours. L'anaphore peut être :
- Fidèle : le pronom reprend exactement le même référent (Paul est arrivé. Il est fatigué).
- Infidèle : le pronom reprend le référent en ajoutant une information nouvelle (Paul est arrivé. Cet homme est fatigué).
Exemple d'anaphore : Aïcha a acheté un pagne. Elle le portera à la fête. Le pronom "elle" reprend "Aïcha" et le pronom "le" reprend "un pagne".
**La fonction cataphorique** : le pronom annonce un élément qui va être mentionné plus loin dans le texte. Le pronom précède son référent. C'est le cas notamment des pronoms démonstratifs neutres "ce", "ceci", "cela" : Je te dis ceci : sois prudent ; Il faut que tu saches cela : la vie est dure.
Exemple de cataphore : Écoute bien ceci : le professeur nous a donné un devoir pour lundi. Le pronom "ceci" annonce le contenu qui suit.
> **À RETENIR** : Un pronom est anaphorique lorsqu'il reprend un élément déjà mentionné (son antécédent). Il est cataphorique lorsqu'il annonce un élément qui va être mentionné plus loin. L'anaphore assure la cohésion du texte ; la cataphore crée un effet d'attente.
Dans le contexte camerounais, on peut illustrer l'anaphore ainsi : "Le président de la République a visité la région de l'Ouest. Il a inauguré plusieurs infrastructures." Le pronom "il" est anaphorique car il reprend "le président de la République". Pour la cataphore : "Je vais vous annoncer ceci : le match des Lions Indomptables est reporté." Le pronom "ceci" annonce l'information qui suit.
## IV. L'adjectif
### 1. Définition et caractéristiques générales
L'adjectif est un mot variable qui s'adjoint au nom pour le qualifier ou pour le déterminer. Il s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il accompagne. L'adjectif peut avoir deux grandes fonctions : épithète (lorsqu'il est placé directement à côté du nom) ou attribut (lorsqu'il est relié au nom par un verbe d'état).
> **À RETENIR** : L'adjectif est un mot variable qui s'adjoint au nom pour le qualifier ou le déterminer. Il s'accorde en genre et en nombre avec ce nom.
On distingue deux grandes catégories d'adjectifs : les adjectifs qualificatifs (qui expriment une qualité) et les adjectifs non qualificatifs (possessifs, démonstratifs, exclamatifs, interrogatifs, numéraux), qui sont parfois appelés déterminants.
### 2. L'adjectif qualificatif
L'adjectif qualificatif exprime une qualité, une caractéristique, une propriété du nom qu'il accompagne. Il peut être :
- Épithète : placé directement à côté du nom, sans verbe intermédiaire (Une jeune fille ; Un pays magnifique ; Des enfants turbulents).
- Attribut : relié au nom par un verbe d'état (être, paraître, sembler, devenir, rester, demeurer, avoir l'air, passer pour, être considéré comme) (Cette femme est courageuse ; Le ciel paraît menaçant ; Il semble fatigué).
- Apposé : détaché du nom par une virgule (Fatigué, il s'assit sous l'arbre ; La ville, belle et animée, s'éveillait).
L'adjectif qualificatif s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il qualifie :
- Ajout d'un "e" au féminin : un garçon poli → une fille polie.
- Ajout d'un "s" au pluriel : un homme grand → des hommes grands.
- Cas particuliers : un homme heureux → une femme heureuse ; un travail actif → une femme active ; un tissu blanc → une robe blanche ; un vieux monsieur → une vieille dame ; un beau tableau → une belle image.
La place de l'adjectif qualificatif varie selon le sens et l'usage :
- Placé après le nom, il a une valeur objective, descriptive : un homme grand, une robe bleue, un plat délicieux.
- Placé avant le nom, il a une valeur subjective, expressive : un grand homme, une belle robe, un délicieux plat.
Certains adjectifs changent de sens selon leur place : un grand homme (un homme remarquable) / un homme grand (un homme de grande taille) ; un brave homme (un homme honnête) / un homme brave (un homme courageux) ; une ancienne église (une église qui n'est plus en fonction) / une église ancienne (une église vieille).
> **À RETENIR** : L'adjectif qualificatif exprime une qualité. Il peut être épithète (à côté du nom), attribut (après un verbe d'état) ou apposé (détaché par une virgule). Il s'accorde en genre et en nombre avec le nom.
Dans le contexte camerounais : Le Mont Cameroun est un volcan imposant ; Les plages de Kribi sont magnifiques ; La forêt équatoriale est dense et luxuriante ; Les danses traditionnelles bamilékées sont rythmées et spectaculaires ; Le climat tropical est chaud et humide.
### 3. L'adjectif possessif
L'adjectif possessif indique la possession, l'appartenance. Il précède le nom et s'accorde en genre et en nombre avec ce nom, tout en indiquant la personne grammaticale du possesseur.
Le tableau des adjectifs possessifs :
| Personne | Un possesseur | Plusieurs possesseurs |
|----------|---------------|----------------------|
| 1ère sing. | mon, ma, mes | notre, nos |
| 2ème sing. | ton, ta, tes | votre, vos |
| 3ème sing. | son, sa, ses | leur, leurs |
Exemples : mon livre, ma maison, mes amis ; ton cahier, ta plume, tes stylos ; son père, sa mère, ses frères ; notre pays, notre école, nos parents ; votre village, votre classe, vos professeurs ; leur travail, leur famille, leurs enfants.
Règle particulière : devant un nom féminin commençant par une voyelle ou un h muet, on emploie "mon", "ton", "son" au lieu de "ma", "ta", "sa" : mon amie (et non ma amie), ton histoire (et non ta histoire), son école (et non sa école).
> **À RETENIR** : L'adjectif possessif (mon, ton, son, notre, votre, leur, etc.) indique la possession. Il s'accorde en genre et en nombre avec le nom possédé et indique la personne du possesseur. Devant un nom féminin commençant par une voyelle, on emploie mon, ton, son.
### 4. L'adjectif démonstratif
L'adjectif démonstratif sert à montrer, à désigner un être ou une chose. Il précède le nom et s'accorde en genre et en nombre avec lui.
Les formes de l'adjectif démonstratif :
- Singulier : ce (devant un nom masculin commençant par une consonne), cet (devant un nom masculin commençant par une voyelle ou un h muet), cette (devant un nom féminin).
- Pluriel : ces (pour les deux genres).
Exemples : ce livre, cet arbre, cet homme, cette femme, cette école, ces enfants, ces villages.
L'adjectif démonstratif peut être renforcé par les particules "-ci" et "-là" placées après le nom : ce livre-ci, cette femme-là, ces enfants-ci. La particule "-ci" indique la proximité, la particule "-là" indique l'éloignement.
> **À RETENIR** : L'adjectif démonstratif (ce, cet, cette, ces) sert à montrer, à désigner. Il s'accorde en genre et en nombre avec le nom. On peut le renforcer avec -ci (proximité) ou -là (éloignement).
### 5. L'adjectif exclamatif
L'adjectif exclamatif exprime l'étonnement, l'admiration, l'indignation ou toute autre émotion forte. Il s'emploie dans une phrase exclamative.
Les formes de l'adjectif exclamatif : quel (masculin singulier), quelle (féminin singulier), quels (masculin pluriel), quelles (féminin pluriel).
Exemples : Quel beau paysage ! ; Quelle belle journée ! ; Quels grands progrès ! ; Quelles merveilleuses nouvelles !
L'adjectif exclamatif s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il accompagne. Il est suivi d'un point d'exclamation dans l'interjection directe.
> **À RETENIR** : L'adjectif exclamatif (quel, quelle, quels, quelles) exprime une émotion forte (admiration, étonnement, indignation). Il s'accorde en genre et en nombre avec le nom et s'emploie dans les phrases exclamatives.
Dans le contexte camerounais : Quelle chaleur aujourd'hui ! ; Quel magnifique spectacle que la danse des Zangalewa ! ; Quelles belles couleurs sur ce pagne ! ; Quel courage ont montré les Lionnes !
### 6. L'adjectif interrogatif
L'adjectif interrogatif sert à poser une question sur l'identité ou la nature du nom qu'il accompagne. Il s'emploie dans une phrase interrogative, directe ou indirecte.
Les formes de l'adjectif interrogatif : quel (masculin singulier), quelle (féminin singulier), quels (masculin pluriel), quelles (féminin pluriel).
Exemples : Quel livre lis-tu ? ; Quelle est ta couleur préférée ? ; Quels sont tes projets ? ; Quelles leçons avez-vous apprises ? ; Je me demande quel chemin prendre ; Dis-moi quelle est ta ville natale.
L'adjectif interrogatif s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il accompagne. Il peut être suivi du verbe "être" : Quelle est ta nationalité ? ; Quels sont vos noms ?
> **À RETENIR** : L'adjectif interrogatif (quel, quelle, quels, quelles) sert à poser une question. Il s'accorde en genre et en nombre avec le nom et peut être employé dans l'interrogation directe ou indirecte.
### 7. L'adjectif numéral
L'adjectif numéral exprime une quantité précise, un nombre. On distingue deux types d'adjectifs numéraux : les cardinaux et les ordinaux.
**Les adjectifs numéraux cardinaux** indiquent une quantité précise : un, deux, trois, quatre, cinq, dix, cent, mille, etc. Ils sont généralement invariables, sauf quelques exceptions :
- "un" s'accorde en genre : un homme, une femme.
- "vingt" et "cent" prennent un "s" au pluriel lorsqu'ils sont multipliés et non suivis d'un autre numéral : quatre-vingts, deux cents, mais quatre-vingt-deux, deux cent dix.
- "mille" est toujours invariable : deux mille, trois mille.
Exemples : J'ai trois frères et deux sœurs ; Il y a cent élèves dans cette école ; Elle a acheté quatre-vingts mangues ; Nous avons parcouru deux mille kilomètres.
**Les adjectifs numéraux ordinaux** indiquent le rang, l'ordre : premier, deuxième, troisième, quatrième, etc. Ils s'accordent en genre et en nombre avec le nom : le premier élève, la première élève, les premiers résultats, les premières places.
Exemples : C'est son premier jour de classe ; Elle est arrivée deuxième à la course ; Nous célébrons le cinquantième anniversaire de l'indépendance.
> **À RETENIR** : Les adjectifs numéraux cardinaux (un, deux, trois...) indiquent une quantité et sont généralement invariables (sauf vingt et cent dans certains cas). Les adjectifs numéraux ordinaux (premier, deuxième...) indiquent un rang et s'accordent en genre et en nombre.
Dans le contexte camerounais : Le Cameroun compte dix régions ; La ville de Douala est la première ville économique du pays ; Les Lions Indomptables ont remporté leur cinquième Coupe d'Afrique des Nations en 2017 ; Le pays a célébré son soixantième anniversaire d'indépendance en 2020.
## V. Le verbe
### 1. Définition et caractéristiques générales
Le verbe est le mot le plus important de la phrase : il exprime l'action accomplie ou subie par le sujet, ou bien l'état dans lequel se trouve le sujet. Il est le noyau du prédicat et commande la structure de la phrase.
> **À RETENIR** : Le verbe est un mot variable qui exprime une action (courir, manger, parler) ou un état (être, sembler, paraître). Il se conjugue : il varie en personne, en nombre, en temps et en mode.
Le verbe se caractérise par sa conjugaison : il varie selon la personne (je, tu, il, nous, vous, ils), le nombre (singulier, pluriel), le temps (présent, passé, futur), le mode (indicatif, subjonctif, conditionnel, impératif, infinitif, participe) et la voix (active, passive, pronominale).
Le verbe est constitué de deux éléments : le radical (ou base), qui porte le sens, et la terminaison (ou désinence), qui indique la personne, le nombre, le temps et le mode. Par exemple, dans "nous chantons", le radical est "chant-" et la terminaison est "-ons".
### 2. Les trois groupes verbaux
La conjugaison française classe les verbes en trois groupes selon leur terminaison à l'infinitif et leurs caractéristiques morphologiques.
**Le premier groupe** comprend les verbes dont l'infinitif se termine en "-er" (sauf le verbe "aller"). C'est le groupe le plus nombreux et le plus régulier. Exemples : chanter, manger, parler, aimer, travailler, danser, jouer, marcher, penser, regarder, écouter, étudier, voyager, chanter.
Conjugaison du verbe "chanter" au présent de l'indicatif : je chante, tu chantes, il/elle chante, nous chantons, vous chantez, ils/elles chantent.
Particularités du premier groupe :
- Les verbes en "-cer" prennent une cédille devant "a" et "o" : je lance, nous lançons.
- Les verbes en "-ger" prennent un "e" devant "a" et "o" : je mange, nous mangeons.
- Les verbes en "-yer" transforment le "y" en "i" devant un "e" muet : j'emploie, nous employons.
- Les verbes en "-eler" et "-eter" doublent la consonne ou prennent un accent grave : j'appelle, je jette (ou je pèle, je gèle).
**Le deuxième groupe** comprend les verbes dont l'infinitif se termine en "-ir" et qui font leur participe présent en "-issant". Exemples : finir, choisir, grandir, rougir, vieillir, obéir, agir, réussir, remplir, punir.
Conjugaison du verbe "finir" au présent de l'indicatif : je finis, tu finis, il/elle finit, nous finissons, vous finissez, ils/elles finissent.
**Le troisième groupe** comprend tous les autres verbes : les verbes en "-ir" qui ne font pas leur participe présent en "-issant" (courir, dormir, partir, venir, tenir, sentir, servir, sortir, mentir), les verbes en "-oir" (voir, recevoir, devoir, pouvoir, vouloir, savoir, avoir), les verbes en "-re" (prendre, vendre, rendre, entendre, répondre, attendre, mettre, dire, faire, écrire, lire, rire, conduire, connaître, naître, vivre, croire, boire), et le verbe "aller".
Conjugaison du verbe "prendre" au présent de l'indicatif : je prends, tu prends, il/elle prend, nous prenons, vous prenez, ils/elles prennent.
> **À RETENIR** : Les verbes français sont classés en trois groupes : le premier groupe (verbes en -er, sauf aller), le deuxième groupe (verbes en -ir avec participe présent en -issant), et le troisième groupe (tous les autres verbes, y compris les verbes en -oir, -re et certains verbes en -ir). Le troisième groupe est le plus irrégulier.
Dans le contexte camerounais, on peut citer des verbes couramment employés : le premier groupe avec "manger" (Nous mangeons du ndolé), "danser" (Ils dansent le bikutsi), "voyager" (Elle voyage souvent entre Douala et Yaoundé) ; le deuxième groupe avec "finir" (Je finis mon travail), "réussir" (Tu réussiras ton examen) ; le troisième groupe avec "prendre" (Nous prenons le taxi), "venir" (Il vient du village), "voir" (Je vois le Mont Cameroun).
### 3. La transitivité verbale
La transitivité est la propriété qu'a un verbe de se construire avec un ou plusieurs compléments d'objet. On distingue les verbes transitifs et les verbes intransitifs.
**Les verbes transitifs** sont ceux qui se construisent avec un complément d'objet. Ils se subdivisent en deux catégories :
- Les verbes transitifs directs : ils se construisent avec un complément d'objet direct (COD), c'est-à-dire sans préposition. Exemples : manger (Je mange une mangue), voir (Je vois mon ami), aimer (Elle aime la musique), prendre (Il prend son sac), lire (Nous lisons un roman), écrire (Tu écris une lettre).
- Les verbes transitifs indirects : ils se construisent avec un complément d'objet indirect (COI), c'est-à-dire introduit par une préposition (à, de, sur, avec, etc.). Exemples : parler à (Je parle à mon père), penser à (Elle pense à ses études), se souvenir de (Je me souviens de ce jour), dépendre de (Cela dépend de toi), obéir à (Il obéit à ses parents), succéder à (Elle a succédé à son prédécesseur).
> **À RETENIR** : Un verbe transitif direct se construit avec un COD (sans préposition) : Je mange une mangue. Un verbe transitif indirect se construit avec un COI (avec préposition) : Je parle à mon ami. Un verbe peut être transitif direct et indirect à la fois : Je donne un livre à mon frère (COD : un livre ; COI : à mon frère).
Certains verbes peuvent être à la fois transitifs directs et transitifs indirects selon le sens : Je pense à toi (COI) / Je pense une solution (COD) ; Je me souviens de cette histoire (COI) / Je me rappelle cette histoire (COD).
**Les verbes intransitifs** sont ceux qui ne se construisent pas avec un complément d'objet. Ils expriment une action qui se suffit à elle-même ou un état. Exemples : dormir (Je dors), courir (Il court), partir (Elle part), arriver (Nous arrivons), naître (Il est né), mourir (Elle est morte), voyager (Ils voyagent), rire (Tu ris), pleurer (Elle pleure), tomber (Il tombe).
> **À RETENIR** : Un verbe intransitif ne se construit pas avec un complément d'objet : Je dors ; Il court ; Elle part. L'action exprimée se suffit à elle-même.
Certains verbes peuvent être transitifs ou intransitifs selon l'emploi : Il mange (intransitif) / Il mange une banane (transitif direct) ; Elle sort (intransitif) / Elle sort la poubelle (transitif direct) ; Il monte (intransitif) / Il monte les escaliers (transitif direct).
La distinction entre verbes transitifs et intransitifs est fondamentale pour l'analyse grammaticale : elle permet d'identifier correctement les compléments d'objet et de distinguer le COD du COI. Le COD répond à la question "quoi ?" ou "qui ?" posée après le verbe : Je mange quoi ? → une mangue. Le COI répond à la question "à qui ?", "à quoi ?", "de qui ?", "de quoi ?" posée après le verbe : Je parle à qui ? → à mon père.
> **À RETENIR** : Pour identifier le COD, on pose la question "quoi ?" ou "qui ?" après le verbe : Je mange une mangue (je mange quoi ? → une mangue). Pour identifier le COI, on pose la question "à qui ?", "à quoi ?", "de qui ?", "de quoi ?" : Je parle à mon père (je parle à qui ? → à mon père).
Dans le contexte camerounais, on peut illustrer la transitivité ainsi :
- Verbe transitif direct : "Les agriculteurs cultivent le cacao" (cultivent quoi ? → le cacao).
- Verbe transitif indirect : "Le gouvernement pense aux populations sinistrées" (pense à qui ? → aux populations sinistrées).
- Verbe transitif direct et indirect : "Le président a offert des ordinateurs aux écoles" (a offert quoi ? → des ordinateurs ; a offert à qui ? → aux écoles).
- Verbe intransitif : "Les Lions Indomptables ont gagné" (le verbe "gagner" est ici intransitif car il n'a pas de complément d'objet).
## Conclusion
Les cinq classes de mots variables — le nom, l'article, le pronom, l'adjectif et le verbe — constituent le socle de la grammaire française. Leur étude approfondie permet de comprendre le fonctionnement de la langue, d'analyser correctement les phrases et de s'exprimer avec précision et rigueur.
Nous avons vu que le nom désigne les êtres et les choses, qu'il varie en genre et en nombre, et qu'il se répartit entre noms propres et noms communs. L'article, quant à lui, précède le nom et indique son degré de détermination : défini, indéfini, partitif ou contracté. Le pronom remplace le nom pour éviter les répétitions et assurer la cohésion du discours ; il peut être personnel, possessif, démonstratif, relatif, interrogatif ou indéfini, et il joue un rôle essentiel dans l'anaphore et la cataphore. L'adjectif s'adjoint au nom pour le qualifier ou le déterminer : qualificatif, possessif, démonstratif, exclamatif, interrogatif ou numéral. Enfin, le verbe exprime l'action ou l'état, se conjugue selon les trois groupes, et se caractérise par sa transitivité — directe, indirecte ou intransitive.
Ces cinq classes de mots variables s'opposent aux quatre classes de mots invariables que sont l'adverbe, la préposition, la conjonction et l'interjection. Le chapitre suivant sera précisément consacré à l'étude de ces mots invariables, qui ne changent jamais de forme mais qui jouent un rôle crucial dans l'organisation de la phrase et du discours. La maîtrise de l'ensemble de ces classes grammaticales permettra à l'apprenant de développer une compétence solide en analyse grammaticale, en rédaction et en compréhension des textes, conformément aux exigences du programme camerounais de français.
Quiz du chapitre
12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.